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Une Modeste Proposition pour résoudre la crise de la zone euro, par Stuart Holland & Yanis Varoufakis

26 juin 2012

Economie crise euro Europe

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L’Institut Veblen pour les réformes économiques est une association de loi 1901 à but non lucratif, soutenue par la Fondation Charles-Léopold Mayer. Sa mission est d’œuvrer pour la transition vers un mode de développement soutenable et une économie socialement juste.

L'Institut Veblen a autorisé OkeaNews a publier la traduction en français (initiée mais jamais finalisée par OkeaNews) de la Modeste Proposition de Y. Varoufakis et S. Holland. Plus d'infos sur le site de l'Institut.


La version 3.0 de la Modeste Proposition de Y. Varoufakis et S. Holland

Un euro placé dans une banque allemande n’a désormais plus la même valeur qu’un euro placé dans une banque espagnole ou grecque : difficile de trouver signe plus clair de désintégration d’une zone monétaire. Mais l’enjeu dépasse la seule zone euro. La fin de l’euro risquerait d’entraîner dans son sillage celle de l’Union européenne et pire peut être l’idée même d’Europe. Le temps est compté. Il devient urgent de trouver une solution pouvant être implantée immédiatement, c’est-à-dire qui ne nécessite aucune modification des traités. C’est ce à quoi s’attèlent depuis plus d’un an l’économiste grec Yanis Varoufakis et l’ancien parlementaire britannique Stuart Holland à travers leur « Modeste Proposition », qu’ils n’ont de cesse de faire évoluer en fonction de l’approfondissement de la crise. Voici leur analyse.

La zone euro doit faire face à trois crises : une crise bancaire qui ne peut être correctement traitée puisque le système bancaire n’est pas européanisé ; une crise des dettes souveraines engendrée par la crise bancaire et l’impossibilité de mutualiser les dettes ; une crise de sous-investissement et de déséquilibre des balances des paiements, due à l’absence de politique d’investissement au niveau européen et de mécanismes de compensation entre les régions de la zone. Pour résoudre cette triple crise, il faut faire avec trois contraintes : tout d’abord, la BCE n’est pas autorisée à monétiser les dettes, ensuite les pays excédentaires n’acceptent pas l’idée d’euro-obligations garanties, et enfin la résolution de la crise ne peut attendre une modification des traités ou une solution fédérale. Cependant trois mesures pourraient être adoptées sans modifier les traités :

  • instaurer une zone bancaire unique pour européaniser la supervision et rompre le lien entre dettes nationales et les pertes des banques ;
  • convertir la part des dettes nationales compatibles avec les critères de Maastricht (60% du PIB) au moyen d’une action du FESF-MSE et de la BCE,
  • mettre sur pied un programme de relance européen financé par la Banque européenne d’investissement et le Fonds européen d’investissement. Ces mesures reviennent à européaniser trois sphères : la supervision bancaire, la gestion des dettes souveraines et la canalisation de l’épargne européenne et mondiale. Sur le plan politique, elles proposent une européanisation décentralisée et non le passage à une fédération autoritaire tout en s’appuyant sur les institutions déjà en place.

La Modeste Proposition complète en français : Document PDF

https://www.okeanews.fr/wp-content/uploads/2012/06/modest_proposal_30_final.pdf