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Un haut fonctionnaire de la santé accusé de "mentir honteusement" par la première clinique bénévole en Grèce

19 juillet 2013

Polémique Santé Solidarité Grèce

Une clinique bénévole d'Athènes, scandalisée par les propos tenus sur la BBC par un haut fonctionnaire du ministère de la santé, Eftsathiou, l'accuse de mentir. Avec raison.


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Dans une interview pour la BBC, un haut fonctionnaire du ministère de la Santé a nié que les personnes non assurées se voient refuser l’accès gratuit aux soins, normalement pris en charge par l’Etat.
La clinique communale Elliniko Metropolitan parle de « politiques inhumaines » appliquées par le ministère de la santé et qui permettent que « les personnes non assurées meurent faute de soins, parce qu’elles n’ont pas d’argent pour payer leur traitement et/ou leurs médicaments".

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Une clinique de santé bénévole qui prodigue des soins à des milliers de personnes a été exclue du programme de soins pris en charge par l’Etat parce qu’elle n’avait pas d’assurance, a accusé le ministre de la santé de mensonge dans une récente interview pour la BBC.

Dans l'interview avec le journaliste Zeinab Badawi, diffusé la semaine dernière dans le cadre d’une série documentaire sur la pauvreté, le Dr Panagiotis Efstathiou, haut fonctionnaire au ministère de la Santé, a nié que les personnes non assurées n’ont pas droit aux traitements gratuits.

Alors qu’à Athènes, en visitant des hôpitaux et des cliniques, le journaliste Badawi a découvert l’impact des mesures d’austérité sur la santé du pays.

A la question posée par Badawi : « l'Etat fournit-il les soins adéquats à ceux qui ne peuvent pas se permettre d'acheter les médicaments nécessaires chez le pharmacien ou qui ont besoin d'une opération ?", Efstathiou répond:

«La plupart des Grecs sont assurés. Certaines personnes n'ont pas payé leur assurance parce qu'elles ne pouvaient pas se le permettre, parce qu'elles étaient dans une situation financière désespérée. Le gouvernement a donc décidé que cela n'affecterait pas leur traitement dans le système national de santé."

Quand Badawi a dit qu'il avait rencontré un homme qui avait dû payer 6000 euro pour une opération dans un hôpital de l'Etat afin de sauver sa vie, Efstathiou a réfuté l’existence de tels cas.

"Il n’existe pas de tels cas. Personne ne va utiliser le système de santé et payer quoique ce soit", a déclaré le fonctionnaire, qui dirige le Centre National d’Opération de Santé du ministère (Ekepy).

Les propos d’Efstathiou ont conduit la première clinique volontaire du pays à l’accuser de « mentir honteusement devant les caméras. »

Dans un communiqué accablant, la clinique communale Elliniko Metropolitan, située dans une banlieue sud d'Athènes, a déclaré qu’il était en train «d'essayer de détourner les gens de l'essence du problème, qui n'est autre que celui d’appliquer des politiques inhumaines qui permettent que les personnes non assurées meurent faute de soins parce qu'ils n'ont pas l'argent pour payer le traitement et / ou le coût de leurs médicaments ».

Un groupe de médecins ainsi que d'autres professionnels gèrent quotidiennement le centre depuis Décembre 2011 sur la base du volontariat dans un bâtiment offert par les autorités municipales à cet effet.