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Allons voir les periptera chez les Grecs... Partie 1

21 juillet 2013

Allons voir chez les Grecs France Grèce les periptera OkeaNews

Une plongée thématique dans la culture grecque : aujourd'hui, les periptera


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Amis français, nous vous souhaitons un beau « beau temps ». Oui, la répétition est voulue. Le vœu que nous venons de formuler pour vous est une traduction littérale du vœu que s’échangent les Grecs au début de l’été. En Grèce, on se souhaite un « kalo kalokairi », un bon été, quoi. Comme l’été se dit « beau temps » en grec et comme nous avons mauvais esprit, nous avons préféré vous le transcrire littéralement. Avouez tout de même qu’en France, l’été ne rime pas toujours avec beau temps…

Periptera

Mais depuis la chaleur d’Athènes, histoire de se marrer, nous suivons la météo française, et puisque nous avons vu que vous commencez tout juste à bénéficier des chaleurs estivales, c’est le moment que nous avons choisi pour vous en féliciter. Si, si, ce détail a son importance. Qu’auriez-vous dit si nous avions souhaité un bon été au mois de Juin ? Eh bien vous en auriez gardé une amertume tenace et vous seriez peut-être même allé jusqu’à maudire la Grèce. Vous comprenez bien que nous ne pouvions pas prendre le risque.

Comme vous êtes à présent écrasés de chaleur vous aussi, nous vous proposons une promenade rafraichissante dans les rues d’Athènes, où nous ferons quelques haltes dans ces oasis citadines nommées « periptera ». Que sont les periptera ? Si vous vous êtes déjà promenés dans Paris, vous avez vu des choses à peu près similaires, appelées « kiosques ».

Ils vous paraissent sans doute familiers, mais mettez-vous dans la peau d’un étranger, un Grec par exemple, et imaginez ce que vous pourriez ressentir en voyant ces constructions d’un autre temps, trop petites pour y abriter des habitants, élégantes quant à leur toiture, mais trop grandes pour n’être que décoratives. Voyons ensemble l’effet qu’elles produisent sur notre ami Kostas, qui n’a pu se résoudre à quitter Paris, par défi personnel.

Il est plus de minuit, Kostas rumine sa défaite parisienne du fond de son lit. La ville est belle, ça ne fait aucun doute, mais pourquoi diable des mœurs si étranges ? Son cousin Giorgos dort profondément. S’il avait été à Athènes, il aurait trouvé une oreille attentive n’importe où dans la ville : un ami, un voisin, un commerçant, un employé, n’importe qui ! Qu’est-ce que c’est que cette ville qui dort la nuit ? N’en pouvant plus de cette absence d’oreille amicale, guérisseuse d’insomnie, il n’y tient plus et réveille son cousin :

« Giorgo, tu es vraiment sûr qu’il n’y a rien d’ouvert à cette heure-ci ? On est dans une capitale, oui ou non ? » Brutalement tiré de son cauchemar où un taxi parisien devenu fou tentait de l’écraser, Giorgos marmonne « T’as qu’à trouver un kiosque. La plupart ne ferment pas avant deux heures du matin, et ils réouvrent à 4h30 du matin. »

Illuminé par la grâce, Kostas, dans un élan d’enthousiasme, secoue son cousin : « Mais où trouverai-je l’un de ces divins kiosques, hein, dis ? » Tournant le dos à son cousin et s’enroulant un peu plus dans ses couvertures, Giorgos marmonne « je ne sais pas moi, Paris en compte 340. Tu n’as qu’à descendre, tu finiras bien par tomber dessus ». Cœur battant, Kostas veut en savoir plus :

« - Mais comment les reconnaitrai-je ? Hein, dis ?
- Ouh rouh [interjection grecque] ! A une telle heure, de telles paroles [expression grecque] ! Kostaki, tu commences à m’oppresser le foie [expression grecque]. Un kiosque c’est comme un periptero, sauf qu’il ne vend que de la presse, que le vendeur est visible presque en entier, et que le toit a l’air plus parisien. Allez, oust [expression utilisée en grec aussi], laisse-moi dormir. »

Des étoiles plein les yeux, Kostas descend fébrilement les 7 étages d’escaliers en bois, ouvre la porte de l’immeuble et… pas une âme qui vive pour le renseigner. Il progresse dans la rue, croise bien un ivrogne ou deux, puis un fou, quand soudain, ô Panagitsa [expression grecque] ! Tout luisant des lumières artificielles de la ville, feu béni des réverbères, le sacro-saint toit, et dessous… un vendeur !

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