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Le jour du Non en Grece

28 octobre 2011

Economie Les indispensables Société crise Grèce manifestation

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Le jour du "Non". En plein seconde guerre mondiale, la Grèce entre en dans le conflit en refusant l'occupation Italienne. Mussolini, se pensant supérieur, ne demandera pas l'aide de l'Allemagne et devra subir une défaite cuisante, son armée se voyant obligée de battre en retraite en Albanie.

Depuis ce jour et en souvenir de ces années effroyables de lutte contre l'oppresseur, la Grèce se pare de ses plus beaux atouts et défile dans les rues de Salonnique devant le président Grec (Athènes ayant le défilé du 25 mars en souvenir de l'indépendance vis à vis de la Turquie) et partout en grèce pour fêter le « NON » (ΟΧΙ). Le président de la Grèce, chaque année, y prononce un discours. La fanfare, les élèves, les étudiants, l'armée : c'est l'occasion pour tout le monde de défiler.

2011. Ce 28 octobre, quelque chose à changé. Un lien s'est brisé. Les traditions, respectées, ont subies des changements impersceptibles pour les non-grecs. Des manifestants ont décidé de faire de cette journée la journée du « Non » (Οχι) contre l'occupation actuelle de la troika. Des manifestants où … la Grèce entière ? Petit tour d'horizon d'une journée qui fera date.

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Photo du 28/10/2011 - Merci à TeacherDude pour cette photo

La tradition du cortège, lors d'une parade, est de regarder la tribune où sont présents les officiels et élus. Pour la première fois, en cette année 2011, les personnes présentes dans les cortèges ont, pendant la marche, détourné leurs têtes pour regarder la population plutot que les élus. Pour la première fois, des personnes des fanfares ont porté un brassard noir, signe de deuil familial. Un signe de deuil national ?

Aujourd'hui, le « NON »(OXI) grec est une preuve supplémentaire de l'exaspération d'un peuple entier. Athènes, Salonique, Patra, Tripoli, Kalamata, Erakion et beaucoup d'autres villes, villages ou îles ont vu la population forcer les officiels à quitter les lieux. A salonique le cortège militaire a été stoppé net par la population. Salonique toujours, le président, qui a lutté contre l'axe à 15 ans, n'a pas pu prendre la parole en public : il a du quitter les lieux sous forte escorte policière. Fait historique. Un symbole ?

A Syros, la municipalité avait interdit les cortèges par craintes de débordements. La population a pris en charge l'organisation, sans les officiels, pour poursuivre la fête nationale :

A Athènes, Syntagma, les étudiants qui paradaient ont brandis un brassard noir en détournant la tête. La fanfare avait placé des brassards noirs sur les instruments.

Toutes les villes de Grèce, aujourd'hui, se sont rebellées et ont décidé de dire Non (Οχι). Papandréou a précisé : - "c'est un scandale et tous les grecs partagent ce sentiment". Personne n'est dupe, désormais : ce n'est pas l'annonce d'un haircut qui va changer la gronde. Le président Grec s'est plaint de l'accueil, a senti un manque de respect de son peuple. Cette journée historique lui permettra peut-être d'ouvrir les yeux et de lui parler, enfin ?

Car aujourd'hui, le Non est "Le Non au Oui du gouvernement".