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Un défaut sans sortir de l'euro, c'est possible !

14 février 2012

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Louka Katseli

Louka Katseli

Un défaut sans sortir de l'euro, c'est possible ? C'est en tout cas ce que démontre Louka Katseli.

Le site To Kouti tis Pandoras (la boite de pandore), révèle que Louka Katseli a présenté avant hier 2 lettres au parlement :

  1. La première revient sur un document de la BCE qui contredit la version "officielle" répétée à maintes reprises par le gouvernement Grec et l'ensemble des gouvernements Européens sur la sortie de l'euro en cas de défaut grec. Le document de la BCE serait catégorique : il n'y a aucun statut légal pour un tel scénario. Il semble donc que rien ne prévoit une sortie de la zone euro pour un pays en passe de faire défaut ;
  2. La deuxième lettre concerne l'analyse de Louka Katseli sur le mordorandum signé dimanche dernier. Elle a annoncé que suivant ses calculs, cela engendrerait une récession de 7 à 8% en Grèce. Elle avait d'ailleurs déjà prévenu l'année dernière en annonçant une récession de 4.5%, et avait été reçue froidement par le ministre de l'économie qui avait contredit ses chiffres et parlé de 2.5%. L'histoire montre que Louka Katseli avait bien raison.

Louka Katseli, économiste de formation (Princeton), professeur d'économie à l'université d'Athènes depuis 1987, membre du comité des sages de l'union européenne, a précisé vendredi dernier :

"La mise en œuvre de ces mesures conduira à notre incapacité à rembourser nos dettes dans un proche avenir. (...) La possibilité d'expulser la Grèce de la zone euro sans sa volonté est un mythe, ce cas n'a pas de base juridique et cela a été récemment confirmée par la BCE".

Car si le défaut grec aurait un impact majeur sur l'économie européenne (voire mondiale), par chute des banques gavées de créances pourries, on peut -doit- se poser la question de l'intérêt de poursuivre des mesures d'austérité qui n'aboutiront qu'à une poursuite de l’appauvrissement de la Grèce et de sa population. Le mordorandum ne résout rien, il retarde peut-être l'échéance. Les grecs ont compris depuis longtemps que le but inavoué de la manœuvre consisterait à s'offrir à bas coût les ressources d'une nation (voire les privatisations prévues dans le cadre du mordorandum). Le gouvernement a régulièrement tenté d'imposer l'idée qu'un défaut impose un retour automatique à la Drachme. Cela ressemble fort à une propagande pour forcer les grecs à penser au pire, c'est à dire : "si nous n'acceptons pas les mesures d'austérité, nous retournons à la drachme et le résultat sera  pire". Voir ce billet sur Theodoros Pangalos et sa vision de ses concitoyens.

Cela participe encore à la stratégie du choc : forcer la pensée citoyenne à accepter des mesures qui ne peuvent aboutir qu'à une catastrophe. Appliquer cette méthode et renouveler l'opération dans d'autres pays en souffrance .  Mais il semble bien que les centaines de milliers de grecs - les chiffres grecs officiels, 80 000 sont bien en deçà de la réalité - qui ont participé aux manifestations (témoignages à venir plus tard dans la journée) ne sont plus dupes désormais !