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Amnesty International : « le droit de grève est un droit inaliénable du travailleur »

17 mai 2013

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Les actions engagées par le gouvernement grec contre la manifestation des enseignants ne sont pas cohérentes avec le droit international.


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« L’utilisation de mesures spéciales lancées par le gouvernement pour contrecarrer la grève des professeurs en Grèce viole les obligations internationales en termes de droits de l’homme » a déclaré Amnesty International.

Amnesty-International

L’Union Nationale des Professeurs de Lycée (OLME) a proposé une grève de six jours pendant les examens d’entrée à l’université qui commencent ce vendredi 17 mai et qui annonce la fin de l’année scolaire.

La grève, approuvée par les unions locales de professeurs, montre son désaccord avec une décision, prise fin avril, d’augmenter le temps de travail des profs. Les unions de professeurs protestent en indiquant que sera aura comme conséquences directes des licenciements considérable et une dégradation de la qualité de l’éducation dans le pays.

Dans le but d’étouffer la grève, les autorités grecques ont invoqué une législation spéciale qui force les enseignants à continuer à travailler. Les professeurs dissidents risquent d'être sanctionnés, via une perte d'emploi et/ou ... une peine de prison.

« Une interdiction générale aux professeurs de manifester, imposée par la menace de poursuites judiciaires et de peines de prison est une mesure clairement disproportionnée et non nécessaire qui viole les engagements de la Grèce envers les droits de l'homme » déclare Jezerca Tigani, la chef adjointe du programme d’Amnesty International concernant l’Europe et l’Asie Centrale.

« Que les temps soient financièrement éprouvants n’autorisent pas les gouvernements à prendre des libertés vis-à-vis des droit de l’homme, et les droits des travailleurs en particulier ne devraient pas être victimes de la crise. »

Le droit grec prévoit pour le gouvernement le pouvoir de mobiliser de manière obligatoire les travailleurs en temps de paix si un incident soudain requiert l’adoption de mesures urgentes en rapport avec la défense du territoire ou la protection des citoyens – par exemple un désastre naturel ou un risque de santé publique.

Quand il a annoncé l’utilisation de cette disposition légale à l’encontre de la grève des enseignants, le gouvernement s’est justifié en disant que cette mesure était nécessaire « pour empêcher une sévère perturbation dans la vie sociale et financière du pays et pour préserver l’ordre public et la santé des étudiants. »

D’après le droit international, la Grèce se doit de respecter et de protéger le droit à la liberté d’association qui inclue le droit de s’organiser et le droit de faire la grève. Ces obligations sont imposées par les traités internationaux dont la Grèce est signataire.

Parmi ces textes : la Convention Internationale des Droits Civils et Politiques, la Convention Internationale sur les Droits Economiques, Sociaux et Culturels, la Convention Européenne des Droits de l’Homme et la Convention n. 87 de l’Organisation Internationale des Travailleurs sur la Liberté d’Association et la Protection du Droit de s’Organiser.

Ces droits (de rassemblement, d’organisation et de grève) ne peuvent être limités que dans des cirsconstances très spécifiques, notamment si on peut démontrer que c’est nécessaire et adapté à la situation et que c’est dans le but de protéger la sécurité nationale, la santé publique ou les droits et les libertés d’autrui.

Seules quelques restrictions minimes du droit de grève peuvent être autorisées. Par exemple en disposant des forces armées, la police ou d’autres services de l’ordre qui exercent une autorité au nom de l’Etat. Quant à empêcher une manifestation, il ne peut s’agir que d’un secteur qui, s’il était interrompu, aurait mis en danger la vie, la sécurité ou la santé de la population.

Les experts de l’Organisation Internationale du Travail a rappelé que le secteur de l’éducation ne constitue pas un service essential au sens strict du terme.

Depuis 2010, les travailleurs grecs ont organisé un grand nombre de grève contre les mesures d'austérité et  pour protester contre les sévères coupes salariales et les programmes gouvernementaux.