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"Cela va SANG dire" : la réponse de K. Vaxevanis à la publication scandaleuse de Proto Thema

23 septembre 2013

Hot Doc Polémique Aube Dorée Fascisme Grèce Kostas Vaxevanis Pavlos Fyssas

Le journal "Proto Thema" publie la photo du rapper Killah P. agonisant. Vaxevanis répond à l'offense.


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Titre à gauche : "Dans une main miss tourisme et dans l'autre la svastika"  - Titre à droite : "Jette Mamie a l'AUbe Dorée"

Titre à gauche : "Dans une main miss tourisme et dans l'autre la svastika" - Titre à droite : "Jette Mamie a l'AUbe Dorée"

Il y a un beaucoup de médias et journaux dont la fiabilité est à fortement remettre en cause en Grèce. D'autres sont même à vomir. Proto Thema en fait partie en publiant la photo de Pavlos Fyssas agonisant dans les bras de sa petite amie, ce qui a provoqué la colère de nombreux grecs et la publication d'une lettre par la famille du musicien. Kostas Vaxevanis revient sur ce qu'est Proto Thema : "un journal qui présentait Aube Dorée comme les scouts de la nouvelle réalité politique".
Par Kostas Vaxevanis

Laissons de côté ce qui a trait à la déontologie dans la question de savoir si un journal ou un magazine peut se permettre d’arborer un homme mort à la une. Parfois, il peut, parfois pas. La question est de savoir si Proto Thema peut afficher en première page la victime sans vie de la bande d’Aube Dorée et, en-dessous, arborer, comme pour s’innocenter, le titre « Je n’oublie pas le fascisme. » Parce que, ce journal, en réalité, n’a jamais oublié le fascisme. Il l’a placé au premier rang, l’a déculpabilisé et l’a mis en avant autant qu’il le pouvait.

Proto Thema a ouvert la danse dans l’entreprise mise en place pour présenter Aube Dorée, cette bande criminelle, comme un groupe de gens qui en avaient marre de l’establishment. Pour faire croire que l’œuf du serpent ne contenait qu’un canari. Lorsqu’ils affutaient leurs baïonnettes au trottoir, comme se plaisait à dire Mihaloliakos, pour les enfoncer dans le corps d’hommes, le journal présentait le « lifestyle » de l’organisation. Ces assassins, ces fascistes, ces hyènes, posaient dans le journal avec la même facilité qu’y étaient publiées les publicités des banques.

Avant les élections de 2012, Proto Thema était le journal qui, dans des articles couvrant des pages entières, présentait Aube Dorée comme les scouts de la nouvelle réalité politique. Dans un de ses nombreux reportages, il avait présenté des mamies du centre d’Athènes qui prétendaient se rendre à la banque aidées des « gars d’Aube Dorée. » À l’appui, une photo : une de ces brutes qui, probablement, la veille, avait poignardé quelqu’un, accompagnait la mamie au distributeur de billets pour qu’elle ne soit pas victime de vol par quelque méchant étranger. Sauf que, comme nous l’avions révélé dans HOT DOC, la pauvre mamie n’était autre que la mère du candidat d’Aube Dorée, Alexandros Plomaritis, qui, dans la vidéo de la BBC promettait d’en transformer quelques-uns en savon. Il semblerait que Thémos (propriétaire du journal Proto Thema) n’était pas en danger. Seulement Pavlos Fyssas l’était.

Sous prétexte « d’objectivité », le journal a choisi d’opérer en tant que guichet d’information d’Aube Dorée. C’est un fait qui place dans une situation très pénible les confrères qui y travaillent. Pourquoi l’a-t-il fait ? Seulement ces éditeurs le savent. Peut-être que l’un d’entre eux, Anastasios Pallis, recherché par la police et ayant un « faible » pour les armes, les parades et les escadrons militaires, pourrait répondre à la question.

Quelle que soit la raison, qu’ils partagent les idées d’Aube Dorée ou qu’ils en tirent un bénéfice financier, ou qu’ils pensent que c’est la manière la plus sûre de faire peur aux gens pour qu’ils optent pour des solutions conservatrices (avec ces solutions, les riches ne vont habituellement pas en prison), ils ont chauffé l’œuf du serpent. Il était tout normal que le serpent éclose pour tuer comme il l’a fait. Comme il tuait toujours alors qu’eux-mêmes présentaient les tatouages de Kassidiaris et de ses petites amies, au lieu de montrer leurs couteaux.

Même maintenant, que la colère des gens déborde, ils manipulent les sentiments et déchirent les chairs. Je ne vois pas en quoi ils diffèrent des baïonnettes de leur ami Mihaloliakos.