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Violentes attaques de la droite contre le Syriza

21 mai 2013

Polémique Politique Alexis Tsipras Antonis Samaras Grèce Nouvelle Démocratie PASOK Syriza

Depuis que le Syriza est la 2ème force politique du pays, tous les prétextes sont bons pour décrédibiliser le parti de Tsipras


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Le Syriza, premier parti d’opposition grec, est à nouveau la cible d'attaques des partis au gouvernement, Nouvelle Démocratie et PASOK. A l’origine de la polémique, les propos tenus à Zagreb par le philosophe slovène Slavoj Žižek, dans le cadre d'un débat avec Alexis Tsipras, président du Syriza.

Alexis Tsipras et le philosophe slovène Slavoj Žižek lors du 6e édition du Festival subversif de Zagreb

Alexis Tsipras et le philosophe slovène Slavoj Žižek

Le président du Syriza Alexis Tsipras, le philosophe slovène Slavoj Žižek et le cinéaste Oliver Stone étaient quelques uns des invités de la 6e édition du Festival subversif de Zagreb, qui s’est déroulé du 4 au 17 mai, avec pour thématique cette année "l’utopie de la démocratie". Cet évènement comprend depuis 2008 le Festival du film subversif et le Forum subversif, un volet consacré à des conférences et des débats, réunissant intellectuels et activistes de gauche venus du monde entier.

Le 15 mai au soir, au terme d’une journée où intervenaient notamment l'économiste Giannis Varoufakis et le professeur Kostas Douzinas, avait lieu le débat sur « le rôle de la gauche en Europe », entre « l’homme le plus dangereux d’Europe et le philosophe le plus dangereux d’Occident », Alexis Tsipras et Slavoj Žižek (Retrouvez en fin d'article l’intégralité des deux heures de débat - en anglais).

C’est une plaisanterie douteuse du philosophe slovène, venue conclure une prise de parole d’une dizaine de minutes, qui fait aujourd’hui l’objet d’une nouvelle passe d’armes entre la Nouvelle Démocratie et le Syriza.

A la minute 32:30 de la vidéo, Žižek déclare en effet : "S’ils ne soutiennent pas le Syriza, alors, dans ma vision de l’avenir de la démocratie, tous ces gens recevront de moi un aller-simple pour le goulag". Suite à quoi le philosophe conclut son intervention en remerciant l’audience, et passe la parole en riant, sous les applaudissements du public et de Tsipras.

Cette phrase, rapidement remarquée et commentée par les réseaux sociaux, a été jugée « abjecte et effrayante » par la Nouvelle Démocratie du Premier ministre Antonis Samaras, estimant qu’il s’agissait « d’attaques racistes inconcevables de la part des amis de Tsipras contre les Grecs ». Agrémentant son communiqué d’un descriptif détaillé des goulags de l’Union soviétique, afin « d’éclairer les plus jeunes », le parti ultraconservateur va même jusqu’à accuser le leader de Syriza « de rêver, avec ses amis, de vouloir envoyer au goulag les Grecs qui ne votent pas pour le Syriza ».

De son côté, le premier parti de l’opposition s’est fendu d’une réponse concise aux attaques du parti au gouvernement : « En fin de compte, la stupidité et le ridicule semblent être sans bornes dans le cas de la Nouvelle Démocratie ». Ce à quoi la ND a immédiatement rétorqué que la position de Tsipras était « dangereuse et inhumaine ».

De son côté, le ténor du PASOK Theodoros Pangalos, célèbre pour ses écarts de langage, a même estimé que « Tsipras devrait aller en prison pour avoir applaudi Žižek », se référant ainsi à la nouvelle loi-cadre qui doit être adoptée pour lutter contre le racisme en Grèce, livrant de celle-ci une interprétation toute personnelle.