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Menaces sur le patrimoine naturel et culturel en Crète : appel à solidarité et pétition

24 janvier 2013

Environnement Pétition Solidarité environnement Grèce solidarité

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La lutte contre le réchauffement climatique va-t-elle se faire au détriment du patrimoine naturel et culturel en Crète ?

OkeaNews partage ce court documentaire réalisé par des citoyens de l'île, ainsi que leurs explications, pour alerter l'opinion sur le drame qui se joue en Crète.

Une pétition est en cours : vous pouvez la signer en toute fin d'article.

Merci d'avance pour votre engagement.

Nos cauchemars et nos espoirs exposés dans ce documentaire de 15 minutes : de sinistres perspectives opportunément occultées par tous les médias. A voir absolument!

La Crète menacée par le réchauffement climatique ?

Peut-être, mais à court terme le vrai danger vient plutôt des prétendues stratégies de lutte contre le changement climatique...

Officiellement, l'objectif de cette lutte est de réduire la dépendance aux énergies fossiles de nos sociétés de consommation, afin de limiter nos émissions de gaz à effet de serre et par là de préserver les espaces naturels de la planète, leur biodiversité et donc les activités humaines qui en dépendent.

L’ État grec en piètre état (de délabrement avancé), pressé par ses débiteurs doublement intéressés, s’apprête à offrir son territoire aux appétits insatiables des industriels de l’énergie, "renouvelable"...ou pas.

Préservation des espaces naturels?

En Crète l’électricité est fournie actuellement par trois centrales thermiques (capacité: 820 MW), 33 parcs éoliens (174 MW) et des installations photovoltaïques (60 MW), soit 18,5 %  en énergies renouvelables.

Pour réaliser les projets industriels en énergies renouvelables qui devraient couvrir 8 fois les besoins de l'île (des milliers d’éoliennes, des hectares de panneaux photovoltaïques, des centrales hybrides avec réservoirs de millions de m³ d'eau, des usines héliothermiques avec tours de 150m de haut, les lignes électriques et leurs pylônes, les câbles sous-marins pour exporter cette électricité,...) , il va falloir creuser profond, raser des montagnes, déforester, ouvrir des routes, pomper dans les nappes phréatiques,...

Partout, zones Natura 2000 comprises. Partout mais pas sur les toits des particuliers ni des bâtiments publics, pas sur les milliers de m² de surfaces construites existantes. Non, partout où l'on observe les rapaces menacés, les troupeaux de chèvres, les hameaux traditionnels, des centaines de fleurs endémiques, les formations géologiques remarquables, partout où la nature est belle et fragile.

Choisir entre pétrole et sources d’énergie renouvelable?

Les autorités grecques, aux ordres des "investisseurs stratégiques", ont résolu le dilemme: vous aurez les deux, et en très grand !

Il était prévu de fermer une des trois centrales thermiques fonctionnant au mazout sur l'île. Les trois seront conservées et verront leur capacité de production augmentée.

D’énormes réserves de pétrole et de gaz naturel sont supposées être découvertes et exploitées prochainement au sud de la Crète. Les sondages et études sismiques sont en cours, les "rois du pétrole" (ou du nucléaire) qui investissent simultanément dans le renouvelable sont sur tous les fronts, et d'immenses surfaces sur la côte sud sont achetées par des compagnies qui espèrent y implanter terminaux de stockage pétrolier, raffinerie de gaz naturel,...

Les activités humaines?

L'agriculture, l'artisanat, l’élevage ovin, le tourisme de qualité proche de la nature et des habitants: où ? En zone industrielle?

La libéralisation du marché de l’énergie, recette imposée par les dirigeants d'une Europe en crise qui espèrent transformer la Crète en batterie énergétique bon marché...

Nous résistons.


Une pétition à été mise en place : 

NON à la destruction de la Crète par les Énergies Renouvelables à l’échelle Industrielle

Nous résistons aux politiques néolibérales menant à une autre faillite des pays du sud Européen.

La Grèce se trouve actuellement dans l'œil d'un « cyclone énergétique » intensifié ces dernières années par la conjoncture géopolitique dans la région (menaces de guerre envers l'Iran, détérioration des relations entre la Russie et l'Europe dans le domaine de l'énergie), et ce d'autant plus depuis le placement du pays sous la tutelle de la Troïka (UE, BCE, FMI).

Dans ce contexte, le gouvernement grec actuel – tout comme ses prédécesseurs récents - promeut la vente sans conditions de chaque ressource naturelle (minerais, hydrocarbures, eau, vent et potentiel solaire) par le biais de procédures d’accélération des investissements, connues sous le nom de « Fast Track » en Grèce, qui court-circuitent toutes les étapes légales habituelles dans l’octroi de permis, soulevant des questions à la fois de constitutionnalité et de légitimité politique.

En Crète et ailleurs en Grèce, utilisant comme cheval de Troie le concept du « développement vert », des compagnies multinationales et leurs associés locaux - privés ou institutionnels- progressent dans divers projets d’installation d’unités de production d’énergie renouvelable à l’échelle industrielle (E.R.E.I.), tous caractérisés par leur gigantisme, et l’absence totale de prise en compte des besoins locaux comme de l’impact environnemental qu’auraient de tels chantiers pharaoniques sur des biotopes déjà fragilisés.

Un zoom sur la carte de Grèce des projets en cours est révélateur de la démesure qui prévaut, la Crète y apparaissant comme une immense zone industrielle vouée à la production d’énergie: http://www.rae.gr/geo/

En juin2012, le Comité interministériel des investissements stratégiques a introduit dans la procédure « Fast Track » trois projets d’installation d’unités E.R.E.I., d’une capacité totale de 2151 Mw , prévoyant l'installation d'environ 800 éoliennes (hauteur de mât : 90 à 140m) sur 69 sommets de l'île et d’une centrale solaire à concentration de 180 hectares à l'est de l'île.

Ces projets constituent une première phase dans la planification de l'installation de 6.500 Mw en E.R.E.I., alors que les besoins énergétiques de l'île n'ont jamais excédé 750 Mw (en moyenne 250 Mw) !

Ces installations, programmées même en zones Natura 2000, affecteront irréversiblement le paysage crétois, auront des impacts dramatiques sur le tourisme et suspendront tout effort de restructurer le secteur primaire de production.

Les travaux réalisés avec le matériel des principales multinationales européennes (SIEMENS, VESTAS etc.) créeront très peu d'emplois pour les gens du pays et produiront et exporteront de l'énergie chère pour le consommateur, via le réseau continental (4 projets de câble sous-marin).

Le Réseau Crétois de lutte contre les E.R.E.I., opposé à l’absurdité de cette politique, a déposé le 14 octobre 2012 un recours au Conseil d'Etat grec afin d’annuler les projets en cours.

L'action a été signée, en un très court laps de temps, par 1275 citoyens, 11 conseils municipaux et 84 associations et organismes.de l'île, une mobilisation sans précédent dans l'histoire juridique du pays.

La date prévue pour l'audition au Conseil d'état est fixée au 01/03/2013 et notre voix contre la planification de ces projets criminels doit être entendue encore plus fort de tous les coins de la Grèce, de l'Europe et du monde.

Site du Réseau crétois de lutte contre les E.R.E.I. ici.

Pétition en grec et en anglais ici

Pétition en français :

Nous, les signataires de cette pétition, demandons au gouvernement grec et au comité interministériel des investissements stratégiques, l’annulation immédiate des permis accordés au trois projets E.R.E.I d’une capacité de 2151 MW prévus en Crète, et leur retrait de la procédure anticonstitutionnelle d’accélération des investissements (Fast Track).

Ces projets qui ignorent les besoins énergétiques réels de l’ile, qui ne sont encadrés par aucun plan d’occupation des sols ni par aucune stratégie de développement, et qui n’ont fait l’objet d’aucun débat public démocratique, sont considérés par nous comme absurdes, illégaux et donc indésirables.

Nous demandons au gouvernement et aux autorités des ministères compétents, au lieu de brader par le biais de procédures opaques et pour une bouchée de pain tous notre patrimoine naturel et culturel, d’être attentifs aux besoins réels de la population et d’agir dans le respect de la logique, de la mesure et du droit.

En lieu et place de la cession sans conditions aux grands investisseurs dans les E.R.E.I. (éolien, photovoltaïque, solaire à concentration, STEP {Station de Transfert d’Energie par Pompage}), de quasiment toutes les crêtes montagneuses, des plaines et plateaux, des zones protégées, mais aussi de patrimoines immobiliers privés, nous demandons le soutien actif des projets en énergies renouvelables visant à l’autonomie énergétique au niveau individuel et local, tout en encourageant l’économie d’énergie et les activités productives du secteur primaire.