La dernière bataille de Grèce continue dans le village de Ierissos



10 avril 2013 - 788 mots  
547     dernière mise à jour le 17/05/2013   Comments

Dans le cadre de l'enquête sur l'incendie criminel des installations de l’entreprise canadienne Eldorado Gold dans la forêt de Skouries (a lire ici), la police poursuit ses investigations et a arrêté deux personnes à 3h du matin dans le village de Ierissos. Le communiqué de la police précise que l'opération s'est déroulée "en conformité avec les dispositions du Code de procédure pénale", ce que plusieurs témoignages d'habitants et de l'avocat d'un des suspects semblent démentir. Nouvel épisode dans la dernière bataille de Grèce entre les forces de l'ordre et la population locale.  

Dans la nuit de mardi à mercredi, les forces de l'ordre sont intervenues à Ierissos pour arrêter deux ressortissants qui avaient "refusé de se conformer aux demandes répétées de la police d'avoir accès à leurs domicile", selon le communiqué de la police. L'intervention s'est déroulée vers 3h du matin et a été pilotée par la direction de la sécurité de Thessalonique, aidée des forces spéciales (EKAM - les unités anti-terroristes) et de magistrats. Les forces de l'ordre ont enfoncées les portes du domicile des deux personnes qu'ils suspectent d'avoir participé à l'attaque contre les installations de Hellas Gold.

Les photos de l'entrée des domiciles des deux personnes arrêtées (source : antigoldgreece) :

Des témoins de la scène affirment que les deux personnes arrêtées n'ont pas refusé l'accès à leur domicile. L'avocat d'un des deux "suspects" a d'ailleurs lui aussi contredit la version de la police : "C'est une décision politique. Mon client n'a jamais été convoqué. Nous nous étions rendus disponibles". Les deux suspects ont pourtant été emmenés vers une destination inconnue.

Ce matin, le poste de police de Ierrissos a été attaqué, en réaction à ces deux arrestations : des résidents se sont introduits dans le bâtiment de la police locale, ont jeté dehors et brûlé tout ce qui s'y trouvait (photos seleo.gr):

Sur twitter, les utilisateurs comparent cet événement aux pratiques gouvernementales de la Grèce lors de la dictature de 1967 - 1974 : intervention dans des maisons au milieu de la nuit.

Le ministre de l'ordre public Nikos Dendias a comparé le village de Ierissos à un "village gaulois". On pourrait donc en déduire qu'il admet que la police soit une force d'occupation. Selon l'AFP, "M. Dentias a expliqué sur Skaï que l'heure de l'arrestation avait justement été choisie pour éviter des troubles dans le village, où de violents affrontements avaient opposé en mars police et habitants lors d'une précédente intervention policière. Il a souligné que les deux suspects étaient poursuivis pour de graves crimes, dont constitution d'une organisation criminelle, tentative d'homicide et usage d'explosifs".

Sur Mega TV, le ministre N. Dendias a déclaré : "Si le mandat avait été exécuté dans l'après-midi cela aurait été un carnage."

Dans l'urgence, les forces de l'ordre auraient d'ailleurs oublié un MP5 dans le poste de police de Ierissos (photo seleo.gr) :

L'oubli des forces de l'ordre

 

Les résidents, une fois de plus, ont décidé de se déplacer au tribunal de Polygyros pour manifester contre les événements de la nuit :

Interviewée sur une chaîne de télévision, la femme d'un des habitants arrêtés dans la nuit a déclaré :

-"6 policiers cagoulés ont fait irruption dans la maison sans rien dire, ont emmené mon mari en pyjama. Les enfants étaient terrifiés".

Ce billet sera mis à jour selon les infos à venir dans la journée.


   toolbox + -

Commentaires

La rédaction vérifie tous les commentaires avant publication (modération à priori) : il se peut que votre commentaire n'apparaisse pas immédiatement (parfois, la rédaction se repose). L'équipe Okeanews respecte toutes les opinions, mais se réserve le droit de ne pas publier les commentaires offensifs... Les commentaires racistes, sexistes, xénophobes, homophobes, etc, ainsi que les publicités sont bien sûr supprimés.