5 ans d'actualité indépendante sur les crises en Grèce

Dormir dans la rue après avoir perdu votre maison : 750€ d’amende à Madrid

28 octobre 2013

GIIPS Politique Société amendes Ana Botella Espagne Madrid ordonnance pauvreté

Amendes salées pour ceux qui ont déjà tout perdu à Madrid


492 mots   2226       Comments

La maire de Madrid, Ana Botella, présente une ordonnance de «coexistence» qui sanctionne et poursuit avec une cruauté toute particulière les gens qui se voient obligés de vivre dans la rue, de mendier ou de laver des pare-brises pour survivre.
Madrid
Ana Botella a décidé de criminaliser la pauvreté qui stigmatise les rues de Madrid par une ordonnance de « coexistence » citoyenne qui est en fait un exercice de sadisme institutionnel contre des milliers de personnes qui ne possèdent absolument rien.

Au lieu de chercher des solutions à l’exclusion sociale et à la pauvreté, le projet d’ordonnance présenté par la ville de Madrid choisit de criminaliser et de poursuivre les personnes qui se sont vues jetées à la rue par un système foncièrement injuste.

Ainsi, la nouvelle ordonnance prévoit-elle des peines de 750 euro en cas de mendicité devant les portes des centres commerciaux, des bureaux, des écoles ou des hôpitaux.

750 euro, c’est également la somme que devront payer les personnes qui vendent des mouchoirs en papier aux feux rouges pour s’acheter un plat de nourriture, ou les personnes qui se voient obligées de dormir sur un banc.
1500 euro de sanction (le double du salaire minimum) pour les personnes qui nettoient les parebrises aux feux rouges ou pour celles qui vous aident à traverser en échange de quelques pièces de monnaie. Cuisiner dans la rue (un cas de plus en plus fréquent, car il y a des familles entières sans abris qui utilisent de petits réchauds pour faire cuire leurs aliments) sera aussi sanctionné de 750 euro.

La cruauté de la corporation présidée par Ana Botella vis-à-vis des personnes exclues par les politiques économiques et sociales qu’incarnent cette dame et son parti, est notable.

Dans un carambolage sinistre, la mairie a d’abord expulsé les gens de leur maison, comme c’est le cas des expulsions de l’Entreprise Municipale du logement (équivalent du HLM) et de nombreuses familles qui sont restées à la rue après avoir brisé leur vie.

La loi ne punit pas seulement la pauvreté. D’autres réalités du paysage madrilène seront affectées. Madrid rejoint la persécution généralisée que pratiquent les conseils municipaux du PP (parti conservateur espagnol) contre les skateurs en interdisant l’usage des planches à roulettes sur la voie publique, au point qu'elles soient exclues des rues de pratiquement toutes les localités régies par le PP. L’esthétique de ces jeunes et leur goût pour le rap ne sont pas bien vus de la droite.

L’hôtel de ville madrilène imposera aussi des amendes à qui donnera à manger à un animal dans la rue, criminalisant ainsi une des images les plus typiques de la ville : Des personnes âgées et des enfants qui donnent des miettes de pain aux pigeons et aux moineaux dans les parcs de Madrid.