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Tsipras : "La Nouvelle Démocratie flirte ouvertement avec l’extrême droite"

18 mai 2013

Politique Alexis Tsipras Aube Dorée Nouvelle Démocratie Syriza

« Le mémorandum et la Démocratie ne vont pas ensemble. »


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Au lendemain de l’intervention controversée de l’Aube Dorée pendant la séance du Parlement, Alexis Tsipras règle maintenant ses comptes avec la Nouvelle Démocratie, le parti au pouvoir. Thème par thème, il démonte la politique menée par le gouvernement. Sur les ruines des actions gouvernementales, il construit une nouvelle stratégie politique qu’il présente depuis le siège du Syriza.

Alexis Tsipras le 16 Septembre 2012 (photo FrangiscoDer )

Alexis Tsipras le 16 Septembre 2012 (photo FrangiscoDer )

Sévère remise en cause du parti au pouvoir

Ce samedi 18 mai, depuis le siège du Syriza, Alexis Tsipras blâme sévèrement le parti « Nouvelle Démocratie », qu’il accuse d’être à l’origine de la disparition du projet de loi antiracisme et d’avoir gardé ses distances vis-à-vis de la cohue provoquée hier par les députés de l’Aube Dorée à la séance du Parlement.

Le fait que le comportement « inqualifiable » de l’Aube Dorée soit intervenu juste après que la question qui portait sur la disparition du projet de loi antiracisme a été posé, est, d’après lui, « suspect ».

De plus, il n’y avait pas de représentants de la Nouvelle Démocratie ce jour-là à la séance du Parlement. Personne donc, pour confirmer les dires de Roupakiotis, le ministre de la Justice nommé par Samaras, à savoir que « le projet de loi est en route ».

Alexis Tsipras a également évoqué le fait que précédemment, le secrétaire de la Nouvelle Démocratie Manolis Kefalogiannis n’a pas voté pour la levée de l’immunité du député de l’Aube Dorée Ilias Kasidiaris, en représailles à l’agression perpétrée contre Liana Kanellis et Rena Dourou.

« Même au moment où les néonazis se sont dévoilés, la Nouvelle Démocratie est restée à distance de l’opposition, du président du parlement, et des nostalgiques d’Hitler ».

Quant au voyage du Premier Ministre en Chine, Alexis Tsipras ne le voit pas d’un très bon œil et parle même de « campagnes d’investissement pompeuses et incertaines » qui au fond, visent à transformer « le pays tout entier en une énorme zone économique spéciale. »

Renforcer l’action syndicale

Se référant ensuite aux récents évènements qui se sont développés autour de l'annonce de l'OLME concernant la grève pendant les examens nationaux, Alexis Tsipras a dit du gouvernement qu’il était devenu une « usine à fabriquer des mobilisations. » Il rajoutera que, n’en déplaise au gouvernement, « il y a des gens qui ont décidé de résister avec détermination ». Ce qui l’a naturellement conduit à évoquer la nécessité d’une action syndicale forte, en dehors de toute « manipulation », et qui « créerait de solides partenariats avec la société. »

Le chef de l’opposition a ensuite promis au gouvernement que la prochaine fois qu’il tenterait de manipuler l’opinion ou de la diviser, ça ne prendrait pas. « La grève sera politique et soutenue. » déclare-t-il. « L’usine à fabriquer des mobilisations et à détourner la constitution, on va l’écraser. (…) Laissons les prendre ça en considération, ceux qui pensent qu’ils peuvent faire de ce pays un vaste camp militaire. » Il a accusé le gouvernement de « brader à toute allure la fonction publique (…) pour faire apparaître quelques résultats économiques à la Troika ».

La nécessité d’une union solide

Le message dominant du chef de l’opposition est un message de rassemblement. D’après lui, le Syriza doit tendre vers une modification de l’union des partis de gauche affiliés au Syriza dans le but de créer un parti unique, modification allant de pair avec l’élaboration d’une nouvelle stratégie syndicale. A cette occasion, Alexis Tsipras tente d’écorner à nouveau l’optimisme affiché par le gouvernement.

Il a également répondu aux reproches qui lui avaient été fait concernant ses propos adressés à R.S Kokinis, et il a affirmé qu’il n’avait jamais attaqué les partis affiliés au Syriza : « Si j’ai fait une critique, c’était une critique amicale envers les membres et l’organisation du Syriza et non pas contre ses partis affiliés »

En ce qui concerne les divergences au sein du Syriza, il a fait remarquer qu’il y avait « besoin de d’avantage de solidité pour synthétiser les points de vue. » D’après lui, « les divergences au sein du parti doivent être constructives, politiques et idéologiques, et ne doivent pas obéir à des mécanismes internes, mais à des courants idéologiques ouverts, qui ne fonctionnent pas avec leurs propres règles et hiérarchies internes ».