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Grèce : ouverture du procès d’un ancien ministre de la défense pour blanchiment d’argent

22 avril 2013

Justice Politique corruption défense Grèce PASOK scandale

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L’ancien ministre Akis Tsochatzopoulos et 18 autres accusés, parmi lesquels sa fille, sa femme et d’anciens associés, seront jugés pour blanchiment d’argent. Arrêté en avril 2012, l'ancien ministre de la défense était détenu dans la prison de Korydallos, dans la banlieue sud d'Athènes. Il était également visé par la brigade financière dans le cadre des 36 personnalités politiques suspectées d'enrichissement illégal. Ce procès sera la première affaire criminelle d’une figure clé de la politique grecque depuis 22 ans.

Akis Tsochatzopoulos lors de son arrestation en avril 2012

Akis Tsochatzopoulos lors de son arrestation en avril 2012

L’ancien ministre de la Défense Akis Tsochatzopoulos, accusé d’avoir accepté des pots de vin et d’avoir blanchi de l’argent, s’est rendu au tribunal avec quelques 18 autres suspects ce lundi. Ce procès sera la première affaire criminelle d’une figure clé de la politique grecque depuis 22 ans.

Deux affaires ont fait l’objet d’un examen attentif : l’acquisition du système des missiles de défense TOR M1 et celles des sous-marins pour la marine grecque. Les contrats pour ces deux ventes tournent autour de 3 milliards d’euros. Les procureurs affirment que quelques 160 millions d’euros sont passés sous la table pour régler ces deux affaires. Avec l’aide de l’ancien ministre Yiannis Sbokos et d’autres, Tsochatzopoulos aurait détourné cet argent en utilisant des compagnies offshore. Jusqu’à présent, les autorités n'ont retrouvé la trace que de 57 millions d’euro. L’ancien ministre du PASOK récuse les charges qui pèsent contre lui.

Le statut de protection juridique des politiciens ne permet pas à Tsochatzopoulos de passer devant le tribunal pour avoir accepté des pots-de-vin, mais il peut cependant être poursuivi pour blanchissement d’argent car les allégations portées contre lui l’accusent d’avoir continué même après son mandat.

La peine maximale pour le blanchissement d’argent est de 20 ans. Pour Tsochatzopoulos, âgé de 73 ans, la peine accordée s’il est déclaré coupable sera de 12 ans de prison maximum.

Des sources proches de l’ancien ministre ont indiqué que les preuves jouaient largement contre lui et qu’il essayera de convaincre le tribunal que la poursuite est motivée politiquement et que la Nouvelle-Democratie et le PASOK le prennent comme bouc-émissaire.

Vendredi dernier, il a fait une requête pour que les membres du conseil gouvernemental pour les affaires étrangères et la défense ( KYSEA), qui ont approuvé les contrats, comparaissent devant le tribunal. Ce qui inclue l’ancien premier ministre Costas Simitis. La requête a été rejetée mais Tsochatzopoulos espère pouvoir ramener ce sujet à l’ordre du jour quand le procès aura commencé.

Outre Tsochatzopoulos et Stamati, les inculpés sont : Asterios Economidis, Efrosini Lambropoulou, Nikos Zigras, Giorgos Sachpatzidis, Areti Tsochatzopoulou (la fille de l'ex-ministre), Yiannis Sbokos, Talita Maria Tsekoura, Nikos Georgoulakis, Panayiotis Stamatis, Pantelis Zachariadis , Oratios Melas, Constantinos Antoniadis, Spyros Chatzinikolaou, Gudrun Moldenhauer (la première épouse de Tsochatzopoulos), Fotis Arvanitidis, Nikos Karatzas et Giorgos Konstantatos.

Huit des suspects sont en détention provisoire depuis l'année dernière.

Edit du 24 avril : le procès a été reporté au 8 mai prochain. Akis Tsochatzopoulos a parlé de "violence de l'Etat" pour se justifier.