Les enjeux d'un partenariat Grèce-Russie, vus par Spiegel Online


Les enjeux économiques, financiers et géostratégiques d’un partenariat entre la Russie et la Grèce, vus par le portail allemand Spiegel Online.


31 janvier 2015 - 467 mots  
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Le nouveau gouverment

Le nouveau gouverment

"Le risque grec, l’opportunité russe", titre le portail allemand Spiegel Online dans un article publié samedi 31 janvier, examinant l'offre russe d’octroyer des aides financières "sans condition" à la Grèce.

Rappelant que le ministre russe des Finances, Anton Siluanov, a promis jeudi d’examiner toute demande d’aide sollicitée par le nouveau gouvernement grec, le site allemand s’interroge sur les avantages que pourraient en retirer les deux pays, et sur la viabilité d’une telle option.

"La Grèce entretient d’étroites relations commerciales avec la Russie et souffre très fortement de l’embargo commercial imposé cet été par le Kremlin sur les importations de produits agricoles issus de l’UE. Les paysans grecs exportent traditionnellement des fraises, des kiwis et des poires vers la Russie, ce qui représente près d’un quart de la production totale de fruits et légumes", écrit le Spiegel, qui souligne également l’importance du tourisme russe en Grèce : un million de vacanciers, soit le 3e groupe de visiteurs en 2013 ; mais une manne touristique menacée par la plongée du rouble ces dernier mois.

L’impact d’une guerre commerciale avec la Russie constituerait une bonne raison pour la Grèce de se tourner vers le Kremlin, analyse le journal, estimant qu’une guerre commerciale avec la Russie coûterait près de 4 % de PIB à Athènes.

Du côté de la Russie, on chercherait tout allié potentiel pour assouplir la ligne unitaire européenne, en misant notamment "sur les forces eurosceptiques en Europe méridionale et en France", et la Grèce pourrait par ailleurs servir de "pont énergétique", précise Andreas Steininger, de l’Ostinstitut de Wismar, interrogé par le site. Après l’échec l’année dernière du projet South Stream, qui devait relier l’Europe via la Bulgarie, la Russie pourrait envisager de faire passer ses gazoducs via la Turquie et la Grèce.

La Russie peut-elle se permettre financièrement d’aider la Grèce ? De l’avis de Steiniger, les sanctions européennes n’ont pas de véritable effet, si ce n’est la perte de confiance des investisseurs. Or en dépit de la chute du rouble, attisée par la baisse des cours du pétrole, les réserves de devises russes seraient cependant largement suffisantes pour octroyer un crédit de plusieurs milliards au gouvernement Tsipras, selon le spécialiste de la Russie. Pour conclure, le portail précise que même sans l’apport d’aides financières, un simple rabais sur les livraisons de gaz russe et la levée de l’embargo commercial sur les produits agricoles grecs pourraient considérablement profiter à l’économie hellénique.

Source : spiegel.de