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Nouvelle Démocratie exploite encore le drame de Charlie Hebdo

13 janvier 2015

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Le clip de campagne infâme du parti de Samaras


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Rappelons les faits. Quelques heures à peine après les assassinats de Charlie Hebdo, Antonios Samaras, premier ministre sortant (Nouvelle Démocratie) en pleine campagne électorale, saute sur l'occasion, récupère le drame sans l'ombre d'un scrupule et déclare : "A Paris, il y a eu un attentat qui a fait au moins 12 morts, et ici (en Grèce), certains accueillent, et demandent même plus d’immigrants illégaux.". Cette attaque vise le parti de gauche Syriza, en tête de tous les sondages, et qui souhaite rendre la vie moins infernale aux migrants.

Cette récupération est condamnée par une partie de la presse française, L'Express écrivant à ce sujet : "'C'est dur d'être soutenu par des cons' pourrait proclamer Charlie Hebdo en voyant certaines réactions en France et ailleurs dans le monde".

En effet, c'était déjà trop. Trop d'indécence, d'obscénité, de récupération. Bien sûr, après deux ans et demi de gouvernance Samaras, nous avons déjà eu bien des occasions de comprendre que la Nouvelle Démocratie brille nettement moins par son éthique et son respect des valeurs démocratiques que par sa propension à tendre vers l'extrême droite - dans ses propos comme dans ses actions. Mais nous n'avions pas encore tout vu.

Le 12 janvier 2015, lendemain de la marche républicaine, le parti politique de M. Samaras publie le clip suivant (sous-titré en français par Okeanews):

Et là, nous restons bouche bée. Le clip n'hésite pas à utiliser des images du rassemblement citoyen lui-même. Celui de Paris, visiblement. L'image de femmes et d'hommes descendus dans la rue pour se serrer les coudes autour de vraies valeurs - démocratie, respect, liberté d'expression, liberté tout court - est exploitée par un gouvernement qui tabasse les journalistes, menace de procès The Guardian pour avoir révélé des cas de torture dans les prisons et ferme la télévision publique ERT (liste non exhaustive).

Le but : promouvoir un propos sécuritaire outré, où il n'est question que d'armement, de police, d'armée et de prisons. Un propos de toute évidence conçu pour récupérer les voix de l'extrême droite la plus dure et la plus viscéralement anti-démocratique - cette extrême droite grecque qui caresse encore avec nostalgie le souvenir de la dictature des colonels. Un propos qui est donc la parfaite antithèse de ce que ce dimanche 11 janvier 2015 a voulu exprimer.

De quel droit un parti politique - quelle que soit la détresse électorale dans laquelle il se trouve -, ose-t-il récupérer le deuil, le recueillement, un mouvement citoyen, mon image, votre image, à des fins électoralistes ?

Qui se dévouera pour aller expliquer à M. Samaras les bases de la décence et du vivre-ensemble ?