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Grèce : le ministre de la santé visite un hôpital avec la police anti-émeute

19 juillet 2013

Police Santé Adonis Georgiadis Grèce MAT

La visite du ministre de la santé Adonis Georgiadis dans un hôpital est très mal accueillie par le personnel de santé, mais la police antié-meute veille...


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Le gouvernement aime le peuple avant tout. Surtout en Grèce. Et il n’a pas peur de le montrer. Il a confiance, il est sûr que tout le monde se rend compte de la difficulté de sa tâche et que tout le monde est de son côté. Il apprécie les réactions spontanées du peuple. Surtout lorsque chacun de ses pas est accompagné par la MAT, la police antiémeute. Après Athènes bouclée pour la venue du ministre allemand des finances (voir ici et là en photos), la visite du ministre de la santé, Adonis Georgiadis, fait des étincelles.

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Aujourd’hui, l’hôpital public Attikon, dans l'Ouest d'Athènes, attendait la visite d’Adonis Georgiadis. Le ministre de la Santé s’est très vite heurté à l'indignation du personnel, qui a fait savoir que la présence du ministre de la santé était « indésirable ». Selon Keep talking Greece, le ministre aurait été agressé verbalement et même frappé au visage au milieu des bouteilles d'eau et des tasses à café en plastique que les employés de l'hôpital lui auraient lancé.

Les manifestants s'étaient rassemblés à l'entrée de l'hôpital, tandis que les escadrons de la police antiémeute avaient été déployés plus tôt dans la matinée. D'après left.gr, les policiers étaient équipés de gaz lacrymogènes. Georgiadis avait prévu de visiter l'hôpital Attikon et de parler avec son personnel. Mais la tension est montée dès que Georgiadis a commencé à parler avec les manifestants.

La police antiémeute aurait repoussé violemment les manifestants hors de l’amphithéâtre afin que personne ne puisse passer, le temps qu’Antonis Georgiadis fasse son inspection. "une minorité fasciste ne saurait m'interdire de faire mon devoir." S'adressant aux représentants de Vima FM, le ministre de la Santé a affirmé qu'ils étaient des membres "d'extrême gauche" et il a déclaré qu' "une minorité fascistes ne saurait [lui] interdire de faire [son] devoir."

"Ils m'ont agressé verbalement d'abord, puis on a jeté un café et un autre m'a même frappé au visage" a déclaré Georgiadis à la radio Vima.fm. Il a précisé qu'il n'avait pas peur d'être confronté aux manifestants. "Je savais qu'ils m'attendaient, mais je ne me suis pas caché."

La police antiémeute qui bloquait l’amphithéâtre aurait fait usage de la violence contre les employés avant de faire échapper A.Georgiadis par une sortie souterraine.

Un manifestant explique: « Il était indésirable parce qu’il est le ministre de la catastrophe sanitaire, qui a déclaré qu’il appliquerait à la lettre les contrôles et qu’il fermerait les hôpitaux ou qu’il les convertirait en centres de santé ».

Mais A.Georgiadis a réussi son coup : faire venir la police antiémeute dans un hôpital et utiliser cette "agression" pour pointer du doigt les membres de l'"extrême gauche" d'être des "fascistes". Il commence son mandat de ministre en envoyant un message parfaitement clair : la politique de l'ancien gouvernement de Samaras était dure, celle du nouveau  prend le chemin d'un autoritarisme de moins en moins masqué.


Adonis Georgiadis, dans "Allons voir le nouveau gouvernement chez les Grecs" :

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Adonis Georgiadis
Ministre de la santé
Ancien membre du parti d'extrême droite LAOS.
Déclarations récentes : « être nazi c’est une chose, être pour la junte c’en est une autre ».
Également connu pour ses ventes de livres à la télévision, ainsi que pour des questions parlementaires portant sur le coût que représentent les opérations de sauvetage de migrants clandestins repérés en mer et en danger de mort...
Première décision en tant que ministre de la santé (27 juin 2013): Il annonce la fermeture d’hôpitaux et il réinstaure une loi abrogée par décision de la Cour. Cette loi stigmatise les malades, viole les droits de l'homme et avait déjà envoyé 32 femmes en prison, après que leurs photos, diffusées par les autorités, aient fait le tour des médias.