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Grèce : les deux partis politiques historiques en faillite, des patrons de banques entendus

3 juillet 2012

Politique Grèce Nouvelle Démocratie PASOK

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Plusieurs journaux grecs rapportent un endettement record des deux grands partis historiques, la Nouvelle Démocratie et le PASOK.

Chaque élection en Grèce donne suite à un financement des partis -en baisse de 20% avec la crise- par l'Etat à hauteur des résultats des élections.

Pour les dernières élection, 54 millions d'euros ont donc été repartis entre les partis de la manière suivante :

- Nouvelle Démocratie :  15 400 000 € ;

- SYRIZA :  14 100 000 € ;

- PASOK 7 500 000 € ;

- Grecs Indépendants :  4 000 000 €;

- Aube Dorée :  3 750 000 € ;

- KKE :  3 950 000 € ;

- DIMAR : 3 400 000 €.

Seul hic, l'endettement des partis historiques est tel que les subventions de l'Etat sont largement insuffisantes pour combler le trou dans les caisses[1][2][3][4]. Leurs résultats en forte baisse aux dernières élections, par rapport à 2009, fait baisser d'autant leurs subventions. L'austérité guette-t-elle aussi les partis politiques ?

Le parti d'Antonis Samaras, la Nouvelle Démocratie, qui a gagné les dernières élections grâce à un virage à la droite de la droite  a deux prêts bancaires en cours :

- Un prêt de 105 000 000 € à la Banque agricole dont l'échéance est pour 2013 ;

- Un prêt de 15 000 000 € à la Banque du Pirée dont l'échéance est pour 2015.

La Nouvelle démocratie doit donc 120 millions d'euros aux banques et a obtenu une subvention de 15.4 millions d'euros. Le comptable du parti doit s'arracher les cheveux. Alors en attendant, Nouvelle Démocratie cherche a baisser ses coûts de fonctionnement, notamment en renégociant son loyer de 90 000 € mensuel (!). Une goutte d'eau dans la marée de dettes.

La situation du PASOK de E. Venizelos semble être encore pire :  le parti a obtenu le plus bas score depuis son existence, ce qui a confirmé son implosion au profit du Syriza et le met dans une situation catastrophique. Avec 7.5 millions d'euros de subventions, il va être compliqué de rembourser les prêts en cours :

- Un prêt de 96 800 000 € à la Banque agricole dont l'échéance est pour 2013 ;

- Un prêt de 5 000 000 € à la Banque du Pirée dont l'échéance est pour 2015 ;

- Un prêt de 10 000 000 € à la Banque Marfin dont l'échéance est pour 2015 ;

Soit un total de 111.8 millions d'euros. Une paille.

Pourtant, durant la dernière décennie, la Nouvelle Démocratie a reçu 271 millions d'euros de financement et le PASOK 254 millions d'euro [3]. Sans connaitre la trésorerie des deux partis, il semblent qu'ils aient dépensé le double de ce qu'ils ont reçu. Une gestion qui laisse sceptique sur la légitimité de ces deux partis à gérer les finances du pays quand on observe la manière de gérer leurs propres finances.

Par ailleurs, plus de 50 dirigeants de banques sont entendus dans le cadre de ces prêts bancaires [1] et devaient fournir une explication écrite aujourd'hui. Le procureur examine un crime potentiel de fraude car la question de savoir comment les banques ont accordé des prêts et quelle sécurité de remboursement elles avaient face à des financements qui dépendent d'un résultat électoral se pose. Ces banques n'avaient à priori aucune certitude que les partis recevraient des financements suffisants de l'Etat et/ou que ces financements resteraient au même niveau.

Un PASOK en phase terminale, une Nouvelle Démocratie élue mais fortement fragilisée et très attendue dans les jours et semaines à venir  et un scandale éventuel  : dans le cas de nouvelles élections (disons à l'automne), elles s'annoncent difficiles pour les partis historiques.

[ezcc]


sources :

[1] http://www.koutipandoras.gr/?p=22524

[2] http://news.kathimerini.gr/4dcgi/_w_articles_politics_2_28/06/2012_487100

[3] http://news247.gr/eidiseis/politiki/kammenos_an_allaksei_afm_to_pasok_tha_feswsei_me_100_ek_toys_ellhnes.1834160.html

[4] http://www.tovima.gr/politics/article/?aid=343404

Photo : Reuters