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Un jeune pakistanais se suicide dans la prison de Servia dans le nord de la Grèce

18 juillet 2013

Brèves Droits de l'homme Immigration Société détention Grèce immigrés suicide

Nouvelle tragédie dans le Nord de la Grèce.


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Les suicides d’immigrés détenus dans des conditions inhumaines par les services de police du Nord de la Grèce ont tendance à devenir une véritable épidémie. Quelques semaines après le geste désespéré d’un jeune africain de 20 ans à Grevena, un jeune pakistanais s'est suicidé d’une manière similaire à Servia.

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Le communiqué publié par la police rapporte simplement que « l’ordre d’ouvrir une enquête sur les conditions du suicide au bureau de police de Servia a été donné ».

Le fait est que « l’immigrant illégal », comme on dit dans le jargon de la police, avait fuit son pays parce qu’il rêvait d’une vie meilleure. Au lieu de trouver le paradis qu’il s’imaginait, il s’est retrouvé dans l’enfer de la détention policière qu’il n’a pas supporté, et il a préféré quitter définitivement cette vie.

D’après les informations reçues par le Journal des Rédacteurs, il aurait arraché un bout de tissus de son matelas de détenu et il en aurait fait un nœud coulant avec lequel il se serait suicidé.

Il ne s’est pas passé un mois depuis le précédent cas d’un jeune ivoirien de 20 ans qui, après son arrestation, a d’abord été conduit au centre de détention de Feliou et de là, au bureau de police de Grevena, afin d’être rapatrié. Quand il l’a appris, il a déchiré la tunique qu’il portait avec ses mains, a fabriqué un nœud coulant, est monté sur l’évier et s’est pendu au plafond des toilettes.

Lettre au sujet des conditions de détention

Il y a quelques semaines, le procureur principal de la cours pénale des procureurs de Thessalonique, Panagis Giannakis, avait envoyé à Antonis Roupakiotis, ministre de la justice à l’époque, une lettre, d’un ton inhabituellement sévère au sujet des conditions de vie dignes du tiers monde observées dans les prisons et les centres du Nord de la Grèce.

« Je vous prierais de vous attaquer au grave problème de la pénurie de places en détention en général, et en particulier en ce qui concerne les centres de détention du Nord de la Grèce, afin qu’il soit résolu dès que possible. La situation actuelle présente le risque imminent que les ordres de détention donnés par les procureurs ne soient pas exécutés en raison d’une réelle incapacité, mais elle contient aussi le risque de troubles et d’émeutes dans les lieux de détention. » observe entre autre le procureur principal.

On ignore si le nouveau ministre de la justice se penche sur le problème énoncé par le procureur principal, surtout après les deux évènements tragiques de Kozani et de Grevena.

On peu en tout cas avoir une idée de ce qu'en dirait le ministre de l'ordre public Nikos Dendias : "Personne n'est parfait".