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SIDA et répression : abrogation de la loi 39A en Grèce

21 avril 2015

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La loi qui permettait aux autorités de forcer des citoyens à un test de dépistage du VIH a été retirée. Cette loi fut à l’origine d’une véritable chasse aux sorcières contre des femmes séropositives qui avaient été emprisonnées plusieurs mois sur la simple accusation d’avoir le SIDA.


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Le métier d'Andreas Loverdos

Le métier d'Andreas Loverdos, ministre de la santé PASOK à l'origine de la loi 39A

Une décision ministérielle publié dans la Gazette du gouvernement le vendredi 17 Avril abroge (enfin) la restauration de la loi 39A sur la santé.

Cette loi, qui avait été mise en place par le ministre de la Santé Andreas Loverdos (PASOK), avait été abolie par la ministre de la santé Fotini Skopouli (Gauche Démocratique) en 2013 avant d'être remise en service peu après par le ministre de la santé d'Antonis Samaras, Adonis Georgiadis (ancien de l'extrême droite LAOS).

Cette mesure 39A mise en place par Andreas Loverdos a été à l'origine de centaines d'opérations de police depuis 2012 : visant principalement les toxicomanes, la loi permettait aux autorités de procéder à des tests VIH forcés sur les citoyens avec l'aide des forces de l'ordre.

Une femme séropositive vilipendée à la télévision grecque  en 2012 (le visage n'était pas flouté lors de la diffusion à la télévision)

Une femme séropositive vilipendée à la télévision grecque en 2012 (le visage n'était pas flouté lors de la diffusion à la télévision)

Plusieurs dizaines de femmes avaient été détenues après une véritable chasse aux sorcières lors de la campagne électorale de 2012. Arrêtées dans le centre d'Athènes et forcées de subir un test de dépistage du SIDA, elles avaient été emprisonnées plusieurs mois sous la seule accusation d'être séropositives.

A l'époque présentées par tous les médias comme des "prostituées étrangères séropositives voulant contaminer le bon père de famille grec", ces femmes, pour une grande majorité, étaient des toxicomanes qui n'avaient aucune connaissance de leur maladie. Les médias, à l'époque, n'avaient pas hésité à diffuser les photographies et les données personnelles de ces femmes.

Le documentaire Ruines revient sur cette chasse aux sorcières des temps modernes : l'exemple glaçant de ce que la classe politique grecque pouvait mettre en place dans le cadre d'une campagne électorale.

C'est donc une excellente nouvelle que cette loi soit à nouveau retirée.


Le documentaire Ruines (par Zoe Mavroudi) :

Source : omniatv.com