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Grèce : le chef de la police aurait ordonné de rendre la vie insupportable aux migrants

20 décembre 2013

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Amnesty International appelle les autorités grecques à enquêter sur les propos supposés du chef de la police grecque


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Des gens torturés par des policiers cagoulés, des adolescents violés avec des matraques, des réfugiés avec des nourrissons dans les bras qui se noient en mer, les projecteurs des navires braqués sur eux, histoire de profiter du spectacle. Tout cela serait la définition de la sécurité moderne et il ne s’agirait pas de décisions individuelles de quelques personnes qui servent dans les forces armées, mais seraient les ordres du pouvoir politique. Le dernier numéro de Hot Doc dévoile (enregistrement audio en fin d'article) les propos supposés du chef de la police, qui aurait ordonné de "rendre la vie insupportable" aux migrants. Amnesty International demande une enquête.

Hotdoc immigration

Le 42ème numéro de Hot Doc

Un document, disponible dans le dernier numéro de HOT DOC (version audio en fin d'article), révèle que la torture, dénoncée par les immigrants et niée par le ministre Nikos Dendias, est non seulement une réalité, mais serait en plus le résultat d’un commandement qui viendrait de très haut.

Ces ordres venus d’en haut confirment sans le vouloir (ne sachant pas ce que nous révélons) que des réfugiés, tout récemment arrivés en Grèce, qui ont été photographiés et qui s’expriment dans Hot Doc au sujet de la violence qu’ils subissent depuis leur arrivée en Grèce. "Une Grèce dure, qui viole constamment les droits de l’Homme les plus élémentaires, sans égard pour les conventions internationales que la Grèce elle-même a signées" précise de magazine de Kostas Vaxevanis.

Hot Doc rajoute : "Les yeux noircis par la douleur et la colère, ils racontent leur voyage vers la liberté et décrivent, minute par minute, la cruauté des autorités, dénonçant les vols, les coups et même les viols"

En réaction au 42ème numéro de Hot Doc, Amnesty International demande une enquête et rappelle que selon Hot Doc, le chef de la police aurait dit :

"Si on me dit que je peux aller dans un pays ..., et serais détenu pendant trois mois puis serais libre pour voler et dérober, de faire ce que je veux ... c'est super.

Nous nous sommes efforcés d'accroître les périodes de détention .... nous les avons augmentés à dix-huit mois ... pour quoi faire ? Nous devons leur rendre la vie insupportable ... "

"Si elles sont exactes, les déclarations profondément choquantes attribuées au chef de la police grecque exposerait un mépris délibéré pour les droits et le bien-être des réfugiés et des migrants cherchant un abri et une issue dans l'Union européenne", a déclaré John Dalhuisen, directeur d'Amnesty International pour l'Europe et l'Asie centrale.

"Les autorités grecques doivent établir si ces remarques ont été faites et prendre les mesures appropriées pour s'assurer que les responsables de l'application de la loi grecque respectent la loi et protègent les droits des migrants."

"Dans un contexte où la police grecque a de plus en plus été scrutée  pour ses liens présumés avec le parti d'extrême droite Aube dorée, ces propos rapportés du plus haut responsable de l'application de la loi de la Grèce ne peuvent pas être balayés sous le tapis. La confiance dans l'intégrité de la police grecque exige une enquête approfondie et indépendante sur l'authenticité de ces remarques. "


Le document audio des propos supposés du chef de la police, mis en ligne par le magazine Hot Doc (transcription Okeanews) :

Transcription :

En grec :

…αν αυτοί..αφήνονται ελεύθεροι…τούτο σημαίνει..σου λέει… «θα πάω να καθίσω στην Ελλάδα..τρεις μήνες θα με κρατήσουν σ’ένα κέντρο…και μετά από κει, βγες έξω…άρα..κι εγώ μια χαρά, άμα μου λέγανε σε μια χώρα ότι πήγαινε και θα καθίσεις τρεις μήνες εκεί πέρα γιατί δεν έχεις στον ήλιο μοίρα στη χώρα σου που είσαι, και θα καθίσεις τρεις μήνες μέσα και μετά θα είσαι ελεύθερος, να κλέβεις, να ληστεύεις, να κάνεις οτιδήποτε..μια χαρά!..αυτό το επιδιώξαμε για κράτηση παραπάνω, διότι δεν δικαιολογείται πάνω από τρεις μήνες…ήταν στους εννιά μήνες..τώρα το πήγαμε στους δεκαοκτώ…πρέπει να τους κάνουμε το βίο αβίωτο…δηλαδή..να ξέρει ο άλλος ότι..όταν θα’ρθει στη χώρα αυτή θα καθίσει μέσα….δεν θα βγει έξω!...αλλά κι αυτός που είναι μέσα..να μας πει τα στοιχεία του..από πού είναι..να γίνει και η ταυτοποίησή του για να γυρίσει πάλι..και όχι να έχει μετά από τρεις μήνες έξοδο…διότι αλλιώς, δεν κάνουμε τίποτα…αποτελούμε τον καλύτερο τόπο προσέλκυσης λαθρομεταναστών!!

En français :

Si ces gens-là sont mis en liberté…ça veut dire…il se dit « je vais aller en Grèce…trois mois on me gardera dans un centre ».. . et puis…de là…on peut sortir…donc…moi aussi, si on me disait « vas dans un pays et tu resteras trois mois là-bas parce que, dans ton pays, tu es misérable, et tu resteras trois mois ‘au frais’ et, puis, tu seras libre, de voler, de commettre des hold-up, de faire n’importe quoi… » ..c’est génial !...ça, nous l’avons poursuivi, pour la détention prolongée…parce que ce n’est pas justifié pour plus de trois mois…c’était à neuf mois…maintenant on l’a fait passer à dix-huit…il faut leur rendre la vie impossible ! … c'est-à-dire…que l’autre sache que…quand il arrive dans ce pays et est détenu…il ne sortira pas ! …mais aussi, que celui qui est dedans (détenu)..nous donne ses renseignements…d’où il vient…qu’il soit identifié pour retourner…et non pas qu’après trois mois il sorte…sinon, on ne fait rien…on est le meilleur pays pour attirer les migrants clandestins !!