Médecins du Monde de plus en plus engagés en Grèce
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Depuis le début de la crise, Médecins du Monde a doublé ses actions en Grèce
Sans-Abris, drogues, mauvaise santé mentale, vaccinations… Médecins du Monde revient sur son bilan en Grèce depuis le début de la crise et alerte sur les points sensibles de la politique sanitaire grecque. Les aides et les moyens de Médecins du Monde ont été décuplés mais ne sont pas suffisants.

Face aux exigences de la crise, les institutions et les ONG d’aide à la personne doivent s’adapter pour répondre aux nouveaux besoin d’une population en détresse. Il y avait en Grèce cinq polycliniques de Médecins du Monde à Athènes, Perama, Thessalonique, Chania et Patras. Des antennes mobiles existaient également pour apporter des médicaments et des soins, avec la présence de dentistes et d’ophtalmologistes, difficiles à trouver. Mais depuis quelques années, des médecins généralistes et spécialistes s’ajoutent à l’équipe pour subvenir aux besoins sanitaires de la population.
Nathalie Simmonot, à la Direction du Réseau International de Médecins du Monde estime que les interventions de MdM en Grèce ont doublé depuis le début de la crise dans différents domaines d’action.
« Avant la crise économique, il n’y avait pas ou pratiquement pas de sans chez soi à Athènes », explique-t-elle. « Leur nombre a augmenté de façon imprévisible. On croisait parfois des gens pour qui c’était la première fois : ils marchaient dans la rue avec leur carton, l’air de ne pas savoir quoi en faire, ni où se mettre. »
Médecins du Monde leur apporte sacs de couchage, nourriture, soin et surtout un suivi psychologique avec le même psychologue à chaque fois, deux ou trois fois par semaine. Le projet associé d’un “chez-soi” d’abord, mis en place par le Greco-Américain Sam Tsemberis, et qui, au traitement des SDF souffrant de troubles psychiques allie la nécessité d’un toit, est mis en place en Grèce avec le support de Médecins du Monde.
![Médecins du Monde en Grèce, à Athènes, en mars 2012, lors de leur participation au projet pour les sans chez-soi (photo ©Giorgos Moutafis]](https://www.okeanews.fr/wp-content/uploads/2013/05/001_8752-1.resized-420x261.jpg)
Médecins du Monde en Grèce, à Athènes, en mars 2012, lors de leur participation au projet pour les sans chez-soi (photo ©Giorgos Moutafis]
« Il a aussi fallu que nous nous adaptions à une autre classe d’âge, à laquelle nous n’étions pas habitués : les personnes âgées » explique Nathalie « Avant, nous n’avions affaire qu’à des jeunes. Il a fallu que nos équipes se forment à l’aide aux personnes âgées, que nous renforcions nos propres capacités et puis il a fallu, le plus tôt possible, répondre à leurs besoins alimentaires et médicamenteux. »
L’usage de drogues a également augmenté en Grèce, « c’est souvent le cas dans ce genre de situation où la situation économique se dégrade et où la santé mentale vacille. » Athènes a toujours été une ville où, c’est notoire, les drogues circulaient. Mais la conjoncture a donné à cette consommation une croissance exponentielle qui inquiète les spécialistes de la santé.
Médecins du Monde prévoit un important programme de réduction des risques liés à l’usage de drogues. « Notre clinique à Athènes se situe à Omonia » déclare Nathalie. La position idéale pour prêter secours aux usagers de drogues. A l’augmentation de cet usage s’ajoute l’augmentation la contamination du VIH. « Nous les suivons aussi régulièrement que nous pouvons ».
La crise a contribué à une augmentation notable des suicides. « D’après notre étude, les Grecs ont une très mauvaise santé mentale : plus de la moitié des personnes déclarent être en mauvaise ou très mauvaise santé mentale, ce qui est énorme. » constate Nathalie.
Médecins du Monde alerte également sur l’accès à la vaccination. Alors que les immigrés en Grèce se font de plus en plus nombreux, la politique de vaccination se fait capricieuse. « C’est la dernière des folies » tempête Nathalie, « Il faut justement vacciner à tour de bras ! Il faut absolument que les immigrés soient vaccinés. Un virus ne fait pas de contrôle de papier : Grec ou étranger, c’est la même chose. La seule façon d’empêcher une épidémie, c’est de vacciner très largement la population. »
C’est tout l’inverse qui se produit : les enfants sont désormais obligés d’acheter eux-mêmes leurs vaccins. Beaucoup de familles ne peuvent plus débourser la somme correspondante et le vaccin devient un luxe pour une plus grande partie de la population. Or, quand les enfants ne sont pas vaccinés, ils ne peuvent plus aller à l’école à cause des risques d’épidémie.
Les conséquences sont innombrables et dangereuses. « Il y avait une épidémie de rougeole, dernièrement en Europe, signale Nathalie. Elle a diminué en intensité récemment, mais rien n’interdit qu’elle ne reprenne en Grèce. Il faut être très vigilant. »
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