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Présumé

16 juillet 2013

Hot Doc Evangelos Venizelos Grèce justice

"Venizelos, ô combien flexible sur le plan législatif, avait décidé de donner 100 millions à la Banque. La Comptabilité générale de l’Etat l’informa qu’il s’agissait d’un acte illégal. Non seulement Venizelos a donné les 100 millions d’euros mais, de plus, il concocta une loi le déchargeant des responsabilités pénales."


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vouli
Un nouveau « fruit » est en train de structurer notre culture juridique. Il s’agit du fruit « présumé ». Depuis trois ans, les projets de loi sont pleins d’articles en vertu desquels les actes des divers agents liés à la mise en œuvre de la politique économique dans le pays sont « présumés » servir l’intérêt public. En d’autres termes, l’usage quasi-acrobatique de ce mot ne fait rien d’autre que d’accorder l’amnistie à tous ceux qui se sont mis au service de cette politique.

Le nouveau « présumé » concerne ceux qui servent au Fond de stabilité financière. Dans le nouveau projet de loi multiple, ceux-là sont déchargés de toute responsabilité civile ou pénale, pour tout ce qu’ils ont fait. Ce fut également le cas concernant la Banque de Grèce et, peu avant, concernant l’affaire de Proton Bank. Là, Venizelos, ô combien flexible sur le plan législatif, avait décidé de donner 100 millions à la Banque. La Comptabilité générale de l’Etat l’informa qu’il s’agissait d’un acte illégal. Non seulement Venizelos a donné les 100 millions d’euros mais, de plus, il concocta une loi le déchargeant des responsabilités pénales.

Ainsi, il est dorénavant clair que nous voilà entrés dans une nouvelle culture juridique où les lois sont annulées, les responsabilités ne peuvent pas être attribuées, même si les pires choses sont prouvées. La question politique consiste à savoir pourquoi un pouvoir gouvernemental a besoin de s’accorder l’amnistie au moment où il fait ce qui est bon pour le pays. Et la question juridique consiste à savoir jusqu’où ira cette impunité « institutionnalisée » ?

Pourquoi aménage-t-on un cadre juridique spécial dont le but unique est de retirer toute vigueur aux lois ?

Dans cette mise-à-sac du pays, divers types qui semblent avoir emprunté l’escalator pour passer d’un poste gouvernemental ou d’un poste à la tête d’organismes publics à l’autre en servant des intérêts non seulement politiques mais aussi des intérêts précis, ainsi qu’il est clair, ne seront jamais interrogés, pas même par des juges, pour savoir s’ils ont commis des crimes. Il est évident que l’ingéniosité d’Evangelos Venizelos, qui est qualifiée de provocante pour ce qui est des lois qu’il a concoctées afin de protéger les ministres, n’est pas considérée comme quelque chose qui doit changer mais qui doit s’étendre.

Et, ça, c’est plus que présumé.