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Multiplication des cas de censure en Grèce : "le gouvernement manipule les médias"

30 octobre 2012

Polémique Politique censure démocratie Gouvernement Grèce Liberté de la Presse Médias

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Les derniers jours montrent un gouvernement au bord de la panique. Après le mandat d'arrêt, l'arrestation et la libération de Kostas Vaxevanis en quelques heures, qui a affolé les médias du monde entier, le gouvernement grec semble montrer ses limites dans la gestion du cas des évasions fiscales et des informations qu'il ne souhaite pas voir apparaître dans les médias. Les cas de censures se multiplient.

Le journaliste Kostas Vaxevanis

Kostas Vaxevanis s'est présenté hier après midi et sont procès aura lieu jeudi. Son arrestation, reprise par l'ensemble de la presse internationale montre que le gouvernement n'a pas pris la mesure des conséquences médiatiques de l'arrestation d'un journaliste d'investigation reconnu, dans le cadre de la liste de Lagarde. Le New York Times a publié deux articles, donc le dernier, hier, est titré, "La Grèce arrête le messager" :

On peut lire en conclusion de l'article du New York Times :

"Les politiciens grecs d'importance ont été honteusement rapides à dépouiller les services sociaux de base aux citoyens les plus pauvres et les plus vulnérables du pays. Et ils ont été honteusement lents à analyser une éventuelle évasion fiscale par les riches et  bien informés. Les dirigeants élus en Grèce doivent accorder plus d'attention à enquêter sur d'éventuels crimes financiers et moins à la poursuite des journalistes."

Chez le Guardian, dans  cet article, on peut lire ceci :

Dimitris Trimis, le responsable du syndicat des journaux d'Athènes  a déclaré que la pression actuelle sur la liberté de presse est la plus intense de sa carrière. «C'est une question de démocratie", a déclaré Trimis. «Le gouvernement se sent en insécurité. La seule façon qu'il estime pouvoir convaincre la société de ses politiques est d'essayer de manipuler les médias par la coercition.

"Cela est vrai de la télévision nationale et aussi le secteur privé des médias où il y a eu un grand nombre de pertes d'emplois et des baisses de salaires, il est devenu plus facile de manipuler pour les intérêts du gouvernement et de l'élite économique."

Michelle Stanistreet, secrétaire général de l'union national des journaliste irlandais, a déclaré  :

Il est scandaleux que la personne qui a démasqué des méfait soit arrêtée et inculpée. Il s'agit d'une atteinte flagrante à la liberté de la presse, il n'a fait, comme il l'a dit " rien de plus que ce qu''un journaliste est obligé de faire."

Hier, deux journalistes ont critiqué en direct le ministre de l'ordre public Dendias sur la chaîne nationale NET, dans le cadre de l'affaire des cas de torture de 15 activistes antifascistes il y a quelques semaines. Dendias avait déclaré à l'époque que les allégations du Guardian,qui avait publié un article sur le sujet, étaient infondées et il avait d'ailleurs menacé le quotidien de poursuite. Il avait indiqué que "les expertises montreront qu'il n'y a pas eu de torture".

Sauf que les experts médicaux ont confirmé ces cas de torture. Les journalistes Kostas Arvanitis and Marilena Katsimi ont donc commenté cette information en critiquant le ministre. Ils ont été écarté de la chaîne.

Le directeur de la chapîne ERT a pour sa part déclaré :

"La direction générale de ERT respecte pleinement les règles de la liberté de la presse et le prouve dans la pratique quotidienne de la diffusion de tous les points de vue. Toutefois, elle ne peut pas accepter la violation des normes minimales de l'éthique journalistique.

Les présentateurs du magazine quotidien «L'information du matin» sur NET, M. Kostas Arvanitis et Mme Marilena Katsimi, ont fait des insinuations inacceptables contre le ministre de la  protection de l'ordre public M. Nikos Dendias,  sans lui donner le droit d'exprimer son opinion, tandis que leurs commentaires semblaient préjuger de l'issue de la décision judiciaire. "

Sauf qu'un autre cas de censure s'est justement  passé sur la chaîne de  télévision nationale ERT. Il a été rapporté par le syndicat des journalistes qui condamne le fait qu'un journaliste de ERT a été évincé du studio le 26 Octobre 2012 car il parlait de "forte présence policière devant l' Eglise Agios Dimitrios " à Thessalonique, lorsque le premier ministre Samaras et le président Papoulias  assistaient à la messe.

Au milieu de ce climat, l'agence semi-officielle de l'actualité de la Grèce (l'ANA) affirme que la Grèce est désormais un «pays modèle» dans la manière dont elle traite le blanchiment d'argent. Voir dans cet article de real.gr.

Un homme de 35 ans a été arrêté par la police à Corfu durant une manifestation antifasciste. La raison de son arrestation semble être la publication des photos qui montrent le visage de policiers et des membres de l'aube dorée. Photos à chez left.gr.

Cela fait 55 jours que des députés de l'aube dorée ont agressé des migrants sur les marchés de Rafina et Missolongi. Tout est sur des vidéos. Et il ne se passe rien.

Tout va bien.