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La fermeture de l'ERT vue par "Pitsirikos"

13 juin 2013

Opinion Politique Antonis Samaras ERT Grèce Pitsirikos

Le cinglant (et indépendant) blogueur "Pitsirikos" revient sur la fermeture de l'ERT


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Le blogueur grec "Pitsirikos" donne son point de vue sur la situation. Très suivi en Grèce, Pitsirikos qualifie l'application de ce décret arbitraire "d'anticonstitutionnelle", et invite ses collègues journalistes des autres médias à se montrer plus solidaires. Samaras aussi en prend pour son grade, et l'auteur cite les raisons avancées par ce dernier pour justifier la fermeture de l'ERT. Edifiant.

ΕΡΤ-440x293Le gouvernement a décidé de fermer l’ERT et de licencier 2600 salariés par une opération anti-démocratique. La mise sous cadenas de l’ERT ouvre un nouveau chapitre de la "success story" d’Antonios Samaras qui connaîtra son apogée avec le bombardement de l’Acropole...

L’annonce de la fermeture de l’ERT a activé les journalistes. Le résultat? Nous suivons, surpris, le meilleur et le plus vivant des programmes qui ait jamais été présenté sur l’ERT.

Franchement, je me demande pourquoi les journalistes de l’ERT ont attendu l’annonce de leur licenciement pour s’exprimer librement et pour s’adresser à la société...

Le journalisme est une profession réservée aux meilleurs, et l’ERT dispose (entre autres) d’excellents journalistes. L’attitude de beaucoup de journalistes des autres médias envers leurs collègues de l’ERT licenciés est déplorable. Ils oublient qu’il y a un « demain ».

Le gouvernement, à travers le "merveilleux" Simos Kedikoglou, accuse l’ERT d’opacité et d'être un déchet public (comme si l’ERT n’était pas sous le contrôle du gouvernement et comme si Amilios Liatsos était plein de mérite ou issu d'un choix populaire) et annonce l’ouverture d’une nouvelle distribution de radio-télévision qui sera publique mais non-gouvernementale ni partisane. Mais il faudrait être complètement attardé pour croire que cela puisse se produire avec Antonis Samaras et tous ces misérables, ces inconscients politiques, ces gens sans scrupules qu’il a rassemblé autour de lui. L’annonce de la fermeture de l’ERT (et en particulier la façon dont elle s’est produite) a déjà provoqué des réactions et en provoquera de plus grandes encore.

Il ne faut pas oublier que l’ERT était tout un symbole pour la Grèce et qu'elle faisait la fierté de beaucoup de grecs, en Grèce comme à l’étranger.

La décision de fermer l’ERT est anticonstitutionnelle (ce n’est bien sûr pas la première décision de ce type) et le PASOK et la DIMAR ont déclaré qu’il n'est pas question pour eux de voter cette décision, parce qu’ils savent que leur popularité va encore baisser et qu’ils risquent de se retrouver hors du parlement. En fait, Antonios Samras se retrouve avec tous les partis contre lui, à l’exception de l’Aube Dorée qui approuve la fermeture de l’ERT, étant très "anti-système" et n’aimant que les chaines de Bobola, de Vardinogianni et de Alafouzou.

Mais il est impossible que Samaras et son personnel soient assez stupides pour couper les émetteurs et le signal de l’ERT avant même qu’elle ait fini son programme (alors qu’ils savent à quel point il est suivi en ce moment dans toute la Grèce) et qu’ils fassent basculer même ceux qui n’aiment pas l’ERT et ses défenseurs en leur faveur.

Les choses sont simples : il n’y a pas la moindre "succes story", les investisseurs ne viendront jamais, il est impossible de ne pas prélever d'impôts parce qu’il n’y a pas d’argent, il n’y a pas 17 millions de touristes, le gouvernement tremble à l'idée des révélations qui proviennent de l’extérieur et de l’intérieur et qui impliquent des agents. Samaras est pieds et poings liés, le pays a sombré et Samaras (par la fermeture de l’ERT)recherche une sortie historique.

Ouvrez bien les yeux.

Traduction : Aleka pour Okeanews