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Tsipras présente le plan de Syriza en cas de victoire électorale

5 janvier 2015

Politique élections Grèce Syriza Tsipras

Le plan d’attaque présenté en septembre dernier à Thessalonique a été rappelé ce samedi par le leader de l’opposition, en 4 volets principaux : lutte contre la pauvreté et les effets de l’austérité, protection des ménages affaiblis, plan pour l’emploi et réformes dans les institutions et les administrations.


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Discours inaugural de la campagne électorale de Syriza, samedi 3 janvier 2015 (photo Pascal / Okeanews)

Discours inaugural de la campagne électorale de Syriza, samedi 3 janvier 2015 (photo Pascal / Okeanews)

Le 3 janvier, Alexis Tsipras, président de SYRIZA, a donné son discours inaugural de la campagne électorale. Après avoir critiqué la campagne agressive menée par la Nouvelle Démocratie du premier ministre sortant, il a esquissé la dimension européenne de la victoire prochaine de Syriza en soulignant que "le 25 janvier, l’Europe démocratique compte sur la Grèce, la majorité sociale qui s’oppose à l’austérité compte sur la Grèce".

Ainsi, a-t-il souligné, "Le changement nécessaire en Europe prendra son départ, ici, en Grèce, et notre victoire deviendra celle du peuple espagnol, la fin de cette année, avec Podemos et la Gauche Unie et, un an plus tard, celle du peuple irlandais, avec le Sinn Feinn de Gerry Adams, et, progressivement (la victoire) de plus en plus de peuples."

Alexis Tsipras a également parlé des lourdes responsabilités qui pèsent sur le système des partis pour la catastrophe que les politiques des mémorandums ont causée à la société grecque :

Les protagonistes de ce système pourri et de la crise, Nouvelle Démocratie et Pasok, partent en ayant fait couler le pays, en ayant encouragé la corruption, le clientélisme et la kleptocratie, en ayant livré les clefs du pays aux créanciers et à la troïka, parce qu’ils n’ont jamais négocié ; en laissant derrière eux près de la moitié de la population en état de pauvreté ; en ayant abandonné près du tiers des ressources humaines au chômage et près de 71% des chômeurs au chômage à long terme. Ils partent en s’étant engagé de réaliser encore plus de restrictions dans les salaires et les pensions, d’augmenter la TVA des médicaments, des denrées alimentaires, des factures de l’eau et de l’électricité.

Les propositions de Syriza

Au-delà des propositions assez « techniques »(voir ici) , Alexis Tsipras a développé le programme qui avait été présenté en septembre dernier, à Thessalonique, et qui contient de véritables réformes progressistes dont la société a besoin. Le programme comporte quatre piliers :

1. Lutte contre les effets de l'austérité :

Les mesures de lutte contre les effets catastrophiques de l'austérité incluent l'électricité gratuite et des bons d’alimentation pour au moins trois cent mille ménages, un plan logement, le 13ème mois pour les retraites inférieures à 700€, les soins médicaux gratuits, la carte-transport spéciale et la suppression de la taxe sur le gazole de chauffage.

2. Mesures immédiates pour relancer l’économie :

Ces mesures forment le deuxième pilier du programme et incluent le soutien aux PME, la constitution de comités régionaux ayant pour mission le règlement extrajudiciaire des dettes envers l’État et les caisses de sécurité sociale échelonné de sorte à ce que les paiements ne dépassent pas 30% du revenu annuel du débiteur. Les majorations ne dépasseront pas 30% du capital dû.

Il est également prévu de cesser les saisies et les poursuites pénales pour tous ceux qui engageront un règlement extrajudiciaire ; elles seront suspendues pour ceux dont il est prouvé qu’ils ne disposent d’aucun revenu.

La procédure anticonstitutionnelle et engagée d’office au titre de dettes envers l’État sera supprimée.

L’impôt-guillotine sur la propriété immobilière (qui a été installé de manière rétro-active sur plusieurs années) sera supprimée et remplacé par un impôt équitable sur la grande propriété immobilière.

Le revenu non imposable sera fixé à 12.000€ pour tous (à présent les indépendants sont imposés dès le premier euro et tout le monde est imposable des 5000€ de revenus annuels).

Le plan inclut également la création d’une Banque publique de développement ainsi que de banques spéciales pour les PME et les agriculteurs, tandis qu’il est envisagé d’appliquer un plan d’annulation des dettes concernant les prêts échus.

Syriza s’engage à ne pas permettre aux banques de toucher à la résidence principale (et souvent unique) des classes moyennes et des ouvriers.

3. Le plan national de récupération de l’emploi :

Ce plan prévoit le retour au salaire minimum de 751€ pour tous (aujourd'hui autour de 450€), la restauration des conventions collectives et de l’arbitrage, la suppression des dispositions portant sur les licenciements massifs, la réalisation du plan de création immédiate de 300.000 emplois dans le secteur privé, public et social.

4. Les réformes concernant la réforme institutionnelle et démocratique de l’administration publique :

Ces réformes impliquent des interventions visant à la reconstruction démocratique de l’État (refonte de la structure du gouvernement, fusion de ministères, abolition d’organes gouvernementaux, pour assurer une meilleure coordination et le réaménagement de la production). Il est également prévu de réengager les personnes licenciées de manière anticonstitutionnelle, de procéder à l’évaluation des fonctionnaires sur la base d’indicateurs objectifs, de réduire le contact entre administrés et administration, afin de lutter contre la corruption, et de simplifier les procédures bureaucratiques liées aux permis de construire et aux permis des magasins, etc.

Concernant les finances des partis, il y aura une réforme du cadre des prêts bancaires accordés aux partis prévoyant l’interdiction des prêts à long terme et l’interdiction de dépasser un certain pourcentage de la somme que représente le financement public des partis.

S’agissant des médias : il y aura activation immédiate des dispositions légales qui 1) autorisent la Banque de Grèce et les autorités judiciaires de mener des contrôles concernant l’origine du financement des entreprises des médias et 2) les dispositions qui sont en vigueur pour toutes les sociétés anonymes et qui prévoient qu’une entreprise qui ne réalise que des pertes ne peut pas fonctionner ad vitam aeternam sans être recapitalisée.

Un concours sera lancé sur de toutes nouvelles bases concernant les permis des médias.

Dans le domaine des marchés publics, il y aura révision du cadre juridique qui les régit, dans le respect de la législation européenne en la matière, afin de renforcer la transparence et la publicité à toutes les étapes. Les marchés en cours ou réalisés dans les cinq dernières années seront revus.

Les dispositions anticonstitutionnelles et offensantes pour la démocratie qui accordent l’immunité aux conseils d’administration du Fonds de stabilité financière et du Fonds d’exploitation du patrimoine privé de l’État (Taiped) seront supprimées. En effet « cette immunité est un aveu de culpabilité de l’establishment des mémorandums qui a sciemment lésé l’État grec. » Tous les dispositifs de contrôle seront unifiés en un corps unique qui relèvera directement du premier ministre.

Source : left.gr