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Critiques de l'étranger sur la décision de réintroduire les dépistages forcés du VIH en Grèce

4 juillet 2013

Droits de l'homme Santé Adonis Georgiadis campagne Grèce VIH

Des organisations étrangères décrivent la décision du ministre de la santé comme une "évolution choquante"


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La décision du ministre de la santé de réintroduire la loi autorisant la police à arrêter et détenir un individu afin de lui faire un dépistage forcé du VIH a été qualifiée de "choquante" par la campagne de solidarité pour la Grèce basée à Londres.

(photo: Reuters)

(photo: Reuters)

"Le fait que le Ministre de la santé réintroduise ce décret ministériel imposant le test du VIH est une évolution choquante. Clairement, la décision est basée sur le ciblage d'individus déjà marginalisés et qui souffrent des mesures d'austérité désastreuses soutenues par le gouvernement" a déclaré le groupe mercredi.

Introduit l'année dernière par le ministre de la Santé du Pasok, Andreas Loverdos, le décret avait été supprimé en mai  dernier par l'ancien ministre de la santé Fotini Skopouli qui a quitté le gouvernement suite à la décision de la gauche démocratique de quitter la coalition. Mais la remise à l'œuvre de ce décret a été l'un des premiers actes du nouveau ministre en fonction, Adonis Georgiadis.

"Les cibles seront les immigrés, les drogués et les prostitués. C'est également une grave atteinte aux droits de l'homme et cet acte est contraire à la législation européenne ainsi qu'aux politiques de santé publique mises en œuvre à travers l'Europe" d'après la campagne de solidarité.

"Dans sa tentative de dévier la colère et la frustration de la population grecque à cause des maux infligés par les politiques d'austérité, le gouvernement grec cherche désormais un bouc émissaire et les personnes atteintes du VIH ont été prises pour cible".

La campagne, qui s'est rendue à Athènes au mois d'Avril, appelle le Ministre de la santé à mettre un terme à cette "dégradante et consternante politique et appelle également les Organisations de santé publique et de défense des droits de l'Homme à intervenir, afin de prévenir les attaques sur les personnes atteintes du VIH".

"Nous sommes au côté de la communauté des LGBT et des personnes atteintes du virus et nous continueront à nous battre contre cette décision (...) Ne respectant pas l'éthique médicale et fermant les yeux sur la montée de l'Aube dorée, M. Georgiadis, en faisant croire qu'il veut réduire la transmission de maladies et assurer la santé publique, transforme la police et les forces de l'ordre en protagonistes de la criminalisation de la maladie."