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Un photojournaliste engage une procédure judiciaire suite à son arrestation

22 mai 2013

Médias Police Grèce journalisme Liberté de la Presse Thessalonique

En Grèce, le journalisme et le photojournalisme sont devenus des métiers à risque


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A Thessalonique, le photojournaliste Nikos Giakoumidis s’est fait arrêté par la police alors qu’il prenait des photos. Révolté d’avoir été incarcéré alors qu’il ne faisait que son travail, il indique dans cette lettre engager une procédure judiciaire pour "protéger sa personne et sa profession".

La photo que n'aurait pas dû prendre le photojournaliste (photo :

La photo que n'aurait pas dû prendre le photojournaliste (photo : Nikos Giakoumidis)

La lettre de Nikos Giakoumidis :

Chers confrères,

Avec cette lettre, j’aimerai vous rapporter un incident qui m’est arrivé le 17 mai dernier autour de 14h20 sur la rue Tsimiski à côté de la place d’Aristote (Thessalonique).

En tant que photo journaliste des Presses associées, j’ai été informé par un confrère de la présence d’un homme sans-domicile qui dormait sur un banc sur la rue Tsimiski avec une guitare à ses côtés (juste à côté de la boutique « Folli Follie »). Heureusement, j’étais dans un café dans les environs et je suis arrivé quelques minutes après.

En moins de cinq minute, l’officier de police Themistokles Papouknas est arrivé et a commencé à me demander ce que je photographiais et pourquoi. Il m’a fait remarquer que je prenais trop de photos et qu’une ou deux aurait été suffisante, il m’a demandé si j’avais reçu la permission de ce SDF de le prendre en photo. Je lui ai donné ma carte d’identité et ma carte de presse.

Ensuite, il m’a demandé de le suivre dans une voiture de police qui était arrivée avec d’autres policiers, et, après qu’il a vérifié mon identité, le chef des opérations de police lui a dit que je n’étais pas concerné par son département.

Plus tard, il m’expliqua qu’il avait reçu des plaintes anonymes à mon encontre, à propos du fait que je prenais des photos des clients de la banque Eurobank, dans la rue.

En quelques minutes, je me suis retrouvé encerclé par les forces Z (motorisées) de la police

Quand j’ai demandé ce qu’il se passait on m’a dit que des voitures de police étaient en route pour me transférer à l’office de la Sécurité Nationale. Quand j’ai fait remarquer que c’était une plainte anonyme, qu’elle était donc irrégulière et qu’il était illégal de m’enfermer, l’officier Papouknas m’a répondu « Je vais te faire coffrer, crois-moi ! ». La voiture de Police est arrivée est j’ai été transféré au commissariat de police de Lefkos Pyrgos où j’ai été enfermé dans une cellule après avoir subit les désormais fameuses procédures d’humiliation humaine et professionnelle. J’ai été relâché après un moment.

Parce que j’ai été insulté et outragé par cette détention illégale, après 31 ans de photojournalisme, après des résultats professionnels reconnus au-delà des frontières grecques, j’ai décidé d’engager des procédures judiciaires pour protéger ma personne et ma profession.

En vous remerciant, par avance, pour votre soutien

Nikos Giakoumidis

Ce n'est bien sûr pas la première fois qu'un journaliste ou un photojournaliste est menacé par les forces de l'ordre en Grèce. Récemment, Marios Lolos, le président du syndicat des photojournalistes grecs avait déclaré  dans un entretien avec Okeanews qu'il avait été menacé. L'année dernière, il avait été la victime d'une attaque des forces de l'ordre alors qu'il couvrait une manifestation suite au suicide au milieu de la place Syntagma de Dimitris Christoulas. Une lettre avait d'ailleurs été publiée après ces événements.

Le classement de Reporters Sans Frontière concernant la liberté d'expression en Grèce est d'ailleurs clair : la Grèce a chuté de 14 places entre 2012 et 2013.