5 ans d'actualité indépendante sur les crises en Grèce

Révélations d'un ténor de MEGA : les médias grecs ont été invités à se taire sur la non viabilité de la dette

29 janvier 2013

Médias Polémique Politique Grèce manifestation propagande

804 mots   527       Comments

pretenderis

Giannis Pretenteris

La récente révélation du journaliste de MEGA Giannis Pretenteris fait sensation. Ce dernier a indiqué qu’en 2010, lui et ses collègues auraient caché à leurs téléspectateurs et à leurs lecteurs la non-viabilité de la dette grecque - évènement qui a permis l’attaque de la troïka contre la Grèce.

Dans un entretien à iefimerida, Pretenteris laisse entendre qu’il a accepté des consignes spécifiques pour le faire, de la part d’individus qu’il ne mentionne pas.

Il explique de manière caractéristique dans l’entretien :

-"Nous savions tous dès le début que la dette n’était pas viable, mais ils nous ont dit de ne pas le dire, que ce n’était pas le bon moment. Le résultat, c’est que jusqu’à 2010, ils ont dit que la dette était viable et nous leur répondions 'non, elle ne l’est pas'."

Cette révélation a été faite, de manière symptomatique, moins de 24h avant le rassemblement de protestation prévu aujourd'hui devant le bâtiment de la chaîne MEGA.

Le communiqué -savoureux et non censuré- de l'initiative des travailleurs des médias pour le rassemblement  :

Les mass-médias ont été dans leur majorité les piliers idéologiques de la politique des mémorandums. Au moyen de reportages mensongers et intentionnellement effrayants, ils présentent la politique du choc comme voie à sens unique et calomnient tous ceux qui résistent à la barbarie sociale. Ils fonctionnent comme les porte-parole du gouvernement et font des reportages sur la base d'une inspiration goebbelsienne officieuse. Ils forgent des stéréotypes sur les immigrés, les fonctionnaires, les travailleurs, les syndicalistes, les activistes et incitent à l'automatisme social.

Ces derniers jours, nous avons vécu l'apogée du terrorisme médiatique, comparable aux jours sombres du YENED [ndlr :  service d'information des forces armées]. Ils ont rempli nos écrans de bouteilles de bière vides et ont pris pour cibles les espaces autogérés de la vie sociale [ndlr : raid de la police à Villa Amalia et dans le squat Lelas Karagiannis] pour légaliser la stratégie de la tension de Dendias [ndlr : ministre de l'ordre public], ils ont masqué les mobiles et la nature du meurtre raciste perpétré contre le Pakistanais de 27 ans à Petralona (ndlr : lire ou relire Qui était Shehzad Luqman), ils ont diffusé des montages vidéo pour traîner dans la boue des députés de gauche et des mouvements sociaux opposés à la commercialisation des espaces libres, ils ont calomnié la lutte des travailleurs dans les transports publics et ont  imposé les méthodes répressives de la réquisition forcée du personnel. Et ils continuent… Les employeurs de la presse, après avoir appliqué le mémorandum le plus dur à leurs employés, veulent protéger l'institution de la peur généralisée et de la paupérisation qu'ils ont créée en dressant des murs face à la société.

Assez. Nous, travailleurs de la presse, n'avons rien en commun avec les grands groupes et les grands journalistes amplement rémunérés et instrumentalisés. Nous ne faisons pas partie de leur coterie et de leurs affaires. Nous avons choisi notre camp. Aux côtés des habitants de Chalcidique[ndlr : en lutte contre la mine d'or] et contre les orpailleurs, aux côté des immigrés et contre les esclavagistes, contre les clôtures, contre les patrons du travail au noir, contre l’Aube dorée, aux côtés des manifestants et contre la répression, aux côtés des travailleurs des transports en commun, et contre la troïka intérieure et extérieure, aux côtés des fonctionnaires et contre la liquidation du patrimoine public. Nous sommes aux côtés de la société et nous luttons, ensemble, contre le mémorandum, le racisme et la censure.

Rassemblement de protestation mardi 29 janvier, à 7h devant la chaîne Mega. (Mesogeion 117)

L'année dernière déjà, un appel à manifester devant la chaîne Mega TV avait été lancé par des citoyens sur les réseaux sociaux. Les raisons ? Le ras le bol de subir la désinformation régulière de la chaîne, digne d'une propagande, car, entre autre, "Mega TV a falsifié le son des émeutes sur la vidéo  lors de l'assassinat  d'Alexis Grigoropoulos en 2008", "Mega TV a diffusé des images d'archives des émeutes au cours d'une démonstration pacifique le 17/11/2011", "Mega TV accuse les manifestants pacifiques d'être des voyous cagoulés" , "Mega TV a été la principale source de propagande sale et constante du soutien aux partis pro-austérité, en particulier à celui du PASOK".

Merci à AR pour l'aide pour la traduction.