Vous vous souvenez d” »Alex, the lazy, cheating greek bastard » ? Le Projet Omikron propose son 2 ème épisode sous titré en français : « Alex, le grec paresseux ». Cette vidéo revient sur le mythe de la paresse grecque. Car les chiffres d’Eurostat le montrent : en Grèce, on travaille plus, plus longtemps, avec moins de vacances et on est … moins bien payé.
Mythe
Le « manuel » de calcul de l’impôt grec vient de sortir en Grèce. 53 pages qui reviennent en détail sur la manière dont les grecs seront taxés cette année. Début d’une série comparative sur les impôts en Grèce et en France. Premier épisode : les impôts sur le revenu.
Envoyé Spécial a diffusé fin décembre 2012 un reportage sur les privatisations en Grèce, réalisé par Alexia Kefalas et Michel Tardy, sous le titre “Grèce : la grande braderie”. Ce reportage est truffé d’inexactitudes et d’omissions, et, ce qui est plus grave, une des personnes interviewées nie le rôle que le reportage lui fait jouer. Le résultat de ce document est une image totalement faussée des privatisations en cours en Grèce. Analyse de l’exemple même à ne pas suivre.
Alexia Kefalas « révèle » dans cet article du Figaro que « la Grèce aurait triché sur ses fonctionnaires ». Enfumage ?
La « preuve » : 2 rapports de la troïka « selon lesquels la Grèce aurait violé les accords signés avec ses créanciers publics en 2010–2011 en embauchant 70.000 fonctionnaires et 12.000 personnes dans des collectivités locales, alors que le gouvernement socialiste du Pasok s’était engagé à en licencier plusieurs milliers pour honorer ses engagements vis-à-vis de Bruxelles. »
Plus pernicieux, l’Etat grec considérant qu’un célibataire a besoin de 3000€ minimum pour vivre par an, il considère donc que chaque citoyen a au moins 3000€ de revenu annuel (j’invite chacun à se représenter ce postulat). L’Etat table donc sur des preuves d’achat minimum de 25% de 3000€, soit 750€ de tickets de caisse à produire au minimum. Et si vous ne pouvez pas produire ces preuves (sans revenu, sans domicile, comme plus de 20 000 Athéniens depuis le début de la crise) mais que vous voulez déclarer vos impôts, vous devez payer l’amende de 10% des 750€, soit 75€, avec une avance de 55%, soit 41.25€. Sdf sans revenu, vous devez passer à la caisse.
Depuis les résultats des dernières élections en Grèce et l’impossibilité de former un gouvernement, TINA revient en force. TINA : « There Is No Alternative » — « Il n’y a pas d’autre alternative », « Si les grecs votent mal, ils sortiront de la zone euro, et … ».
Retour sur quelques sorties commentées.
Non, les Grecs ne passent pas leur temps à glander. Tous les Français n’ont pas un béret et une baguette sous le bras. Et les dessinateurs n’ont pas tous du talent. Connaissez-vous les Grecs ? Moi qui depuis trente ans les fréquente et les traduis, je peux vous l’assurer, et une étude publiée dans Le Monde le confirme : ils ne bossent pas moins que les Allemands. Ou que les Français. Ou qu’un dessinateur fort bien payé, sûrement, pour pondre son dessin du jour en un quart d’heure. Ils bossent dans des conditions souvent plus difficiles que nous, ou s’ils ne bossent pas, c’est qu’ils passent leur temps à chercher du boulot en vain. Les Grecs, voyez-vous, sont très attentifs au regard de l’étranger, surtout dans le creux de la vague où ils se trouvent. Le moindre signe de compréhension, d’encouragement, est précieux pour eux, accablés qu’ils sont du mépris glacé des puissants. Votre petit crobard, de ce point de vue, est d’une cruauté aussi gratuite qu’imbécile.
L’article du Guardian de vendredi dernier fait jaser en Grèce, et pour cause : Christine Lagarde (ce n’est pas nouveau), fait encore une de ces sorties emplies d’une « délicatesse » certaine. Je reprends donc le billet de mon ami Olivier Berruyer pour partager les propos de celle qui dirige une organisation sensée « protéger les faibles des forts ». Cet article de plus, casse le mythe de ces grecs « qui ne paieraient pas d’impôts ».
Sur twitter, un hashtag est utilisé pour commenter ces évènements : #lagarde_guardian. Et ce hashtag est très actif ! Etonnant ?
Panique ou pas panique bancaire ? « Bank run » ou non ? Les Grecs se jettent-ils sur les distributeurs pour retirer toutes leurs économies ? Achètent-ils des coffres-forts par paquets de cent ? L’éconaute a mené l’enquête, baskets au pied.
(…)
Alors, panique ou pas ? Le mieux est de poser la question aux Grecs qui suivent de près l’actualité, comme Okeanews par exemple (déjà rencontré dans cette chronique). De retour à Athènes depuis le début du mois, il a lui aussi testé les guichets à l’annonce des gros chiffres de retraits. Mais pas de queue, pas de foule, pas de panique. Une de ses amies, très active sur le web, a même été contactée par la BBC pour prendre des photos des distributeurs pris d’assaut : « Elle m’a dit en avoir fait 7, avoir retiré 50 euros à chaque fois, et à chaque fois elle était seule. Au final elle a replacé l’argent sur son compte. » Pour lui, ça ne fait aucun pli : « Le Président Papoulias a voulu mettre la pression aux chefs des partis politiques en disant attention les gars, les banques sont très mal, j’ai eu le gouverneur et il est très inquiet, revenez à la raison, faites donc une coalition gouvernementale ça fera plaisir à l’Europe. A mon avis c’est de l’intox de plus. Pour preuve, le démenti de la Banque sur un soi-disant gel des retraits bancaires. » Un gel des retraits ? En effet, et le JT de France 2 se concluait ainsi : des rumeurs circulaient sur la mise en place d’une limitation des retraits. Le journaliste avançant même le chiffre de 1000 euros par mois et par personne.
Voici le premier mythe : Cette crise vient de Grèce. Ce n’est pas le cas. Elle n’est que l’inévitable retombée de la crise mondiale qui a débuté en 2008.
Y a-t-il des caractéristiques de l’économie grecque qui l’a rendu particulièrement vulnérable? Oui — il y a une corruption rampante, une mauvaise gestion, des problèmes systémiques, un marché noir. Tout cela a été explorée ad nauseam. Il y a d’autres facteurs, aussi, rarement mentionnés. La crise est survenue à un moment particulièrement mauvais pour la Grèce — quatre ans après que cette petite économie soit surchargée pour mettre en place les Jeux Olympiques géant et prouver au monde qu’elle avait «réussi». Lorsque la crise est arrivée, le pays ne disposait pas des mécanismes monétaires et budgétaires pour y faire face, en raison de son appartenance à la monnaie unique.
Tous ceux qui ont vécu à l’étranger et en Grèce, sont stupéfaits lorsqu’ils vont dans un supermarché grec. Les produits des multinationales sont vendus ici au double du prix. Un consommateur grec paie au moins 2,50 euros de plus pour un shampooing de la marque X-, 2 euros de plus pour un tube de dentifrice. Récemment, j’ai été moi-même été choqué d’avoir à payer 8,90 euros pour une laque de marque pour les cheveux . Pas le moins cher, pas le plus cher. Qualité moyenne et le prix d’un … très bon produit. Les détergents sont un autre exemple de prix élevés. J’ai vu une marque de poudre pour machine à laver vendue à 29 euros (70 mesures). Sans oublier les bouteilles de 500 ml de gelée verte pour laver la vaisselle: 1,45€ jusqu’à la semaine dernière. Maintenant son prix est à € 1,52.
Grèce et France, comparaison du barème fiscal 2012. Résultat : quelque soit le niveau de salaire, le contribuable grec paiera toujours plus que le contribuable français. Et il paiera plus tôt. En regardant un peu plus dans le détail, on peut voir que le contribuable grec paye au moins autant que le contribuable français de la tranche suivante (un grec qui gagne 20 000€ par an paye plus d’impôts qu’un français qui gagne 25 000€, et cela s’applique quelque soit le niveau de salaire).
Concernant le taux d’imposition, la différence est encore plus frappante : 5% dès 10 000€ de salaire annuel pour la Grèce. Encore une fois, le taux d’imposition, pour les classes défavorisées est bien supérieur à celui de la France. Et en regardant les classes moyennes et le début de la classe aisée, la différence est encore plus importante : taux minimal à 20% dès 35000€ pour la Grèce alors qu’il faut attendre un salaire annuel de 60 000€ en France pour atteindre ce taux. Paradis fiscal la Grèce ?
Donc, de là à dire que le ratio va baisser fortement… (surtout bien malin qui peut dire quand la Grèce sortira de la Dépression avec la potion d’austérité délirante qu’on lui fait avaler) Même le FMI note que le ratio va monter dans les 2 années qui suivront… C’est ce qui m’inquiète : on voit le tour de passe-passe qui a consisté à remplacer des prêteurs privés par des États, et donc à transférer le risque de défaut. Soulignons en fait qu’on a surtout déplacé le risque d’un défaut grec pesant sur des investisseurs privés vers un défaut italien (par exemple) pesant sur les prêteurs de l’Italie – le contribuable ne paiera jamais de telles sommes… Mais le souci est ce qui va se passer le jour où la Grèce ira dire à l’Allemagne et à la France qu’elle ne pourra pas les rembourser. Comment cela sera-t-il géré politiquement, quelles conséquences pour l’Eurozone ?
Entre 2000 et 2010, la Grèce a, en effet, dépensé plus que ce qu’elle a produit. Malheureusement, les grandes multinationales ont profité de cela pour faire un profit facile sur le dos de la population «paresseuse» et «inutile». Beaucoup de ces entreprises ont profité de la situation misérable de l’Etat grec et ont enfreint la loi pendant de nombreuses années, en empochant la plupart des millions d’euros que l’on nous accuse de gaspiller aujourd’hui.
Ils ont gagné cet argent en vendant leurs produits à des prix extrêmement élevés, profitant de leur position dominante sur le marché grec ou de la chance d’imposer des conditions illégales dans leurs accords avec les Grecs «paresseux» et «inutiles». Ils ont fait ces bénéfices parce que certains politiciens corrompus grecs ont fait en sorte qu’ils s’en tirent avec des amendes minimales. Ces multinationales ont anéanti leurs concurrents grecs en utilisant des méthodes illégales, sous la protection des gouvernements grecs pendant des années. Notre compétitivité a donc touché terre.
Un défaut sans sortir de l’euro, c’est possible !
Louka Katseli : « La mise en œuvre de ces mesures conduira à notre incapacité à servir nos dettes dans un proche avenir. (…) La possibilité d’expulser la Grèce de la zone euro sans sa volonté est un mythe, ce cas n’a pas de base juridique et cela a été récemment confirmée par la BCE ».
Les 10 mythes sur la Grèce et la crise
Aujourd’hui, traduction [libre et sans doute criticable] d’un article de Nick Malkoutzis sur les 10 mythes de la Grèce et de la crise. L’idée générale de cet article est de remettre en cause — en chiffres et analyses — ces mythes qui ont permis à toute l’Europe de pointer le doigt sur le mauvais élève –supposé–…
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