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Les armateurs grecs naviguent dans un océan d’exonérations fiscales

16 juin 2014

Economie armateur exonérations fiscalité Grèce

Les armateurs grecs sont «riches et secrets» selon Der Spiegel


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Les armateurs grecs commandent de nouveaux navires comme s'il n'y avait pas de crise dans l'industrie du transport maritime, et ont passé commandes pour 275 constructions - un coût d'environ 10 milliards d'euros - juste pour l'année 2012.

Et dans les premières semaines de cette année, 5 milliards d'euros ont été consacrés à de nouvelles commandes et à l'achat de navires d'occasion.

Les armateurs grecs et les taxes (par Jodi Graphics et Okeanews)

Les armateurs grecs et les taxes (par Jodi Graphics et Okeanews)

 

Les activités des armateurs grecs et leur réticence à assumer une part équitable de la chare fiscale du pays est l'objet d'un article dans le numéro de cette semaine de Der Spiegel.

Theodoros Veniamis

Theodoros Veniamis

Le magazine allemand cite le président de l'Union des armateurs grecs (EEE), Theodoros Veniamis, qui indique que ces nouveaux navires ont été payés avec «l'argent de nos propres poches».

Et les raisons pour lesquelles les armateurs semblent flotter dans une océan d'argent en temps de crise économique profonde pour le reste de la Grèce? Comme Der Spiegel le rappelle, ils peuvent remercier les vastes avantages fiscaux dont bénéficie cette industrie en Grèce.

Citant des études internationales, l'article précise que les armateurs grecs n'ont payé aucun impôt sur 140 milliards d'euros depuis 2002. Ces études montrent également que la plupart des 60 milliards d'euros grecs conservés dans les banques suisses provient du secteur du transport maritime.

Et il y a plus: sur la base de 58 régulations spécifiques, environ 800 familles grecques impliquées dans l'industrie ne paient pratiquement aucun impôt. Comme le note d'article, nulle part ailleurs dans le monde les armateurs sont autant à l'abri des charges financières qu'en Grèce.

En réponse aux allégations de l'article, Veniamis maintient que les armateurs paient des impôts "en tant que citoyens privés comme tout le monde".

Selon les données fournies par les syndicats grecs, Der Spiegel écrit pourtant que, en 2012, les armateurs n'ont payé que 15 millions d'euros d'impôt alors que les marins ont payé 55 millions d'euros.

En juillet 2013, les armateurs ont signé un accord pour une contribution volontaire grâce à une taxe mise en place pour trois ans. Der Spiegel écrit que tandis que le gouvernement estime une rentrée fiscale de 140 millions d'euros sur deux ans, les armateurs estiment que ce chiffre sera autour de 100 millions d'euros.

En décembre dernier, les armateurs ont fustigé une initiative du ministère des finances de tripler la taxe pour tous les navires en Grèce. Veniamis avait alors dit que la taxe constituait «une violation flagrante de la Constitution".