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Manolis Glezos n’est plus à pré­sen­ter. Figure de la résis­tance grecque contre l’occupation alle­mande pen­dant la seconde Guerre Mondiale, homme poli­tique, jour­na­liste et écri­vain, il est désor­mais député du Syriza. Tout le monde se sou­vient du regard qu’il jette à un CRS pen­dant l’une des pre­mières mani­fes­ta­tions dues à la crise (voir photo ci-dessous). Celui qui avait jadis décro­ché le dra­peau nazi de l’Acropole se lance dans une nou­velle bataille: A l’occasion de la fer­me­ture anti­dé­mo­cra­tique de l’ERT, la télé­vi­sion publique grecque, il veut per­mettre au peuple grec de sor­tir du silence.

La troïka est de retour à Athènes aujourd’hui. Et elle aurait déjà quelques idées pour « amé­lio­rer » le désen­det­te­ment de l’Etat grec. Une rumeur cir­cule depuis ce matin concer­nant le pas­sage du salaire mini­mum à 450€ brut, au lieu de 580€ (depuis le pre­mier mars 2012 et le der­nier mor­do­ran­dum). Les négo­cia­tions s’annoncent ten­dues entre la troïka et le nou­veau gou­ver­ne­ment. La troïka est de retour. Jour « idéal » pour se rap­pe­ler cette chan­son de résis­tance. Jour « idéal » pour se remé­mo­rer un texte sym­bo­lique. Car la troïka est entrée dans Athènes. L’ennemi est de retour.

En hom­mage à la résis­tance du peuple grec. Ce soir, mer­credi 13 juin à par­tir de 21h (heure fran­çaise), connectez-vous sur le site de Mediapart pour mon­trer votre sou­tien envers la Grèce et pour pro­fi­ter d’une repré­sen­ta­tion unique qu’Angélique Ionatos don­nera au Théâtre de Paris. Nous sommes tous soli­daires du peuple grec. Nous sommes tous soli­daires de leur résistance.

Nous sommes tous grecs !

Débat avec des mili­tants syn­di­caux et asso­cia­tifs venus de Grèce,
animé par Yiorgos Vassalos (Initiative de Solidarité à la Grèce qui résiste)
En pré­sence de la co-réalisatrice Katerina Kitidi
[tra­duc­tion simul­ta­née fran­çais — anglais]

Réalisé en quelques semaines avec un bud­get mili­tant, à la fois per­cu­tant et bien docu­menté, Debtocracy retrace l’histoire de la dette grecque et montre com­ment les élites uti­lisent celle-ci pour s’attaquer aux conquêtes sociales. Comparant la situa­tion de la Grèce aux cas de l’Équateur et de l’Argentine au début des années 2000, les auteurs indiquent quelques-uns des moyens dont nous dis­po­sons pour ne pas payer cette dette.

(…)Et l’augmentation de la pau­vreté a pro­vo­qué une autre soli­da­rité. Le mou­ve­ment Boroumé (« Nous pou­vons »), par­tie de l’idée simple que le pain jeté en fin de jour­née par les res­tau­rants pour­rait ser­vir aux plus faibles est éga­le­ment en train de faire des émules. Né en mai 2011 et en plein déve­lop­pe­ment, ce mou­ve­ment pro­pose de faire le lien entre les res­tau­rants, bou­lan­ge­ries hôtels et autres enseignes et les asso­cia­tions qui dis­tri­buent de la nour­ri­ture. L’idée est simple : per­mettre de redis­tri­buer les inven­dus gra­tui­te­ment. Quand on sait qu’une bou­lan­ge­rie peut avoir 30kg de pains d’invendus par jour, le poten­tiel est énorme !

Manolis Glezos fait par­tie, même s’il s’en défend, de ces héros d’hier et d’aujourd’hui. Véritable icône de la résis­tance, il lutte tou­jours, aux côtés de son ami Mikis Theodorakis. J’ai une admi­ra­tion totale envers ces résis­tants qui, de la seconde guerre mon­diale à la junte d’hier et d’aujourd’hui, ont tou­jours lutté contre l’oppression, qu’elle soit phy­sique et mili­taire, ou invi­sible et finan­cière. Ce papier paru dans Le monde du 29 février 2012 revient sur un monu­ment, bien vivant, mali­cieux, résis­tant de la pre­mière heure. Un homme que cha­cun devrait écou­ter, admi­rer. Un modèle !

Le Carnaval de Patras bat son plein. Merkel, Sarkozy, Papandréou et le gou­ver­ne­ment sont les rois de la fête et de la déri­sion. C’est le moment où l’on peut « dire fran­che­ment tout ce que l’on pense ». Sans limites. La viru­lence des cari­ca­tures témoignent de la déses­pé­rance des Grecs. La tri­bune offi­cielle du défilé, elle, était qua­si­ment vide: les per­son­na­li­tés poli­tiques grecques et les repré­sen­tants des ambas­sades étran­gères n’ont pas osé venir, sans doute par peur d’être « enyaour­tés » ou « ento­ma­tés ». Mais leurs ava­tars ont, eux, défilé. L’ancien pre­mier ministre socia­liste Andréas Papandréou en caniche d’Angela Merkel, le nou­veau pre­mier ministre tech­no­crate Loukas Papadimos en Arlequin, la ministre de l’éducation en pho­to­co­pieuse (allu­sion au fait que, faute de moyens, les élèves n’ont pas reçu de livres cette entrée sco­laire), Strauss Kahn en cochon ama­teur de truffes, et bien d’autres encore…

Est-ce que la des­truc­tion d’Athènes était prévu? Y a-t-il un dan­ger d’explosion sociale?
Mikis Theodorakis : C’était basé sur un plan visant à effrayer les gens. S’il n’y avait pas eu les gaz, la police anti-émeute et ce déchaî­ne­ment de vio­lence , un mil­lion de per­sonnes auraient entouré le par­le­ment. Les per­sonnes en cagoules, main dans la main avec la police anti-émeute, nous bat­taient. Puis vous avez eu des gangs, des voleurs et des racailles, qui tirent pro­fit du pillage et des incen­dies. Vous obte­nez une situa­tion cau­che­mar­desque, où la vérité — des cen­taines de mil­liers de mani­fes­tants paci­fiques — est cachée sous un nuage de gaz et de fumée. Ce que conte­nait la colère, le dégoût et la rage est ce qui effraie les pou­voirs en place, qui tentent de le repous­ser par tous les moyens, prin­ci­pa­le­ment par la des­truc­tion. Ainsi, la seule par­tie res­pon­sable de l’enfer d’aujourd’hui est le lea­der­ship poli­tique. Le gouvernement !

« Mikis Theodorakis, célèbre com­po­si­teur grec de la danse de Zorba, et Glezos Manolis, com­bat­tant de la résis­tance contre le vété­ran de l’occupation nazie, ont lancé un appel pour un front euro­péen pour défendre le peuple de la Grèce et faire face aux cures d’austérité. Nous [The Guardian] avons décidé de sou­te­nir cet appel et de tra­vailler avec les syn­di­cats et les par­tis à tra­vers l’Europe afin d’établir une cam­pagne euro­péenne de soli­da­rité pour défendre le peuple de la Grèce. Nous allons orga­ni­ser la soli­da­rité et éle­ver un sou­tien pra­tique pour les gens de la Grèce; ils ne peuvent pas être obli­gés de payer pour une crise dont ils ne sont pas responsables. »

Le mor­do­ran­dum est passé. 199 dépu­tés ont dit « Nai se ola » — oui pour tout — cette nuit. Les dépu­tés des 2 par­tis majo­ri­taires (PASOK et ND) ayant voté « non » ont été exclus de leurs par­tis res­pec­tifs. Athènes était en feu toute la soi­rée. Des bâti­ments incen­diés. Des dizaines de bles­sés. Des mor­ceaux de marcbre jonchent encore les rues ce matin et il semble que l’air soit com­plè­te­ment irres­pi­rable : les odeurs de gaz lacry­mo­gène se mêlent à celles des restes de feu. Bienvenue dans le fabu­leux monde du Mordorandum.

« Je veux les regar­der droit dans les yeux, avant qu’ils votent pour les mesures d’austérité » a déclaré le célèbre com­po­si­teur Mikis Theodorakisaux aux jour­na­listes avant d’entrer dans le par­le­ment grec. « Ils se pré­parent à voter pour la mort de la Grèce » a-t-il sou­li­gné. Mikis Theodorakis, 85 ans, et Manolis Glezos, 89 ans, avait appelé les gens à mani­fes­ter devant le Parlement ce dimanche.

Loukanikos est notre ami, notre gar­dien, notre com­pa­gnon de lutte. Telle est une manière de pré­sen­ter celui, qui, pour le Time’s, est la per­son­na­lité de 2011. Rien d’étonnant à cela, pourrait-on dire. Car lou­ka­ni­kos nous parait beau­coup plus huma­niste que plé­tore de nos com­pa­triotes (nos diri­geants, prin­ci­pa­le­ment). Car Loukanikos est écolo, com­ba­tif, résis­tant, se contre-fiche des médias : en un mot, in-di-gné !