5 ans d'actualité indépendante sur les crises en Grèce

Réflexion sur l'avenir d'OkeaNews

14 septembre 2012

Billet d'Humeur Grèce OkeaNews

756 mots   394       Comments

Ces derniers jours ont été denses en actualité. Pourtant, je n'ai pas publié beaucoup de nouvelles fraîches venant d'Athènes. Pour plusieurs raisons.

Déjà, la plupart des médias ont repris la quasi totalité des derniers évènements : la venue de P. Moscovici (l'austérité d'abord, le changement ensuite),  les différentes manifestations qui ont eu lieu et les mesures d'austérité qui divisent encore le gouvernement de coalition. J'ajouterai bientôt une partie qui listera les articles à lire ailleurs sur la Grèce, en mode tweet.

Mais surtout, j'ai eu la mauvaise surprise de voir qu'un abonné de Mediapart a repris une partie du contenu de l'article sur les manifestation contre la mine d'or de Halikidiki pour faire un article qui est paru pendant 2 jours sur la page d'accueil de Mediapart dans la partie "Le club", sans citer ni l'auteur, ni le site d'origine.

J'ai hurlé, contacté l'auteur et Mediapart. L'auteur s'est excusé et a ajouté une mention (voir dans les commentaires de l'article en question). Mediapart rejette plus ou moins la faute sur l'auteur : "il est informé, nous vous tenons au courant à moins qu'il ne vous contacte", sans trop se poser de question sur la notion de plagiat. Voilà pour les grandes lignes.

La réponse de Médiapart soulève d'ailleurs un sujet de taille : dans le cas de plagiat, qui est responsable ? L'auteur ou le média qui décide de publier un billet de blog sur la page d'accueil du site ? Je ne suis pas juriste, mais il me semble que les torts sont partagés. Bref, le débat est clos, mais je suis encore énervé.

Cela m'a fait prendre conscience que l'aventure okeanews pourrait se terminer finalement assez rapidement. Je dis bien "pourrait".

Bien que je sois encore profondément motivé par ce travail (de titan, de fourmi, au choix), je dois me rendre à l'évidence : les donations actuelles ne me permettent pas d'envisager d'en vivre et de pouvoir aller plus loin (vidéo/reportages/enquêtes terrain etc).

Et le principe même des donations a ses limites : il ne me parait pas correct que certains donnent (je les remercie encore) quand d'autres viennent se servir, copient une partie d'un texte pour en faire un article qu'un Média décide de passer en Une sans citer les sources . Ces "autres" ne se rendent pas compte du temps que je passe à faire vivre ce site.

Un autre exemple concerne l'article "trop" : une amie m'a dit récemment qu'elle avait reçu par mail par un de ses amis "un super article par un français qui vit en Grèce". Sauf que le lien venait d'un autre site et que son ami n'avait pas connaissance de l'existence d'OkeaNews. Re-énervé le père Okeanos.

Non que je ne sois pas fier d'une certaine manière que l'on vienne récupérer mes textes : c'est déjà une certaine forme de reconnaissance du travail accompli. Ce qui me met hors de moi, c'est la manière de faire : cette appropriation de mon travail sans me citer en retour, sachant que c'est l'unique contrainte que j'impose. Et sachant que je cite toujours mes sources et que je n'utilise jamais une partie d'un texte en laissant croire que je l'ai écris.

Si OkeaNews était juste un blog "loisir", je n'y verrai pas d'inconvénient -encore que-, j'y passerai beaucoup moins de temps et je privilégierai ma vie professionnelle et privée. Mais j'essaye d'en faire une plateforme d'information indépendante sur la Grèce en ces temps de trouble et cela m'impose un rythme harassant.

OkeaNews est devenu un métier.

Je réfléchie donc à différentes solutions :

- Poursuivre en mode "light" et reprendre une vie normale (amis journalistes, ingénieurs et informaticiens qui me lisez, si vous avez des pistes en freelance et à distance, contactez-moi, je suis preneur - CV sur demande) ;

- Proposer un abonnement pour voir si l'investissement que je donne vaut la peine de continuer. De cette manière, ceux qui voudront se servir devront payer un abonnement.

- Tout arrêter ;

Je sais que le choix de rendre okeanews payant ne va pas plaire à tout le monde. Et il signera peut-être la fin du site. Mais c'est peut-être le seul moyen de voir si l'aventure est viable. Cela pourrait être aussi l'opportunité de pouvoir reporter les dons sur des associations grecques qui luttent contre l'austérité.

La réflexion est lancée : les commentaires sont les bienvenus !

Okeanos