"Le mouvement des pommes de terre" continue malgré l'interdiction


Malgré une loi votée en mai dernier, qui déclare illégal le mouvement « Pas d’intermédiaire », le groupe qui en est à l’origine reste imperturbable, en insistant qu’il continuera son activité : samedi prochain il distribuera ses produits à Katerini, au nord du pays.


22 octobre 2014 - 370 mots  
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Le "Mouvement de la patate" - initiative populaire qui s'est fait connaître il y a trois ans en court-circuitant les intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs - poursuivra ses activités, selon l'un de ses fondateurs.

Ilias Tsolakidis, l'un des fondateurs du groupe, a dit que celui-ci continue sa lutte et a annoncé la distribution de produits (pommes, pommes de terre et lentilles) ce samedi aux consommateurs de Katerini, au nord de la Grèce, avec l'autorisation de la municipalité, malgré la loi votée par le Parlement en mai dernier qui interdit la vente de rue dans les communes de plus de 3.000 habitants et qui proscrit de nouvelles autorisations de vente ambulante aux producteurs.

Le groupe Action volontaire, qui a lancé l'initiative en février 2012, décrit cette nouvelle législation comme étant une tentative tortueuse d'abolition du mouvement "Pas d'intermédiaire", popularisé par les média sous le nom de "Mouvement de la patate".

"En d'autres mots, un fermier ne pourra pas vendre ses produits directement au consommateur mais seulement aux négociants et aux grandes surfaces" a dit Tsolakidis à The Press Project International, ajoutant que le groupe "Action volontaire" débutera une campagne nationale pour contraindre le gouvernement à retirer sa loi.

Il ajoute qu'au lieu de réprimer les intermédiaires en limitant leurs profits, le gouvernement cherche à détruire les marchés de rue pour servir les intérêts des multinationales et des grandes chaînes de distribution.

"Pas d'intermédiaires" a débuté lorsque le groupe "Action volontaire", dans son berceau de Katerini, a incité les producteurs de pommes de terre à vendre leurs produits directement aux consommateurs, par solidarité - alors que la Grèce faisait déjà face à un chômage record et que son économie sombrait à un niveau alarmant.

L'idée de court-circuiter supermarchés et épiceries a jailli et s'est répandue comme un incendie à travers le pays. Les prix se sont effondrés et le mouvement a financièrement soulagé des milliers de foyers, tout en mettant en lumière les profits des chaînes de supermarchés. En plus des pommes de terre, sont vendues des olives, du riz, des oignons et d'autres aliments de base.