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Tsou ! La minute culturelle du dimanche

27 mai 2012

Culture Grèce

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Tsou ? Késako ?

Minute culturelle oblige, il me fallait partager le "Tsou". Mais qu'est ce que le "Tsou" ?

Petite histoire vécue pour expliquer le "concept". En grec, on dit oui avec "nai" (prononcer "nè") et non avec "oxi" (pour la prononciation par contre, le "χ" étant un son particulier, je vous invite à aller voir les méthodes de langue de grec moderne).

Fier d'avoir appris mes premiers mots essentiels de grec, savoir répondre "oui" ou "non", en plus des bonjour-bonsoir-merci, à des questions grecques que je n'aurai de toute façon pas compris (la logique de l'apprentissage des langues, parfois...), je m'attendais à pouvoir communiquer facilement. Je m'attendais aussi à ce que l'on me réponde "nai" ou "oxi".

Mais mon premier constat  fut de me rendre compte que les grecs disent parfois "merci", en français, en roulant les "r" (l'équivalent du "r", le "ρ", se "roule"). Découverte intéressante de la langue grecque qui, si elle est une des 2 bases de notre langage, a aussi puisé dans la langue française : garaz (le son "ge" n'existant pas en grec), pedicure, manicure (et non manucure, le "υ" grec se pronconçant "i"), et toute une diversité de mots issus du français.

J'étais donc rassuré, mon livre de "comment communiquer dans la vie courante sans peine en Grèce" en poche. Sauf que finalement, l'anglais reste parlé partout et les sourires amusés des grecs voyant mes efforts et me répondant en anglais ou en français m'ont convaincu de poursuivre en anglais et de prévoir l'apprentissage réel de la langue grecque à l'université.

Ma première minute culturelle grecque fut de comprendre la Moutza et de la partager sur ce site. Facile à comprendre car très visuelle et souvent accompagnée d'invectives verbales. Mais il m'a fallut plus de temps pour assimiler "Tsou". Je me souviens de ce jour encore, lors de la semaine caniculaire de l'été 2010 qui m'a fait fortement apprécier la climatisation du métro d'Athènes. Arrivé chez un ami, une discussion s'engage sur l'avenir de la Grèce avec les mesures d'austérité imposées (déjà...). Il me disait déjà qu'à ce rythme "La Grèce est morte et en a pour 20 ans". Je lui rétorque : "Tu blagues ?". Il ne me répond pas. Enfin, pour être exact, aucun son n'est sorti de sa bouche. Il m'avait fait découvrir sans le savoir le premier "Tsou". Pensant avoir été indélicat, je n'insiste pas.

Ce n'est que plus tard (bien plus tard) que j'ai compris ce "Tsou". Lors d'une soiré, je me rend compte d'un geste d'un autre ami qui lève légèrement la tête vers le haut en prononçant une sorte de "t" suite à une question. Je lui repose la même question et la réponse fuse : "Οχι ρε μαλακα !" (difficile à traduire sans avoir évoqué la minute culturelle d'une autre expression, nous y reviendrons prochainement). Sa réponse fut suivie d'un éclat de rire général. Et là, mes amis m'ont enfin expliqué ce "Tsou".

Ce geste est en fait, comme en Turquie, un "non" visuel et sonore : on relève un peu la tête en émettant (ou  non) une sorte de "t" inspiré. C'est à ce moment que j'ai pris conscience du ridicule de ma situation : on m'avait déjà dit "non" à de nombreuses reprises ! J'ai donc appris le "Tsou" et après quelques jours, mes amis m'ont assuré que je le maîtrisais à la perfection. Ouf !

Bref, maintenant j'utilise "Tsou" : et vous ?