5 ans d'actualité indépendante sur les crises en Grèce

"PLAN B" : un pilier du SYRIZA lance un parti pro-drachme

22 mai 2013

Politique crise euro Grèce Syriza

"La Grèce ne peut pas payer sa dette. C'est la réalité et même si ça ne plaît pas, il faut l'accepter"


518 mots   973       Comments

Le congrès fondateur du nouveau parti d’Alekos Alavanos a eu lieu le week-end dernier, rassemblant les partis ANTARSYA et DEA (composantes de SYRIZA) ainsi que des activistes de gauche. Sous le nom de "Plan B", ce nouveau parti se déclare en faveur d'un retour à la drachme.

Alavanos lors du lancement de "PLAN B"

Alavanos lors du lancement de "PLAN B"

"Désormais la Grèce est un pays sans réussite. C'est une société qui a perdu sa confiance et n'a aucune perspective pour le futur. Nous ne pouvons plus attendre un jour de plus, le Grèce est en train de mourir", a déclaré Alavanos. Faisant le constat du marasme dans lequel s'enfonce la Grèce avec un taux de chômage de 27% et atteignant 64% pour la tranche d’âge 18-24 ans, il assure que la Grèce peut rebondir par une dévaluation de la monnaie. Il explique que l'euro rend les produits et les services chers pour les acheteurs grecs et étrangers.

Aucun pays n'est jamais sorti d'une récession avec une monnaie forte et il est important de retrouver une monnaie compétitive. Il estime que la Grèce ne pourra pas s'en sortir en gardant "la monnaie de l'Allemagne". Bien que "Plan B" semble encore loin dans les sondages, il est intéressant de constater que c’est l’un des seuls partis à avoir une perspective totalement opposée à celle des ténors européens actuels.

"Plan B" présente cependant quelques limites. La plupart des économistes estiment que revenir à la drachme conduirait à une dévaluation de 60% de la monnaie grecque par rapport à l'euro (même Alavanos ne nie pas qu'une dévaluation à hauteur de 50% est envisageable) ce qui rendrait la dette encore plus difficile à rembourser. Mais selon Alavanos, ceci permettrait de dévoiler la vérité : "La Grèce ne peut pas payer sa dette. C'est la réalité et même si ça ne plaît pas, il faut l'accepter".

Alekos Alavanos , ancien leader de Synapismos et l’un des piliers de Syriza à ses débuts, dénonce les mensonges de l'actuel Premier Ministre A. Samaras qui, lors de son élection, avait promis qu'il se concentrerait plus sur la croissance que sur la récession. Il avait assuré que chaque point de P.I.B gagné signifirait 50,000 emplois supplémentaires crées. Or, le chômage continue à augmenter.

Alavanos s'est également éloigné du principal parti d'opposition SYRIZA, actuellement dirigé par A. Tsipras. Il critique le fait que SYRIZA soit un parti de gauche sans réelles alternatives à l'austérité et qui se compromet trop facilement avec la Troïka. En effet, peu de temps après les élections du 6 mai, SYRIZA avait nuancé sa position et ne parlait plus de déchirer le contrat de prêt ni de s'opposer aux Mémorandums, mais seulement d'en modifier les termes.

Bien que "Plan B" semble encore loin dans les sondages, il peut représenter un danger dans la zone euro par sa perspective totalement opposée à celle prônée par les ténors européens actuels.