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"Les nazis jouent au football avec nos têtes" : le témoignage du président de la communauté pakistanaise de Grèce

23 septembre 2013

Droits de l'homme Fascisme Immigration Aube Dorée Grèce

Le président de la communauté pakistanaise accuse la police d’ignorer les plaintes au sujet de l’Aube Dorée et affirme que les policiers municipaux et les membres de l’Aube Dorée sont derrière le commerce de cigarettes de contrebande à Nikaia, Kaminia et Acharnon.


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Javed Aslam, président de la communauté pakistanaise de Grèce affirme que dans la plupart des cas, quand les victimes tentent de signaler les attaques racistes dont elles ont été l’objet, leurs dépositions sont rejetées par les policiers.

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"La Grèce appartient aux Grecs. Les anarchistes et les communistes, vous allez finir en savon", dit l'inscription sur le mur extérieur du lycée d'Athènes.

Neuf cents immigré ont été victimes d’agressions néo-nazies ces trois dernières années, déclare le président de la communauté pakistanaise de Grèce, qui accuse également la police de généralement refuser d’enregistrer les plaintes concernant les agressions racistes, quand elle ne participe pas elle-même aux attaques des voyous de l’Aube Dorée.

Dans une interview parue dans le journal Eleftherotypia de lundi, Javed Aslam dit que « les néonazis ont joué au football avec nos têtes », le nombre de ces incidents étant rarement rapportés dans les médias ou la police.

Se basant sur des témoignages écrits, Javed Aslam dit que dans le quartier de Nikea, près de l’endroit où le jeune homme de 34 ans, Pavlos Fyssas a été assassiné par un membre de l’Aube Dorée la semaine dernière, il y a eu de nombreux incidents où un groupe de Grecs nationalistes ciblent un pakistanais à attaquer, avant de se jeter sur lui et de lui frapper la tête pendant qu’ils rient et l’insultent.

Le gang raciste était connu pour opérer vers Davaki, Attiki et dans les places de Perivolaki, à Nikea, a-t-il dit.

Il affirme que dans de nombreux cas, lorsque les victimes d’agressions racistes sont allées au poste de police pour signaler ces agression, elles ont été chassées par la police qui a refusé d’enregistrer leur plainte.

Des groupes de défense des Droits de l’Homme ont signalé à plusieurs reprises que des victimes d’incidents racistes ont été empêchées par la police de porter plainte ou de faire une déposition.

Aslam a dit que lorsque les victimes se rendent dans les commissariats de police pour signaler de tels incidents, ils peuvent s’attendre à ce qu’on leur dise de « revenir demain ». Lui-même en a fait l’expérience dans les commissariats de Nikea, Kolonos, Egaleo, Agios Panteleimonas, tous situés à Athènes.

Une fois, les policiers du commissariat de Nea Ionia ont demandé si la victime « avait été frappée à la tête », tandis qu’au commissariat de Rento ils ont cherché à minimiser les blessures de la victime en demandant si elle « avait perdu un bras ».

Il a également raconté un incident qui date du mois dernier où la police semblait être de connivence avec les agresseurs de l’Aube Dorée.

Une nuit, un groupe de fascistes a attaqué une maison de la rue Themistokleous à Peristeri où des pakistanais vivaient. "En jurant, ils ont jeté des pierres et des oranges. Le jour suivant (le 7 août) on célébrait le Ramadan, et donc les Pakistanais étaient éveillés. Quand les agresseurs s’en sont rendu compte, ils ont appelé la police. Deux voitures de patrouilles sont arrivées, pleines de policiers. L’un d’eux a fracassé une bouteille de bière. Tout en la serrant contre le cou d’un pakistanais il lui disait : « Tu es une merde. Bouge de là avant que je te tranche la gorge. »"

Aslan affirme également que l’Aube Dorée a tenté d’intimider des élèves pakistanais à l’école en agissant avec ses hommes de main, disant que « rien n’arriverait à ceux qui sont avec eux ».

Aslam dit que ces élèves sont envoyés comme des gangs d'assaut contre [d'autres] migrants. Ces agressions sont décrites comme « des échauffourées entre immigrés».
« C’est leur but » dit-il.

Aslam a également affirmé que les policiers municipaux et les membres de l’Aube Dorée sont derrière le commerce de cigarettes de contrebande à Nikaia, Kaminia et Acharnon.
Ils les fournissent à des pakistanais et ils leur disent : « Vous les vendez et tu me donnes 500-1000 euro par mois. »