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Adonis Georgiadis pris en flagrant délit

15 mai 2013

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Adonis Georgiadis, député de la Nouvelle Démocratie et ancien porte parole de l'extrême droite LAOS a été pris la main dans le sac, mentant et se servant de sa qualité de député du Parlement hellénique à des fins de vengeance personnelle.


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Article publié sur La boite de Pandore.

Traduction par Christine.

Adonis Georgiadis

Adonis Georgiadis

Suite aux révélations du magazine ΗΟΤ DOC concernant l’implication de son épouse, Mme Evgenia Manolidou, dans l’affaire de la « liste Lagarde » et la position adoptée officiellement et publiquement par le journaliste Kostas Vaxevanis selon laquelle le parlementaire, membre de la Nouvelle Démocratie et de la Commission d’enquête sur l’affaire, devrait démissionner de ce poste pour des raisons déontologiques, le député s’est servi de manière odieuse de sa qualité de membre du Parlement. Ainsi, il a demandé à être informé sur le coût de l’émission du journaliste, alors que –tout le monde le sait- ce renseignement est publiquement disponible sur le site internet « Diavgeia » (« Transparence », site où toutes les instances publiques sont tenues de publier les frais qu’elles engagent).

En effet, le coût précis de l’émission « La boîte de Pandore », qui était transmise sur ERT (la chaîne de télévision publique), est publié sur Diavgeia. Ainsi, pour les trois ans, de 2010 à 2012, inclus, le coût s’est élevé à 1 447 388 euros. En 2010, le coût était de 362 786 euros. En 2011, il s’est élevé à 716 217 euros, parce qu’un nombre plus élevé de reportages étaient transmis, et, en 2012, il était de 368 385 euros. S’agissant du coût par épisode, il était de 24 772 euros en 2010, de 22 000 euros en 2011 et de 20 000 euros, en 2012.

Notons que, en 2012, le coût était finalement nettement inférieur, parce que seul 13 épisodes furent transmis suite auxquels ERT mit fin à l’émission, sans justifier cette interruption. Mais, comme il apparaît clairement sur Diavgeia, cette somme incluait les salaires de 20 personnes, les caméras, le montage, les frais d’expédition, les frais de séjour, et tout ce que comprend l’ensemble de la production. Qui plus est, ce coût est nettement inférieur à celui d’autres séries du même genre, de la télévision publique et privée.

Ainsi, bien que tout cela était connu et que chacun pouvait facilement obtenir les renseignements concernant le coût de l’émission, M. Georgiadis, couvert par son immunité parlementaire, publiait des messages sur twitter prétendant que l’émission avait coûté environ 2 millions d’euros et, ce, pour une seule saison.

En outre, bien que tout cela était connu, Adonis Georgiadis a laissé entendre que cette somme représentait le salaire de Vaxevanis. Ensuite, il a prétendu qu’il s’agissait de la rémunération reçue par la société de M. Vaxevanis, sachant que le journaliste n’était propriétaire d’aucune société de production.

Toutefois, dans sa réponse, la télévision publique (ERT) a démentit les propos de M. Georgiadis de façon catégorique. Elle a indiqué que les actionnaires de la société de production étaient Antonis Kafetzopoulos, Constatinos Moriatis, Panagiotis Karabinis, Alexandros Kardaras, Despoina Kontargyri, Aris Pappas et Maria Drandaki. Le nom de Kostas Vaxevanis n’apparaît nulle part.

Il est évident qu’il ne s’agit pas de quelque erreur commise par M. Georgiadis, mais d’une distorsion de la réalité sciemment opérée et d’un comportement malhonnête dont il a fait preuve, se servant de sa qualité de parlementaire, en posant des questions concernant des informations déjà connues et publiées. M. Georgiadis ne fut pas simplement pris « la chèvre sur le dos » (expression grecque qui signifie « être pris en flagrant délit ») mais il est également le bouc de la politique. La suite sera donnée devant les tribunaux grecs.

Ici, la réponse officielle fournie par ERT :

Ci-dessous, les accords conclus entre la société de production de la « Boîte de Pandore » avec ERT, tels qu’ils furent publiés sur Diavgeia. On peut y voir les sommes et le nombre d’émissions qui devaient être transmises, selon le contrat. Ainsi, on voit bien que l’accord 2012 portait sur 36 émissions. Seulement 13 furent transmises. ΕRΤ a conclu avec la société de production un nouveau contrat prévoyant la transmission de 21 émissions supplémentaires, pour un coût inférieur. Depuis, aucune émission n’a été transmise.

Et voici les tweets de M. Georgiadis: