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Grèce : l'actualité complète de la semaine du 17 au 23 novembre

24 novembre 2012

Radiobubble News Grèce

6773 mots   833       Comments

Comme chaque samedi, OkeaNews revient sur l'actualité complète de la semaine en Grèce en partenariat avec Radio Bubble International. Accrochez-vous, restez assis, préparez de quoi vous ressourcer car  cette semaine, comme souvent, fut ... dense en actualité.

L'ensemble de ces informations est issue de la communauté RadioBubble à laquelle OkeaNews participe.

Texte : @irategreek / traduction : @okeanews

Les informations principales de la semaine

Retour sur les manifestations du 17 Novembre

Samedi 17 Novembre,  des manifestations ont eu lieu dans toute la Grèce pour commémorer le soulèvement de l'Université polytechnique d'Athènes contre la junte en 1973. La communauté Radiobubble a rapporté environ 20.000 manifestants à Athènes, 10.000 à Thessalonique, 2000 à Ioannina, 8000 à Volos et 10.000 à Patras. Les manifestations ont été marquées par des slogans contre le fascisme, mais aussi contre l'austérité et par une forte solidarité avec Gaza.

A Athènes, la manifestation a quitté le bâtiment historique de l'université polytechnique pour marcher vers l'ambassade américaine. Elle a été divisée en trois sections, avec des marches syndicales des étudiants affiliés au PASOK à l'avant, portant le drapeau taché de sang élevé en 1973, suivie par la partie principale de la manifestation, y compris les syndicats d'étudiants, d'autres mouvements de gauche et les anciens combattants de l'insurrection de 1973 , et une marche séparée organisée par le Parti communiste KKE. Cette dernière, en collaboration avec de nombreux autres groupes, s'est ensuite dirigée vers l'ambassade d'Israël.

La présence policière était très importante, la police d'Athènes avait fermé 11 stations de métro et 2 stations de tramway(du jamais vu) pour réduire la taille des manifestations et les rendre plus faciles à gérer. Les routes ont été fermées pour empêcher l'accès au centre-ville, et les policiers anti-émeutes formaient d'une triple rangée en face de l'ambassade américaine. La police a également cherché à bloquer l'accès à l'ambassade d'Israël, mais a finalement ouvert la route après des négociations avec la direction du Parti communiste.

Les manifestations étaient  globalement pacifique, à l'exception de Patras où des témoins ont signalé un usage de gaz lacrymogènes par la police anti-émeute. Un  étudiant a été grièvement blessé et risque de perdre la vision d'un oeil. @VaskoDeGamata également fait état d'affrontements à Volos, où deux personnes ont été arrêtées. A Athènes, des affrontements entre des manifestants et des policiers ont eu lieu dans le quartier d'Exarchia après la fin de la manifestation. Au total, 95 arrestations ont été signalées à travers la ville.

A Thessalonique, les étudiants qui s'étaient regroupés à l'intérieur du campus de l'université après la manifestation pour à occuper le bâtiment administratif ont été assiégés par la police anti-émeute. La soirée s'est terminée par des affrontements avec un échange de cocktails Molotov et de gaz lacrymogènes entre étudiants et policiers. 20 étudiants ont été arrêtés.

Comme dans toutes les manifestations en Grèce, on a signalé des détentions préventives par la police. Deux d'entre elles ont été signalées par le squat Sinialo dans Aigaleo près d'Athènes. Le premier témoin raconte qu'il a été suivi par des policiers alors qu'il quittait son domicile et a été détenu pendant cinq heures à la direction générale de la police de l'Attique sous la garde de 20 policiers en uniforme qui ne lui ont pas laissé voir un avocat, avant d'être libéré. Le second indique également avoir été détenu près de son domicile par des policiers en civil et soumis à une fouille corporelle complète alors qu'il était détenu pendant cinq heures dans le bâtiment de la direction de la police, sans accès à un avocat et sans que quiconque ne lui ait posé une seule question, avant d'être libéré.

Les évènements  des manifestations du 17 novembre ont été suivis sur Twitter par la communauté RadioBubble ont été "storifiés"  par @Krotkie et @mpatman  et sont  disponible sur le site news.radiobubble.gr en grec, et international.radiobubble.gr en anglais et français, et sur Okeanews.

 

Entrainement de l'armée dans le contrôle des foules

L'éditeur de journal récemment créé a rapporté la semaine dernière que l'armée grecque mène une formation dans le contrôle des foules civiles et les combats dans des zones civiles. Le but de l'exercice militaire Pyrpolitis de Skydra, au nord de la Grèce, une zone durement touchée par la crise, était de neutraliser les forces hostiles dans les régions habitées par des civils et dans la libération d'otages. Les notes des éditeurs du journal indiquent que ce rapport soulève des questions quant à la volonté du gouvernement d'introduire des opérations de l'armée contre les civils en cas de besoin.

Ce rapport est le deuxième concernant l'entraînement de l'armée dans le contrôle des foules depuis le début de la crise, après les exercices militaires Kallimachos qui ont eu lieu à Kilkis en Février 2011 et qui ont été filmés par les médias locaux :

L'exercice de Kallimachos a été effectué par la 71ème Brigade aéroportée , qui a d'ailleurs été transférée à Athènes en Octobre de cette année, après une manifestation des travailleurs des chantiers navals de Skaramanga qui avaient fait irruption dans le ministère de la défense.

Le journal rapporte en outre que les services secrets grecs PEJ et l'unité de cybercriminalité ainsi que l'armée participent à un exercice conjoint de l'OTAN ciblant les médias sociaux.

 

Manifestation contre l'extraction de minerai à Skouries

Une manifestation a eu lieu le dimanche 18 Novembre dans le nord-est à Halkidiki, en Macédoine centrale, contre le projet d'extraction de minerai dans la forêt de Skouries dirigé conjointement par le magnat des affaires grec Bobolas et la société Canadian Gold Eldorado. Si il est appliquée, le projet d'exploitation minière conduira à une déforestation massive, à des atteintes à l'environnement, à une pollution irréversible et à l'épuisement des ressources locales en eau potable.

Les manifestants se sont rassemblés dans le village de Megali Panagia, avec de vives  tensions  entre les partisans et les adversaires du projet en raison du passé minier du village. La manifestation était importante (jusqu'à 3000 personnes) et s'est renforcée lorsqu'elle traversait le village. Les manifestants ont choisi de ne pas aller  jusqu'à la montagne pour éviter des affrontements avec la police, du fait du signalement de présence de 17 pelotons de la police anti-émeute et du souvenir de la manifestation  précédente du 21 Octobre qui avait donné lieu à des affrontements importants et quelques blessés graves. La manifestation s'est dispersée pacifiquement avec un autre appel à la protestation pour le Samedi 24 Novembre dans la capitale régionale de Thessalonique, en collaboration avec les habitants de Kilkis et de Thrace, qui sont confrontés à des problèmes similaires.

Les tweets de  @potmos, @northaura et @AndreasKakaris qui étaient présents lors des évènements ont été compilés avec Storify par @asteris, et les  photos et videos sur le blog d'@antigoldgreece.

Les informations détaillées

Gouverner par des décrets, contourner le parlement

Le dimanche 18 Novembre, le gouvernement grec a procédé à l'émission de deux «actes de contenu législatif» pour faire aboutir certains "détails" concernant les réformes structurelles et les mesures d'ajustement budgétaire avant la réunion de l'Eurogroupe du jeudi.

Le premier acte donne plus de pouvoir de contrôle au ministère des finances sur les autres ministères et lui permet d'appliquer des mesures d'austérité automatiquement si les nouveaux objectifs budgétaires ne sont pas remplis.

Le second se rapporte à des réductions de dépenses convenues dans le troisième mémorandum et supprime, entre autre, des dérogations aux réductions pour les retraités avec des pensions très faibles ou ayant un handicap.

Le gouvernement et le Président de la République, qui a signé les actes de contenu législatif, ont été vivement critiqués par l'opposition sur le fond mais aussi sur le processus, puisque ces actes de contenu législatif sont des procédures qui contournent partiellement le parlement et qui sont destinés à être utilisées dans des circonstances exceptionnelles, telles que les catastrophes naturelles ou les guerres.

L'article 44, paragraphe 1 de la Constitution stipule expressément que:

"Dans des circonstances extraordinaires d'un besoin urgent et imprévisible, le Président de la République peut, sur proposition du conseil des ministres, émettre des actes de contenu législatif.

De tels actes doivent être soumis au Parlement pour ratification (...) dans les quarante jours à compter de leur émission (...).

Faute de soumission de tels actes  au Parlement dans les  délais impartis ou si ils ne ne sont pas ratifiés par le Parlement dans les trois mois suivant leur présentation, ils cesseront d'être en vigueur."

 

La réduction des effectifs dans le secteur public

L'action s'est accélérée chez les fonctionnaires le lundi sur les plans de mise en congé forcé ceux qui ont un contrat de droit privé à durée indéterminée et qui n'ont pas de diplômes d'enseignement supérieur (ie équivalent à diplôme inférieur à bac+4 en france) . La position du ministre de la réforme administrative Antonis Manitakis  est que ces plans de mise en congé n'entraîneront pas de licenciements et qu'ils sont un programme de mobilité du personnel.

Il a déclaré jeudi au Parlement :

"Je n'ai pas licencié un seul fonctionnaire et je ne vais pas mettre ma signature sur un seul licenciement de fonctionnaire. Le plus tôt nous aurons terminé la première phase de la mobilité du personnel, le plus tôt nous couvriront les besoins obligatoires dans l'administration publique et les fonctionnaires civils, le plus tôt ils sortiront de leur statut de congé et retourneront à leur salaire plein."

La déclaration n'a cependant pas apaisé l'opposition et les syndicats qui ont juré de poursuivre leur mouvement de grèves et de manifestations dans les prochaines semaines.

La manière dont les plans de mise en congé sont mis en œuvre soulève de sérieuses questions quant à leur but. Le site affilié au SYRIZA left.gr  avait signalé le samedi que le ministère chargé de la réforme administrative avait indiqué verbalement aux directeurs administratifs des ministères et des institutions de l'Etat relevant du congé d'envisager de supprimer les noms de ces fonctionnaires de la base de données du recensement de fonctionnaires, sans passer par la procédure en vertu de laquelle les besoins en personnel de chaque institution devraient être évalués afin de finaliser les suspensions possibles.

Le lundi, la circulaire F227/412/144706/D2/19-11-2012 envoyée par le ministre de l'Éducation aux agents régionaux de l'éducation demandait une liste de tous les enseignants qui ont été soumis à des mesures disciplinaires et / ou morale, quelle que soit la décision finale et indépendamment du fait que la décision finale ait même été prises La circulaire stipule clairement que tous ces enseignants devraient être mis en congé immédiatement. Cela comprend par exemple les enseignants détenus par la police, ayant participé à des manifestations, ou de l'enseignant de maternelle de Lefkada qui a été suspendu pendant quelques jours après la plainte de l'Aube Dorée concernant les dessins de drapeaux étrangers des enfants de la classe.

Le syndicat des travailleurs de l'administration locale POE-OTA a dirigé des manifestations contre les plans de mise en congé, occupant 200 bâtiments municipaux à travers le pays ainsi que d'autres bâtiments administratifs locaux, tels que ceux de la préfecture dans les quatre principales villes de l'Épire, Ioannina, Arta, Preveza et Igoumenitsa . Ils ont en outre organisé une manifestation devant le ministère de la réforme administrative mardi, en collaboration avec les membres des fonctionnaires du syndicat ADEDY, qui a annoncé de nouveaux arrêts de travail et une manifestation jeudi.

En outre des occupations et des piquets de grève  ont été signalés lundi au ministère de la santé et au ministère de l'Environnement, et de multiples autres manifestations ont eu lieu et sont prévues pour les prochains jours et semaines, comme une manifestation de l'ADEDY  dans la ville crétoise de Rethymnon le 26 Novembre.

L'opposition aux plans de mise en congé est forte, non seulement chez le syndicat des travailleurs de l'administration locales, mais aussi chez les employés municipaux, avec seulement 30 municipalités qui ont réellement fourni les données relatives au personnel requis pour le Ministère de la Réforme Administrative. Il est à noter que l'ensemble de ces communes seraient actuellement exemptées de la suspension et le licenciement du personnel.

Il faut également noter que le conseil municipal d'Athènes a voté la semaine dernière une décision déclarant que les plans personnel en surplus sont une «manière injuste de réduire leurs effectifs» et contreviennent à l'article 103 de la Constitution ainsi que plusieurs autres textes de loi à l'initiative du maire G. Kaminis, qui a été élu avec le soutien du PASOK en 2010. Kaminis a annoncé lundi qu'il allait chercher à discuter de la question avec l'association des maires grecs, mais a insisté sur le fait que les plans de mise en congé se traduiraient par le transfert du personnel vers d'autres services et pas par des licenciements.

Un autre secteur qui a réagi de manière dynamique aux plans de mise en congé sont les universités et des établissements d'enseignement technique supérieur. Des grèves et d'autres actions ont été signalées toute la semaine dans les universités d'Athènes, de Thessalonique et de Ioannina par la communauté Radiobubble.

La Conférence des Recteurs des Universités a voté à l'unanimité à Lavrio lundi pour dénoncer les plans et les décisions prises par la suite  des actes de contenu législatif inconstitutionnel. Les recteurs ont déclaré qu'ils étaient prêts à offrir leur démission collective au ministère de l'Education "pour protéger le bien public de l'éducation dans un contexte de crise et refuser de participer à la nouvelle dissolution de l'enseignement supérieur public. ". Les présidents des  établissements techniques d'enseignement supérieur ont exprimé des préoccupations semblables après leur rencontre à Athènes.

 

L'impact de la récession sur le commerce

La Fédération nationale du commerce grec a publié son rapport annuel lundi, marquant ainsi le profond impact de la récession économique en cours sur le secteur du commerce. Alors que le commerce a été et demeure un secteur essentiel de l'économie grecque, qui emploie près de 18% de tous les travailleurs, 93 500 emplois ont été perdus durant la dernière année, ce qui rend le secteur du commerce celui comportant le plus grand nombre de pertes d'emplois  en Grèce.

C'est la première fois depuis 1999 que le nombre de travailleurs employés dans le secteur du commerce est inférieure à 700.000 au total. D'autres tendances notables incluent une augmentation spectaculaire de la proportion des emplois à temps partiel, 5,6% en 2011 contre  7,3% en 2012, ainsi que la concentration de l'emploi dans les grandes entreprises, avec le rapport employeur-employé qui est passé de 1:3.4 en 1993 à 1:5 en 2011 et 1:5.6 en 2012.

En termes de chiffre d'affaires, près de 80% des entreprises ont déclaré une baisse des ventes et des gains en 2011, avec une baisse des investissements dans le capital disponible et des emprunts bancaires. 80% signalent également une détérioration en terme de liquidité, avec une grande majorité qui s'attendent à faire face à des problèmes similaires d'ici la fin de l'année 2012, mais aussi en 2013.

Dans son introduction au rapport, le président de la Fédération Vasilis Korkidis note que

«le climat d'incertitude et d'insécurité génère une situation asphyxiante qui ne laisse aucune place pour la récupération. La crise s'est développée avec plus d'acuité en Grèce, mais ne se limite pas aux frontières de notre pays.

C'est avec un profond regret que nous regardons les dirigeants européens ne pas parvenir à faire des progrès sur l'unification européenne, au lieu de promouvoir des solutions punitives qui prolongent un déséquilibre dans l'UE. (...)

La recette des mémorandum a échoué en Grèce, et cela est dû au fait qu'ils ne prennent pas en compte les paramètres spécifiques de l'économie grecque et de la société (...) Et le pire dans tout ça, c'est que leur mise en œuvre a été assurée par une poignée de technocrates froids ne voyant le peuple grec qu'avec des nombres et des pourcentages censés servir de prévisions économiques.

Cependant, derrière les compressions nécessaires, il y a des vies humaines qui sont en cours de destruction."

M. Korakis a émis cinq recommandations pour le secteur du commerce, à savoir:.

1. Une fiscalité équitable, qui s'abstient d'imposer des taxes rétroactives et combat l'évasion fiscale ;

2. Le financement des petites et moyennes entreprises, avec une exigence que les fonds de recapitalisation des banques soient utilisés pour résoudre des problèmes de liquidité du marché ;

3. Un système de règlement adéquat pour les cotisations dues par les entreprises privées aux caisses de sécurité sociale, afin d'assurer une couverture santé pour tous ;

4. Une stratégie de lutte contre le commerce illicite au niveau de l'approvisionnement mais aussi dans la rue, comprenant un lien formel entre le commerce illicite et la migration illégale ;

5. La protection spéciale pour les petites et moyennes entreprises touchées par la crise pour éviter la fermeture en raison d'une action en justice pour dettes.

Immigration et xénophobie

Vingt groupes communautaires d'immigrants et trois organisations africaines ont tenu une conférence de presse conjointe le mardi 20 Novembre à Athènes pour annoncer la création d'un organe de coordination pour défendre et protéger leurs droits. Rapporté par @WonderMaS, le but de l'organisme est de :

«faire entendre les voix des immigrés, que les immigrants puissent exprimer leurs positions et parler pour eux-mêmes des problèmes et des attaques racistes auxquels ils sont confrontés, au lieu de laisser les autres parler en leur nom."

En outre, les groupes d'immigrants ont affirmé leur décision d'utiliser tous les moyens légaux pour résoudre le problème du racisme:

«Nous irons à l'ONU, nous irons à Amnesty International, à la Cour européenne des droits de l'homme, aux tribunaux grecs. Ceux qui menacent notre sécurité doivent être punis. Nous faisons partie de la force ouvrière grecque, nous nous unissons avec les Grecs et nous allons lutter ensemble avec les Grecs. "

Les groupes d'immigrants ont appelé " l'Etat grec, la magistrature grecque, les grecs, mais aussi les mouvements de gauche, les partis politiques, tous les  d'esprit citoyens démocratiques et les syndicats à prendre position sur ce qui se passe."

Un compte rendu complet de la conférence de presse a été publié dans le journal To Vima.

Un exemple de ce genre de brutalité xénophobe décrite par les groupes d'immigrants a été signalé à Kallithea, où le comité populaire a organisé une manifestation en face de la clinique gérée par la sécurité sociale nationale EOPYY de lundi matin. Il a été signalé que des membres de l'Aube Dorée sont récemment entrés dans la clinique et ont demandé à voir les documents d'identité des patients afin de vérifier s'ils étaient Grecs. Les manifestants ont appelé le personnel et les patients EOPYY à unir leurs forces contre le fascisme ainsi que de poursuivre la lutte contre les politiques du mémorandum.

La gestion de l'immigration, de la xénophobie et des questions de racisme par l'État grec échoue cependant à respecter les normes internationales, en premier lieu contre la discrimination. La police grecque mène encore des opérations de ratissage à travers le pays pour arrêter les immigrants qui ne sont pas titulaires d'un permis de séjour valable en Grèce. Les rapports de police indiquent que, depuis le début de l'opération Xenius Zeus, 54086 immigrants ont été arrêtés, dont seulement 3994 ont été arrêtés pour ne pas avoir un permis de séjour à compter du 22 Novembre.

Les chiffres même de la police  soulevent des doutes sérieux quant à l'affirmation selon laquelle les migrants en situation irrégulière sont une question clé en Grèce.

En plus de l'opération de ratissage Xenios Zeus, qui vise à se terminer par des expulsions, la police a annoncé cette semaine qu'elle a imprimé 1,5 millions de prospectus en 13 langues afin de promouvoir un programme de retour volontaire des migrants. Fait intéressant, un élément clé dans les prospectus est ainsi libellé (voir le fichier pdf du flyer):

"Vous ne serez pas en danger d'être arrêté par la police jusqu'au jour de votre départ."

La politique du gouvernement d'enfermer les migrants sans papiers dans des camps de détention est à l'origine d'une série de problèmes, avec des détenus de Corinthe qui ont commencé une grève de la faim le dimanche pour protester contre le manque de nourriture, de chauffage et d'eau chaude et le manque de soins médicaux, mais aussi et surtout , le fait qu'ils sont détenus sans aucune fin visible.

Les autorités ont réagi en envoyant la police anti-émeute dans le camp, qui a donné fin à la manifestation par l'utilisation abondante de gaz lacrymogène. 2 détenus ont dû être transférés à l'hôpital et 24 ont été accusés d'avoir causé de dommages dans les installations du camp. Le mouvement des jeunes SYRIZA de Corinthe a publié une déclaration condamnant la brutalité de la police et exigeant l'accès au camp à des fins de surveillance, ce qui a été refusé jusqu'à présent, non seulement aux militants politiques, mais aussi aux groupes de défense des droits de l'homme.

Une manifestation a eu lieu le mardi en face du camp en solidarité avec les prisonniers.

Ce vendredi, une autre manifestation, plus violente, a eu lieu dans le camp de détention de migrants à Komotini, où les migrants ont brûlé des matelas et causé des dommages considérables dans leurs dortoirs. L'intervention de la police a entraîné des affrontements et un gazage lacrymogène. Quatre policiers ont été blessés et 50 détenus ont été arrêtés lors des affrontements. On ne sait pas combien de détenus ont été blessés.

 

Actions fascistes et anti-fascistes

Plusieurs actions anti-fascistes ont été rapportées cette semaine par la communauté Radiobubble. Le dimanche 18 Novembre, des antifascistes ont attaqué et provoqué des dégâts considérables dans les bureaux de l'Aube Dorée dans les villes de Karditsa et Xanthi. Une manifestation anti-fasciste à Agrinio dimanche soir contre l'inauguration des bureaux de l'Aube Dorée de la ville a pris fin avec des affrontements avec la police, qui se sont conclus par 22 détentions et 2 arrestations.

Deux différentes manifestations anti-fascistes sont organisés à Athènes le samedi 24 Novembre, la première appelée par le SYRIZA à midi en face de l'Université d'Athènes et la seconde appelée par des groupes anarchistes et anti-autoritaires  sur la place de Kypseli, un quartier défavorisé ayant une forte présence des immigrants, dans l'après-midi. Il faut noter qu'une contre-manifestation est prévue par les fascistes en même temps dans le quartier de Kypseli. Les mouvements antifascistes en Crète ont également préparé des manifestations contre l'arrivée de députés de  l'Aube Dorée sur l'île la semaine prochaine.

La police grecque et le ministre de l'ordre public Nikos Dendias continuent toujours à laisser l'Aube Dorée opérer en toute impunité. Dans une interview à la radio lundi, le ministre N. Dendias a nié  les cas très bien documentés de collusion entre la police et l'Aube Dorée, en disant :

«Il ne m'a jamais été présenté de preuve suffisante  pour ordonner une enquête"

Mercredi toutefois, la police a annoncé des mesures disciplinaires contre un cadet de l'académie de police qui avait participé à une assemblée générale de l'université démocrite en prétendant être un étudiant de la ville de Xanthi, en Thrace, une région de la Grèce où il y a une importante minorité musulmane. Le cadet  aurait déclaré:

"Quiconque n'est pas chrétien n'est pas grec et doit quitter la Grèce"

Contesté par un étudiant musulman, il a répondu :

"Je suis un membre de l'Aube Dorée et en janvier prochain, vous verrez ce qui va vous arriver."

L'annonce de la police sur l'enquête administrative en cours ne mentionne  cependant pas dans le  communiqué de presse les mots "Aube Dorée".

L'association des médecins de l'île de Lesbos a, d'autre part, décidé de ne pas faire preuve de tolérance concernant le phénomène Aube Dorée et a condamné les déclarations faites par le chef de l'Aube Dorée locale lors d'un événement sur l'immigration organisé par la police. Le leader local de l'Aube Dorée et gynécologue Giorgos Diakoronas avait fait un discours en disant que les immigrés sont responsables de l'existence de maladies telles que le VIH/sida, la tuberculose et la syphilis en Grèce et n'a pas hésité à publier les données personnelles des patients. Le SYRIZA a posé une question au ministre de la Santé, lui demandant de prendre les mesures disciplinaires appropriées contre le médecin.

Les actions syndicales dans le secteur privé

Mardi, le géant suédois du meuble IKEA a poussé son personnel grec à signer des contrats de travail impliquant de nouvelles réductions de salaire. Dans un communiqué de presse, la direction du Groupe FOURLIS, qui représente IKEA en Grèce, a déclaré que cela était dû aux pertes causées par la crise et que les plus grosses réductions de salaire seraient de 11%.

Cependant, le document financier du premier semestre de 2012 du géant suédois, bien qu'il fasse état d'une baisse des ventes et de pertes globales, il rapporte également un accroissement de sa part dans le marché grec ainsi que d'un bénéfice brut de 3,3 millions d'euros avant impôt, intérêts et amortissement.

Le personnel  d'IKEA a toutefois rapporté une histoire bien différente, accusant la direction d'avoir violé les termes des conventions collectives de travail et de chercher à imposer des réductions de salaire plus élevées que ce qu'ils sont prêts à admettre.

@mp_anana, qui se trouvait dans le magasin IKEA de Renti près d'Athènes lorsque l'arrêt de travail a commencé, s'est entendue dire par un employé que les salariés âgés de plus de 40 ont été invités à accepté une réduction de salaire pouvant aller jusqu'à 15% sur leur salaire initial de 480 €. Elle a également signalé qu'au moins un employé a été menacé de licenciement si il refusait de signer son nouveau contrat, et que les réductions de salaire auraient une incidence sur l'ensemble des 450 travailleurs du magasin IKEA de Renti, sauf pour le personnel du management.

Le personnel du  magasin IKEA de Renti a en outre noté que les employés des autres branches grecques avaient signé les nouveaux contrats sans réagir. Ils ont décidé  d'arrêter de travailler et de se mettre en grève pour le reste de la semaine, une action pour laquelle la direction du Groupe FOURLIS a blâmé le syndicat communiste PAME.

Tous les évènements du mardi concernant IKEA ont été recueillis dans un Storify par @AnemosNaftilos.

Plusieurs autres rapports de réductions de salaires, de licenciements et des fermetures dans le secteur privé ont émergé cette semaine. La télévision numérique par satellite Nova, qui appartient au groupe Forthnet, a également  signalé une préparation des baisses de salaire de 35%, conduisant leur personnel à se mettre en grève.

De même, les employés de marketing téléphonique se sont mis en grève et ont organisé une manifestation jeudi, rapporté par @KHatzinikolaou après que la direction a cherché à imposer une semaine de travail de 8 heures pour un salaire de 130 € par mois.

De plus, le Comité de la vérification de la dette nationale a noté mercredi que SATO, NEOSET, Costa Coffee et Citigroup devraient fermer leurs établissement en Grèce, provoquant des pertes d'emplois dans le secteur privé.

Enfin, il a été signalé que les employés de la compagnie de télécommunications Wind ont occupé jeudi deux étages de leur immeuble pour protester contre le licenciement de sept de leurs collègues et ont arrêter de travailler le vendredi.

Pendant ce temps, la société de transport intercité (bus) de la préfecture de Thessalonique (KTEL) a annoncé vendredi qu'elle était désormais incapable d'acheter du carburant en raison d'un manque de liquidité et aurait à suspendre la plupart de ses opérations.

 

La réunion de l'Eurogroupe et ses conséquences

La réunion de l'Eurogroupe qui a débuté le mardi 20 Novembre s'est terminée aux aurores le mercredi 21 Novembre, mais n'a pas réussi à aboutir à une décision en ce qui concerne le versement de la prochaine tranche de prêts d'urgence pour la Grèce, citant des "difficultés techniques qui doivent être résolues."

Jean-Claude Juncker  a simplement «noté avec satisfaction que toutes les actions préalables requises avant cette réunion ont été atteints de manière satisfaisante" et a salué "les efforts considérables déployés par les autorités grecques et les citoyens pour atteindre ce stade."

Mais cela n'a pas masqué le fossé qui se creuse entre le FMI et le reste de la troïka en ce qui concerne la question de la soutenabilité de la dette grecque. Les dirigeants des trois partis qui participent à la coalition gouvernementale grecque, Samaras, Venizelos et Kouvelis, ont fait des déclarations dont le ton varie de la déception à la colère contre les nouvelles du retard dans le décaissement des fonds.

Tsipras, le leader du SYRIZA a fustigé le gouvernement et en particulier le premier ministre Samaras pour ne pas avoir engagé de négociations de fond sur la viabilité de la dette et a accusé le premier ministre d'être devenu «une partie intégrante de la campagne électorale de Mme Merkel, parce qu'elle ne peut pas admettre au peuple allemand avant les élections allemandes qu'elle avait tort, qu'elle est à blâmer pour la crise à venir et que la dette grecque doit  de nouveau subir une réduction."

Les réactions grecques concernant la non libération des tranches de prêts ont été recueillies dans deux pages Storify par @AnemosNaftilos et @matrix24gr.

Il est intéressant de noter que, suite à l'échec de l'Eurogroupe à se mettre d'accord sur le décaissement de la tranche, l'éditorial du journal To Vima, qui est habituellement de la famille gouvernementale, semblait faire pression pour un retour à la drachme.

De même, le député de la Nouvelle Démocratie, Adonis Georgiadis a retweeté l'utilisateur @ManosKat, qui a déclaré «en plus de l'appui du FMI, le gouvernement grec a comme arme la réduction massive du déficit budgétaire. La drachme est donc moins douloureuse. "

Les autres information de cette semaine

Dimanche 18 Novembre

  • l'agence nationalie de l'actualité Amna a signalé que la répartition des sièges au parlement entre les circonscriptions a finalement été révisée sur la base du recensement de 2011 et a été soumis au Conseil d'Etat.
  • le site left.gr  affilié au SYRIZA a rapporté que le capitaine d'un bateau de passeurs clandestins depuis l'Egypte a jeté par-dessus bord ses passagers au large des côtes de la Crète. Il semble que cette pratique soit généralisée afin d'éviter tout problème au capitaines de bateaux.
  • le journal To Vima a cité un projet de recherche en cours mené sous la coupe de la Banque mondiale, qui montre que le taux de mortalité infantile est de nouveau en hausse en Grèce pour la première fois depuis 1950 et que l'espérance de vie devrait chuter de deux à trois ans en raison de la crise.

Lundi 19 Novembre

  • Les trois personnes arrêtées à Thessalonique pour avoir provoqué des affrontements au cours d'une réunion bilatérale entre les maires grecs et allemands ont été traduits en justice. Les syndicats d'enseignants locaux ont poursuivi un arrêt de travail pour soutenir leurs collègue arrêtés et une grande manifestation de solidarité a eu lieu à l'extérieur du palais de justice. Le procès a été reporté au 28 novembre (via @gazakas)
  • Une femme de trente-sept ans, s'est suicidée dans l'île de Lesbos en sautant du 5ème étage d'un grand hôtel. Il a d'abord été rapporté qu'elle avait choisi de se suicider après avoir vu son nom sur la liste des fonctionnaires à mettre en congé, mais ce fait fut plus tard révélé être faux.
  • Le procureur de la Cour suprême a ordonné des mesures disciplinaires contre deux 2 procureurs des districts de La Canée et Céphalonie. L'action contre le premier est la conséqunce d'une lettre ouverte qu'il a publié en ligne dans laquelle il avait farouchement critiqué le gouvernement et ses politiques. L'action contre la deuxième  était due au fait qu'elle approuvait de la lettre ouverte dans un commentaire sur ce même site. Le site de "boite de Pandore", qui a porté l'affaire à l'attention du public, a déclaré que cet évènement était libre de discussion il y a encore quelques années.
  • TVXS a indiqué que le service de cardiologie à l'hôpital d'Aghios Nikolaos, en Crète a fermé ses portes en raison d'un manque de personnel. Les patients ont été transférés vers d'autres hôpitaux.
  • Le personnel de la loterie nationale OPAP porte l'affaire de privatisation devant le Conseil d'Etat, demandant de considérer la privatisation de 29% des actions OPAP par le fonds national de gestion des biens comme inconstitutionnelle sur le fondement des articles 26 et 106 de la Constitution. L'article 26 a concerne la séparation des pouvoirs alors que l'article 106 celui du rôle de l'État dans la coordination de l'activité économique dans le pays et précise les conditions dans lesquelles une société d'État peut être acquise par des particuliers ou des entreprises.
  • l'équilibre de la balance courante de la Grèce a affiché un excédent pour le troisième mois d'affilé en Septembre :  il a atteint un excédent de 775 millions d'euros, contre un déficit de 1,1 milliard d'euros un an auparavant.

Mardi 20 Novembre

  • L'association des parents de la troisième école primaire de Porto Rafti près d'Athènes ont lancé une pétition pour protester contre les lacunes dans la dotation en personnel de l'école et demande d'éducation primaire gratuite pour leurs enfants.
  • Le tribunal jugeant la question de la grève en cours des salariés de la société de construction du métro de Thessalonique a indiqué que non seulement la grève était légale et non abusive, mais surtout que la réduction du salaire minimum de 500 € est inconstitutionnelle et met en cause la survie même des employés.
  • 13 universités ont porté leur cause contre la loi sur l'enseignement supérieur de Diamantopoulou et ses amendements, ainsi que sur le processus de vote électronique actuel pour élire des conseils universitaires au Conseil d'Etat, demandant qu'ils soient jugées inconstitutionnels. Les universités affirment que la législation récente sur l'enseignement supérieur abolit les libertés académiques ainsi que l'autonomie des universités, qui sont établies conformément à l'article 16 de la Constitution.
  • 15 communes insulaires ont contesté la fermeture ou la fusion de leurs administrations fiscales  en les déclarant inconstitutionnelle, en invoquant les articles 4, 25, 101 et 106 de la Constitution. Ils affirment que la fusion ou la fermeture de ces bureaux violent les principes d'égalité et de proportionnalité, le principe de la protection de l'intérêt général et la protection spéciale accordée aux îles en vertue de la Constitution.

Mercredi 21 Novembre

  • Un membre du mouvement pour les droits de l'homme dans l'île de Samos a été poursuivi par les autorités locales pour avoir proposé une question écrite sur les conditions de détention des demandeurs d'asile. Le mouvement  antiraciste est pour sa part poursuivi pour diffamation en raison de ses questions sur les conditions de détention des demandeurs d'asile. Les autorités locales ont non seulement refusé de répondre à sa question, mais ont transmis la lettre au procureur, affirmant que cela était une erreur et diffamait la police. Le procès doit avoir lieu le 06 Décembre.
  • La privatisation de la compagnie des eaux de Thessalonique a été l'objet de discussions au sein du fonds national de gestion des biens. Les privatisation de l'eau ont récemment été autorisées par les lois voté peu avant le troisième mémorandum au début de Novembre (via @AndreasKakaris)
  • Le Médiateur a envoyé une lettre au ministre des Finances pour demander une révision de la manière dont la taxe foncière d'urgence lancée en Septembre 2011 est calculé et perçu.

Le jeudi 22 Novembre

  • Plusieurs membres de la communauté Radiobubble ont fait état d'une forte explosion dans la banlieue nord d'Athènes à environ 2h du matin. Les rapports initiaux ont parlé d'un attentat à la bombe sur la maison du président de la Cour d'appel, mais aucune autre information n'était disponible. (voir ici)
  • La communauté Radiobubble de Thessalonique a rapporté qu'un homme était entré dans les dépôts et les prêts du Fonds et menaçait de s'immoler par le feu.
  • Les données fournies par la police grecque montre que le taux de suicide en Grèce a augmenté de plus de 35% de 2009 à 2011: 677 suicides ont été signalés en 2009, 830 en 2010, 927 en 2011 et 690 jusqu'à Août 2012.
  • Les arriérés dus à l'État sont à la hausse: 6 871 millions d'euro  en Août 2012, 10 169 millions d'euro en Septembre et 11 025 millions d'euro en Octobre (via @doleross)
  • Une lettre de l'hôpital Tzaneio au ministère de la Santé a été divulgué aux médias. L'hôpital affirme qu'il est à court de médicaments antirétroviraux.

Vendredi 23 Novembre

  • Un groupe de détenteurs privés d'obligations d'Etat grecques ont organisé une manifestation dans les bureaux de la Nouvelle Démocratie. Ce sont les petits porteurs qui ont perdu une part importante de l'épargne. Plus d'informations ici.
  • Le réseau "One Against Racism" a rapporté que 26 migrants sans-papiers, parmi lesquels des femmes enceintes et des enfants, sont dans le port de Mytilène sur l'île de Lesbos, après avoir été remis en liberté sans documents de voyage par la police locale. Ils sont coincés sur l'île et ne peuvent pas voyager. Il a également été signalé que deux passants sur une moto leur ont jeté des pierres jeudi soir.
  • L'initiative antifasciste de Chania a occupé le local de Nea TV a l´heure des informations pour passer une vidéo appelant à la manifestation du samedi 24 novembre à 16h :
http://www.youtube.com/watch?v=RniqxZ8S0ro&feature=youtu.be

Les actualités de solidarité cette semaine

  • Les enseignants de la 21ème école secondaire d'Athènes ont décidé de fournir gratuitement des cours complémentaires aux élèves après la classe  avec leur  syndicat ELME.
  • La paroisse de Aghios Panteleimonas a lancé un programme alimentaire de grande distribution aux indigents. 10 558 tonnes de vivres seront distribuées à 835 282 bénéficiaires à la fin de Février 2013.
  • Médecins Sans Frontières en Grèce a lancé cette semaine sa campagne "Pastilles pour la douleur des autres." Les pastilles sont des bonbons réalisés en Grèce avec du miel et du thym et sont mis en vente dans les pharmacies à travers le pays. Tous les profits de la vente servent à soutenir le travail de MSF, qui décrit les ingrédients des pastilles comme ceux de la solidarité.

 Texte : @irategreek / traduction : @okeanews