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Le Parlement Européen refuse de voir la violence de la censure en Grèce

4 juin 2013

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Les instances de l'Europe auraient-elles du mal à voir un des résultats de l'austérité dans son pays "modèle" ?


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Hier, lundi 3 juin, le matériel de l’exposition de l’Union des photoreporters Grecs (EFE) « les nouvelles persécutées » devait être transférée au Parlement Européen. Toutefois, sous prétexte d’obstacles bureaucratiques, selon la communication de l’EFE, l’exposition a été annulée. L'exposition était prévue de longue date et okeanews avait suivi la conférence de presse qui revenait sur les raisons de sa création. Les instance européennes auraient-elles du mal à voir l'un des résultats de l'austérité en Grèce ?

UNION DES PHOTOREPORTERS DE GRÈCE / LES NOUVELLES PERSÉCUTÉES Le photoreporter Thanasis Stavrakis de l’Associated Press (AP) est agressé au bâton par un homme des MAT (CRS grecs), alors qu’il couvrait les évènements du 29 juin 2011, au centre d’Athènes. Quelques jours auparavant, le 15 juin, le journaliste Manolis Kypraios avait perdu l’ouïe à cause d’une grenade incapacitante (flashbang) que des MAT lancèrent contre lui, tandis qu’il couvrait une manifestation de journalistes.

UNION DES PHOTOREPORTERS DE GRÈCE / LES NOUVELLES PERSÉCUTÉES
Le photoreporter Thanasis Stavrakis de l’Associated Press (AP) est agressé au bâton par un homme des MAT (CRS grecs), alors qu’il couvrait les évènements du 29 juin 2011, au centre d’Athènes. Quelques jours auparavant, le 15 juin, le journaliste Manolis Kypraios avait perdu l’ouïe à cause d’une grenade incapacitante (flashbang) que des MAT lancèrent contre lui, tandis qu’il couvrait une manifestation de journalistes.

Il a été annoncé à l’EFE que l’exposition ne pouvait pas être présentée "telle-quelle".

La communication de l’EFE explique, entre autres :

Sous prétexte de problèmes d’ordre procédural, certains bureaucrates ont interrompu la présentation de l’exposition à l’espace d’exposition central du Parlement européen, quelques heures à peine avant le vernissage, alors que, de surcroît, elle était préparée depuis plus de 6 mois, en réponse à l’invitation de la députée européenne, Mme Marilena Koppa.

D’aucuns auraient-ils été choqués par ce que représentent les photographies de l’exposition ?

En tant qu’EFE, nous répondons que, en tant que photographes, si certains bureaucrates sont choqués et ne souhaitent pas le voir sur les murs centraux du Parlement européen « libre et ouvert » qui, pour le reste, soutient la liberté de la Presse, nous déclarons que tout ce que montre cette exposition ce n’est qu’une petite partie de notre vie quotidienne, de celle que nous vivons en Grèce depuis quelque temps.

En refusant que l’exposition ait lieu dans l’espace central du Parlement européen et, ce, quelques heures à peine avant le vernissage, ils ne font que « jouer à l’autruche » face à la réalité que vivent les travailleurs de la Presse grecque, prouvant qu’ils n’ont nullement l’intention de faire quoi que ce soit contre l’attaque que subit la liberté de la Presse. Ils comptent, en effet, se limiter à quelques simples communications publiées sur leur site Web dans le but de calmer leur conscience dans les espaces clos et nets où ils se meuvent.

Nous invitons toutes les unions de journalistes du monde ainsi que la Fédération internationale des journalistes de soutenir la lutte de l’EFE contre cette attaque qu’elle subit dans son effort pour la « libre présentation de l’actualité », par certains bureaucrates du Parlement européen, aujourd’hui.

Envers et contre eux, nous répondons que l’exposition sera présentée au Parlement européen dans le cadre d’une journée de travail au Parlement européen, fin juin. Et nous seront tous là, pour unir nos voix et faire entendre notre cri d’angoisse jusqu’aux murs sur lesquels vous ne nous avez pas permis d’exposer les gifles que nous recevons tous les jours alors que nous travaillons à informer les citoyens et à enregistrer l’histoire de notre pays".

De quoi se poser de sérieuses questions sur l'avenir de la liberté de la presse ... et pas qu'en Grèce semble-t-il...