Articles pour le tag : "violences"

La liberté de la presse est en plein effon­dre­ment en Grèce, ce n’est pas nou­veau. Plus grave, les vio­lences des forces de l’ordre, envers les photo-reporters notam­ment, se sont mul­ti­pliées depuis que la crise a poussé la popu­la­tion a mani­fes­ter régu­liè­re­ment (lire ou relire notre repor­tage sur la confé­rence de presse des photo-reporters et jour­na­listes). Encore plus grave, «  l’Aube Dorée serait sur le point d’accéder au rang des pré­da­teurs de la liberté de l’information  » selon repor­ters Sans Frontière qui publie aujourd’hui un communiqué.

« Je crois que les chiens ont plus de chance que nous ici à Patras. J’ai été tabassé et j’ai vu d’autres per­sonnes être tabas­sées par la police et les ‘commandos’1. Pouvez-vous me dire pour­quoi ils nous traitent comme-ça ? J’ai tou­jours peur. J’ai peur de me réveiller. J’ai peur d’aller aux pou­belles cher­cher de la nour­ri­ture. J’ai peur d’aller en ville. »

Amnesty International était en confé­rence de presse aujourd’hui à Athènes concer­nant son der­nier rap­port sur les vio­lences poli­cières en Grèce. Ce rap­port est dis­po­nible en fin d’article.

Ce rap­port est le deuxième en 10 ans concer­nant les bru­ta­li­tés de la police grecque. Après avoir indi­qué l’importance de ce rap­port, les jour­na­listes pré­sents ont indi­qué être eux aussi les vic­times de ces vio­lences. Amnesty International a rap­pelé que le contenu du rap­port ne dit rien de plus que le pré­cé­dent d’il y a 10 ans. L’association observe que rien n’a été fait par les gou­ver­ne­ments pour chan­ger ces attitudes :

- « Le rap­port ne concerne pas seule­ment les pré­oc­cu­pa­tions d’Amnesty International sur la bru­ta­lité poli­cière, il est aussi un constat de l’échec de l’Etat pour y faire face. »

« Et là, le nuage de fumée est arrivé. Impossible de res­pi­rer. Toutes les issues de la place étaient bou­clées. Seule fuite pos­sible : le métro, qui, déjà, ras­sem­blait beau­coup de monde. Ils nous ont envoyé des gaz dans le métro ! J’ai vu une per­sonne agée s’évanouir. Un homme en sang.

Mais rien n’a été expli­qué dans les médias ! Ils nous ont déclaré la guerre !”.

« C’était il y a une ving­taine de jours, vers 17h envi­ron. J’essayais d’entrer dans le port. Je me cachais der­rière un camion. Deux ‘commandos’1 m’ont trouvé. Un des deux a pointé son pis­to­let sur moi et m’a demandé de sor­tir et de m’asseoir. J’ai suivi ses ordres. J’étais tout seul. Alors que j’étais assis par terre, il m’a demandé d’enlever mes chaus­sures et de lui don­ner mon télé­phone por­table. J’ai fait tout ce qu’il m’a dit de faire. Puis il a com­mencé à me frap­per alors que j’étais en posi­tion assise. Il m’insultait. Il m’a relevé et m’a crié ‘Mesa !’ (dedans !). J’avais peur mais je sen­tais que je n’avais pas d’autre choix que de sau­ter à l’eau. Je suis sorti seule­ment quand on m’a demandé de sor­tir. Il se tenait à envi­ron trois mètres de moi. Il poin­tait son pis­to­let sur moi et il l’a chargé. J’ai entendu le son. J’étais ter­ri­fié. J’ai cru qu’il allait me tuer. Puis j’ai com­pris que je devais par­tir. J’ai com­mencé à cou­rir, trempé et pieds nus. »

« Ca fait six mois que je suis ici Patras. Où qu’on aille, on risque de se faire atta­quer par la police. Ils m’ont tabassé tel­le­ment de fois dans les rues. Parfois, les ‘com­man­dos’ couvrent leur visage avec un masque inté­gral pour qu’on ne puisse pas les recon­naître. Dans le port, ils nous frappent tou­jours dans un endroit caché, pas devant d’autres per­sonnes (les tou­ristes par exemple). Ils nous donnent des coups de poing, des coups de pied, nous frappent avec des bâtons et même avec des sortes de cannes spé­ciales, qui res­semblent à des clubs de golf. »

Des témoi­gnages, nom­breux, montrent à quel point la situa­tion des réfu­giés en Grèce est dra­ma­tique (le mot est faible). OkeaNews a donc décidé de publier un témoi­gnage de réfu­giés par jour. Ces témoi­gnages sont issus d’une étude com­plète et alar­mante de ProAsyl sur la situa­tion des réfu­giés à Patras. Aujourd’hui, pre­mier témoi­gnage de Y., d’Erythrée.

Ce n’est mal­heu­reu­se­ment pas une sur­prise : les jour­nées en Grèce se suivent et se ressemblent.

Ce matin, un homme de 70 ans a mis fin à ses jours en Crète avec un fusil de chasse.

Et cette fois, 2 membres de l’Aube Tarée ont atta­qué un kiosque du KKE (parti com­mu­niste) à Athènes, sur la place d’Agia Paraskevi, accom­pa­gné d’un … pit­bull. Le maire a déclaré qu’ils ont agressé un élu avec un poing amé­ri­cain et frappé plu­sieurs per­sonnes. Il y aurait un blessé.

Des vio­lences ont eu lieu à Patras, à l’ouest de la Grèce dans le Péloponnèse. La police aurait déclaré la situa­tion « hors de contrôle ».

Il semble que 5 per­sonnes aient été bles­sés, dont un député néo-nazi de l’Aube dorée, ainsi que 2 poli­ciers. Le jour­na­liste qui a tenté de le pro­té­ger aurait lui aussi été blessé.

Plus tôt dans la jour­née, des membres du parti néo-nazi l’aube dorée sont arri­vés à Patras en bus. Patras est une ville ou la pré­sence de réfu­giés clan­des­tins est forte, car elle héberge le port grec qui fait la liai­son avec l’Italie (liai­son Patras — Ancone). Beaucoup se retrouvent coincé à Patras, dans des condi­tions de vie déplo­rables, et espèrent pou­voir rejoindre l’Italie.

Suite du live — par­tie 3 ! Après les mani­fes­ta­tions d’hier et d’avant hier et les cham­bou­le­ments dans la classe poli­tique grecque (voir dans le live), Okeanews pour­suit le suivi des évè­ne­ments en direct.
Les évè­ne­ments peuvent etre suivi via twit­ter avec le hash­tag #12fgr et chez pre­zatv qui regroupe les dif­fé­rents broad­cast ( zougl@, StopCartelTV et Skai).
Aujourd’hui est le jour du vote au par­le­ment d’un texte consé­quent, dont les dépu­tés ont pris connais­sance tardivement.

Suite du live ! Après les mani­fes­ta­tions d’hier et d’avant hier et les cham­bou­le­ments dans la classe poli­tique grecque (voir dans le live), Okeanews pour­suit le suivi des évè­ne­ments en direct.
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Aujourd’hui est le jour du vote au par­le­ment d’un texte consé­quent, dont les dépu­tés ont pris connais­sance tardivement.

Après l’acceptation du mémo­ran­dum par les lea­ders des 3 par­tis au pou­voir en Grèce (les mesures d’austérité –incroyables– sont ici), la police anti-émeute s’installe tan­dis que la popu­la­tion com­mence à se regrou­per dans dif­fé­rentes villes. Aujourd’hui et tant que la situa­tion le néces­si­tera, OkeaNews sui­vra et par­ta­gera les évè­ne­ments. Les évè­ne­ments peuvent etre suivi via twit­ter avec le hash­tag #10fgr ou #rbnews