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Ce que contenait le programme refusé par Varoufakis le 16 février

23 février 2015

Economie austérité BCE Eurogroupe Ex MinFin Hardouvelis mémorandum troïka Varoufakis
Participants
Olivier Okeanos

Le contenu du programme que le Ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a refusé le lundi 16 février, lors du deuxième Eurogroupe consacré à la Grèce.


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C'est à cette sauce que le peuple grec allait être mangé si le gouvernement de Samaras avait remporté les élections. Il s’agit du fameux e-mail du précédent ministre des finances grec, Hardouvelis, datant de la fin novembre 2014, dans lequel il expose en détail les mesures envisagées en réponse aux exigences de la Troïka (en anglais). C’est cet e-mail auquel ont fait allusion Tsipras et Varoufakis en martelant que le pays ne sera plus jamais soumis à une gouvernance venue de l’étranger.

Ce mail – ou plutôt le document qui l’accompagne et détaille les mesures à venir - est disponible sur internet. Il ne s'agit pas d'un scoop ; mais il n'a pas été suffisamment commenté hors de Grèce et il gagne à être largement diffusé pour faire comprendre ce qui s'y passait sous la botte de la Troïka (Commission Européenne, Banque Centrale Européenne et Fonds Monétaire International).

Le document (cliquez sur l'image pour ouvrir le document) :

Capture d’écran 2015-02-18 à 14.43.17

Pour rappel, les nouvelles mesures décidées par la Troïka, que Samaras a préféré éviter d’appliquer lui-même en provoquant des élections dont il était certain de ne pas sortir vainqueur, prévoyaient encore 160.000 (cent soixante mille) licenciements supplémentaires dans l’administration (en commençant par la santé et l’éducation déjà bancales dans ce pays ruiné et administré depuis 4 ans par des néolibéraux), une nouvelle baisse des retraites de 10% (en sus des précédentes qui ont pu aller jusqu’à 60%), de nouvelles taxes, une hausse de la TVA sur certains produits et domaines moteurs (dont le tourisme). Des ponctions sur les salaires et de nouvelles réductions sur les « prestations sociales » (réduites à presque rien). Tout cela constituant un train de mesures propres à achever l’économie grecque déjà agonisante.

Pour la petite histoire, c’est Sotiris Rizos, le président du Conseil d’État grec (Symvoulio tis Epikratias), qui a publié ce mail intégralement avec le contenu du document, le 2 décembre 2014 sur le site du Conseil d’État, avec le commentaire suivant : « Venant du bureau du Président a été donné pour publication sur le site du Tribunal un document publié dans la presse le 2/12/2014 et qui semble être la lettre du ministre de l’Économie à la Troïka avec les nouvelles dispositions budgétaires envisagées. Il a été estimé que leur publication aiderait à l’information des juges.» [1].

Les journaux officiels se sont empressés de commenter les mesures mais le document original n’est resté accessible et téléchargeable en ligne que très peu de temps.