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Van Gogh Samaras et Picasso Venizelos

25 juin 2013

Hot Doc Opinion Antonis Samaras ERT Evangelos Venizelos Grèce

La vision personnelle de Kostas Vaxevanis sur le nouveau couple Samaras-Vénizelos, avant l'annonce du remaniement ministériel


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Selon la presse grecque, Samaras et Venizelos sont en train de poser les dernières touches sur le remaniement du gouvernement (ndlr : article publié avant le remaniement ministriel). Un peu de lilas Adonis par ici, un peu de noir à la Voridis par-là, du vert camouflage à la Christofilopoulou, pour ne pas oublier le mauve du (politiquement) défunt Chrysochoïdis qui, bon élève ou mauvais élève, a tout intérêt à s’accrocher au PASOK s’il ne veut pas disparaître à jamais.

Maintenant que l’agenda politique a changé et est devenu un dilemme portant sur des noms, souvenons-nous comment on en est arrivé là. Un choix posé par le gouvernement concernant ERT a, d’abord, provoqué la huée de la société et, ensuite, la crise politique. Pour résoudre cette crise politique, on a mobilisé toutes les anciennes tactiques de parti : chantages, pression, promesses pour l’avenir. On se servit, bien entendu, également, du scénario de base de résolution des crises politiques selon lequel, quand une crise vous met en péril, vous lui attribuez les traits monstrueux d’un des résultats probables. En un mot comme en mille, on la remplit de faux dragons sur lesquels, par la suite, on remporte une victoire tonitruante en adoptant le rôle de saint Georges le Mouroutis.

Ainsi, en théorie, les Picasso du remaniement sont joyeux. Ils gouverneront jusqu’à octobre, avec un gouvernement constamment « taillé sur mesure », en espérant que, le moment venu, ils tireront le coup de feu qui mettra fin à cette amitié de loups. Mais, aussi étrange que cela puisse paraître, la joie de Samaras – Venizelos, a disparu sous un article publié par Varoufakis et Galbraith dans le New York Times. Surtout sous le titre de l’article « Seulement Syriza peut sauver la Grèce. » Il s’agit d’un article très intéressant (vous le trouverez ici) mais ce qui le rend encore plus intéressant c’est qu’il est arrivé à ruiner les 24 heures médiatiques de miel des nouveaux-mariés. Selon leur logique politique, pour que la Grèce soit gouvernée, elle a besoin des faveurs du « facteur étranger ». Ainsi, il ne s’agit pas uniquement de tout livrer aux étrangers mais aussi de se faire photographier avec Merkel. Il faut qu’il y ait une photo où Venizelos touche au tailleur couleur vert-pomme de la chancelière. Il faut immortaliser l’instantané où Obama regarde Samaras dans le blanc des yeux. Cet héritage politique de la doctrine Purifoy hante les gouvernants en Grèce.

Ainsi, dans cette logique, si le New York Times affichen un titre aussi agressif, c’est une preuve de la faveur du facteur étranger envers SYRIZA. D’autant plus que, récemment, Obama refusa de recevoir Samaras qui finit par se faire photographier avec Alief, dans le fin-fond de l’Asie, histoire d’émousser le fiasco.

Samaras et Venizélos sont troublés dans leur première nuit de noces ; La méfiance les envahit. Et, de toute évidence, il n’y a pas que leur amour du pouvoir mais aussi leur incapacité politique qui les rend incapables de considérer que le facteur étranger n’existe pas nécessairement, mais qu’il y a quelque chose qu’ils voient depuis longtemps à l’étranger. La domination monstrueuse de l’Allemagne sur le monde, l’imposition d’une dictature financière, c’est là un grave problème. C’est donc à juste titre qu’ils sont préoccupés tout en posant les dernières touches sur le gouvernement. Sauf que le résultat vert-gris n’est un camouflage qu’en temps de guerre. En politique, ce ton est visible de loin. Et on le voit jusqu’au New York Times. C’est aussi simple que ça.

Traduction : Christine Cooreman pour Okeanews