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"Ce n'est pas un suicide, c'est un meurtre" : quand l'austérité tue

4 avril 2012

Politique Société Athènes gaz lacrymogènes Grèce junte manifestation MAT police suicide Syntagma violence

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L'austérité tue

L'austérité tue (via @teacherdude)

Après le suicide de Dimitris Christoulas  place Syntagma, ce mercredi à 9h du matin, la population avait décidé, via twitter et facebook, de se retrouver ce soir place Syntagma pour manifester pacifiquement contre les effets de l'austérité. Le taux de suicide en Grèce a explosé de 22% depuis le début de la crise, même si certains commentateurs - que je ne citerai pas - précisent que ce taux reste "inférieur à d'autres pays, dont la France". Pas de problème donc, c'est mieux que chez nous. Effarant. Révoltant. Mais passons, car encore une fois, la palme revient à la police grecque.

Dans la journée, des fleurs et des bougies avaient été déposées près de l'endroit ou le drame s'est produit. Beaucoup de personnes avaient fait le déplacement pour se retrouver dans ce moment de tristesse mais aussi de colère. Mais encore une fois, la MAT en avait décidé autrement. Car la MAT (CRS grecs) n'a aucune compassion. Certes, il y a bien eu quelques jets d'oranges amères et de pierres envers les forces de l'ordre quand elles sont sorties pour protéger les entrées du parlement. Il y a bien eu l'application du cours de grec sur l’insurrection sociale car la MAT est réputée pour ne connaitre aucune limite dans la bastonnade : hommes, femmes, enfants, vieillards, handicapés. Aucune limite. Aucune pitié non plus.

Et même ce soir, après un drame qui est directement issu des cures d'austérité (le message laissé par Dimitris Christoulas ne laisse planer aucun doute), la paix n'est pas possible. Rena Maniou, une journaliste licenciée de ANT1 TV, a été frappée à la tête par un officier de police et a été transportée à l'hôpital. Un homme et ses fille ont été arrêtés : au total, 10 arrestations. Des gaz lacrymos et des coups de matraques ont encore été utilisés massivement ce soir. Mais comme d'habitude, les médias n'en parleront pas. Alors twitter et facebook prennent le relais.

Deux manifestants frappés par la "police" :

L'ambiance à Syntagma :

Une jeune journaliste, frappée par la police à la tête, se faisant soigner :

dimosiografos traumatias par atithaso

Ce n'étais pas un suicide, c'était un meurtre

"Ce n'est pas un suicide, c'est un meurtre"

L'austérité est bien en place en Grèce. Et elle tue.