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Censure en Grèce : 69 activistes arrêtés et des journalistes menacés par la police

24 avril 2013

Liberté de la Presse Police censure Grèce journalisme liberté d'expression

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Quelques dizaines d’activistes dénonçaient aujourd’hui la censure en Grèce, dans le centre d'Athènes, en solidarité avec Indymedia Athènes, suite à la fermeture du site internet indépendant et de la radio indépendante Radio98fm par le gouvernement la semaine dernière. La police a arrêté 69 manifestants et menacé les journalistes qui couvraient l’événement. Une nouvelle étape dans la désintégration de la liberté de la presse en Grèce.

Banderole et police anti-émeute lors de la manifestation contre la censure de l'Etat (photo par @Balkanizator)

Banderole et police anti-émeute lors de la manifestation contre la censure de l'Etat (photo par @Balkanizator)

Quelques dizaines de manifestants s'étaient retrouvés pour manifester leur mécontentement via à vis de la censure de l'Etat, suite à la fermeture du site internet indépendant Indymedia Athènes et de la radio Radio98fm par le gouvernement la semaine dernière. Le slogan: "Raise your voice, fight against State Censorship" ("Faites entendre votre voix, luttez contre la censure de l'Etat"). Les forces de l'ordre sont intervenues pour arrêter une trentaine de sympathisants au mouvement indépendant, selon des sources sur place. Deux touristes auraient également été arrêtés durant l'opération des forces de l'ordre.

Les forces spéciales de la police auraient demandé à une femme passant près de la manifestation en vélo d'ouvrir son sac et son ordinateur portable. La Police a également menacé plusieurs journalistes qui couvraient l'évènement, dont Marios Lolos, le président de l'union des photo-reporters en Grèce.

Contacté par Okeanews, Marios Lolos a indiqué qu'alors qu'il commençait à prendre des photos des événements, plusieurs officiers de Police sont venus lui demander ses papiers d'identité :

"Ils ne m'ont pas battu, mais m'ont menacé, disant que je n'avais pas le droit de prendre des photos de leurs visages. Je leur ai répondu que je prenais en photos la police dans le cadre de son action, ce qui est le droit du journaliste. Je ne les prend pas en photo quand ils sont un terrasse d'un café avec leur femme... Ils m'ont dit que si ils voyaient des photographies montrant leurs visages, j'aurai des problèmes. Ils me poursuivraient en justice. C'est une menace de leur part pour les prochaines manifestations, ils savent que je suis le président de l'association des photo-reporters. Nous ne sommes plus en démocratie."

La Grèce a chuté de 14 places dans le classement RSF sur la liberté d'expression entre 2012 et 2013, le pays est désormais classé 84ème mondial, juste devant le Kosovo et après le Koweit, le Bhoutan,  le Togo ou le Congo. Les événements d'aujourd'hui lancent un nouveau message à ceux qui souhaitent couvrir l'actualité dans le pays. Les cas de censures sont de plus en courant, sans oublier l'absence de réaction de la justice quand un journaliste apprend, enquête à l'appui, qu'un banquier a loué les services de tueurs à gage pour le liquider. Sans oublier les menaces de mort dont le journaliste d'Unfollow a fait l'objet en début d'année suite à une enquête sur la contrebande du pétrole en Grèce.

Quelques photos (par @dromografos et @MavriMelani) :

Une manifestation contre le fascisme est prévue ce soir à Athènes, tandis qu'une contre la censure doit se dérouler demain soir à partir de 18h place Monastiraki, toujours à Athènes.


La semaine dernière, les protestations contre l'interruption du site internet de Indymedia Athènes et du programme de la radio Entassi, suite à une intervention de l'Etat, se sont poursuivies. Lundi 15 avril, une mobilisation s’est déroulée dans l'Ecole Polytechnique, où était hébergé le serveur de Indymedia. Il est intéressant de noter que pendant la manifestation, la connexion internet de l'Ecole Polytechnique était étrangement coupée.

Des mobilisations ont aussi eu lieu dans d'autres villes au cours de la semaine dernière, tandis que jeudi, une émission sur la répression des médias de contre information avait été diffusée depuis le siège du syndicat des journalistes (ESSIEA).