Suite aux articles qui ont vu le jour ces derniers temps dans la presse écrite et électronique au sujet d’une soit-disant augmentation des recrutements en violation des engagements de notre pays envers nos partenaires, le ministère de la Réforme Administrative et de la Gouvernance Électronique nie catégoriquement et précise que : (…)
Archives Okeanews : juin 2012
« Et là, le nuage de fumée est arrivé. Impossible de respirer. Toutes les issues de la place étaient bouclées. Seule fuite possible : le métro, qui, déjà, rassemblait beaucoup de monde. Ils nous ont envoyé des gaz dans le métro ! J’ai vu une personne agée s’évanouir. Un homme en sang.
Mais rien n’a été expliqué dans les médias ! Ils nous ont déclaré la guerre !”.
Un euro placé dans une banque allemande n’a désormais plus la même valeur qu’un euro placé dans une banque espagnole ou grecque : difficile de trouver signe plus clair de désintégration d’une zone monétaire. Mais l’enjeu dépasse la seule zone euro. La fin de l’euro risquerait d’entraîner dans son sillage celle de l’Union européenne et pire peut être l’idée même d’Europe. Le temps est compté. Il devient urgent de trouver une solution pouvant être implantée immédiatement, c’est-à-dire qui ne nécessite aucune modification des traités. C’est ce à quoi s’attèlent depuis plus d’un an l’économiste grec Yanis Varoufakis et l’ancien parlementaire britannique Stuart Holland à travers leur « Modeste Proposition », qu’ils n’ont de cesse de faire évoluer en fonction de l’approfondissement de la crise. Voici leur analyse.
Alexia Kefalas « révèle » dans cet article du Figaro que « la Grèce aurait triché sur ses fonctionnaires ». Enfumage ?
La « preuve » : 2 rapports de la troïka « selon lesquels la Grèce aurait violé les accords signés avec ses créanciers publics en 2010–2011 en embauchant 70.000 fonctionnaires et 12.000 personnes dans des collectivités locales, alors que le gouvernement socialiste du Pasok s’était engagé à en licencier plusieurs milliers pour honorer ses engagements vis-à-vis de Bruxelles. »
Cette campagne d’intimidation et de manipulation a en partie porté ses fruits : Syriza n’est pas arrivé en tête, et l’Europe, nous-dit-on, a échappé de justesse à la désagrégation qu’aurait inévitablement produite le rejet de la politique d’austérité. Oui, le peuple grec a voté la peur au ventre : 48% des électeurs se sont décidés en redoutant qu’une dénonciation du Mémorandum et des mesures d’austérité qui l’accompagnent, conduise au bannissement de la Grèce hors de l’Europe. La propagande orchestrée dans le pays et à l’étranger s’est avérée d’une efficacité redoutable.
« C’était il y a une vingtaine de jours, vers 17h environ. J’essayais d’entrer dans le port. Je me cachais derrière un camion. Deux ‘commandos’1 m’ont trouvé. Un des deux a pointé son pistolet sur moi et m’a demandé de sortir et de m’asseoir. J’ai suivi ses ordres. J’étais tout seul. Alors que j’étais assis par terre, il m’a demandé d’enlever mes chaussures et de lui donner mon téléphone portable. J’ai fait tout ce qu’il m’a dit de faire. Puis il a commencé à me frapper alors que j’étais en position assise. Il m’insultait. Il m’a relevé et m’a crié ‘Mesa !’ (dedans !). J’avais peur mais je sentais que je n’avais pas d’autre choix que de sauter à l’eau. Je suis sorti seulement quand on m’a demandé de sortir. Il se tenait à environ trois mètres de moi. Il pointait son pistolet sur moi et il l’a chargé. J’ai entendu le son. J’étais terrifié. J’ai cru qu’il allait me tuer. Puis j’ai compris que je devais partir. J’ai commencé à courir, trempé et pieds nus. »
« Je suis revenu [d’Athènes] à Patras à pied. »
« Ca fait six mois que je suis ici Patras. Où qu’on aille, on risque de se faire attaquer par la police. Ils m’ont tabassé tellement de fois dans les rues. Parfois, les ‘commandos’ couvrent leur visage avec un masque intégral pour qu’on ne puisse pas les reconnaître. Dans le port, ils nous frappent toujours dans un endroit caché, pas devant d’autres personnes (les touristes par exemple). Ils nous donnent des coups de poing, des coups de pied, nous frappent avec des bâtons et même avec des sortes de cannes spéciales, qui ressemblent à des clubs de golf. »
« Je suis arrivé en Grèce en août 2011 et suis venu à Patras il y a un mois et demi. Je n’ai pas fait de demande d’asile. Patras est un endroit très difficile. Nous trouvons notre nourriture dans les poubelles. Les policiers nous traitent mal, ils sont très violents. Ils ne devraient pas nous frapper, c’est interdit par la loi européenne. Nous venons d’un pays en guerre, pour trouver la paix, et nous nous retrouvons en pleine violence. »
Miltiade Hatzoupolos le dit sans embarras : « ça ne se voit peut-être pas mais je suis de droite. » C’est vrai, ça ne se voit pas. Cet ancien directeur du centre de recherches sur l’antiquité grecque et romaine, aujourd’hui à la retraite, ressemble à un chat. Il est calme. Souriant. Il parle doucement. De droite, alors ? « Je suis conservateur, ce qui est normal pour un historien. » Et qu’est-ce que vous voulez conserver ? « D’abord la nature. Ensuite les paysages. Et puis les traditions. Mais bon. Il y a quelques mois j’ai fait un test dans un magazine pour savoir à quel bord politique j’appartenais, et j’ai découvert que j’étais communiste ! »
Beaucoup de choses ont été dites sur le fait que de très nombreux policiers grecs soutiennent et votent pour le parti néonazi Aube dorée. La première publication de ce type dans un grand journal traditionnel a été un article de Vassilis Lambropoulos, paru dans To Vima le 11 mai 2012, dans lequel celui-ci concluait, à partir de données issues de bureaux spécifiques où votent les policiers, que quelque 50 pour cent des policiers avaient effectivement voté pour l’Aube dorée lors du scrutin du 6 mai. Aujourd’hui, Lambropoulos publie un nouvel article, que cette tendance s’est confirmée lors des élections du 17 juin.
« Ca fait quelques mois maintenant que je suis ici à Patras. Il y a un ordre de déportation contre moi. Nous n’avons pas seulement peur de la police et des commandos, mais aussi des fascistes. Il y a certains groupes de Grecs qui attendent juste qu’un d’entre-nous se retrouve tout seul pour pouvoir l’attaquer.
Nouveau gouvernement grec, nouveau Mordorandum ?
Entre 11 et 14 milliards d’euro d’économie pour 2013 et 2014 : c’est ce que la troïka (BCE, UE, FMI) avait demandé au lendemain du vote du dernier mordorandum le 12 février dernier. 52% des grecs ont voté ce dimanche 17 juin contre les cures d’austérité. La majorité de la population –qui a voté– donc. Mais le jeu des 50 sièges de bonus généreusement offerts au vainqueur des élections permet à la Nouvelle Démocratie d’obtenir 129 sièges au lieu de 79, quand le Syriza en obtient 71.
« L’année dernière, j’ai vu les ‘commandos’ poursuivre un jeune garçon dans le port. Ils l’ont arrêté et l’ont roué de coups de matraques. Il est tombé à cause des coups. Ils l’ont forcé à se relever et à avancer. Mais il n’arrivait plus à marcher et il est retombé par terre. Un ‘commando’ l’a relevé encore une fois et lui a donné l’ordre de bouger. Alors un autre ‘commando’ l’a tiré derrière un camion. Ils l’ont frappé à nouveau. Après, une voiture des ‘commandos’ est venue et a emporté le garçon. »
On boucle notre dérive parmi les bâtiments délabrés. A chaque croisement on s’attend à voir des boules épineuses comme dans les westerns ou dans les albums de Lucky Luke. Ce sentiment d’abandon est-il dû à la la crise ? Pas forcément répond Panagiotis. « Regarde cet entrepôt : tu vois, le numéro de téléphone date des années 60. Jamais il n’a été réhabilité. Non, ce qui a changé, ce sont les Grecs. On ne parle qu’argent et politique, en boucle. On est en train de changer un peuple. Vois les gens qu’on croise : ils nous regardent avec suspicion, ils ont peur. Tiens, au balcon, tu as vu ce grand drapeau grec ? On n’en voyait jamais avant, ou alors pour la fête nationale et encore. Aujourd’hui il y en a de plus en plus. Ce ne sont pas des patriotes. Le drapeau signifie qu’ici vivent des Grecs et pas des Pakistanais. »
L’orage n’a pas éclaté. Deux heures à peine après la fermeture des bureaux de vote, la victoire de la Nouvelle démocratie était acquise. Le coude à coude avec Syriza s’est distendu. Le tonnerre n’a pas même pas grondé. Reste la perspective de continuer à respirer cet air délétère, dans ce désert d’austérité. Mais pour l’heure, la presse grecque, soulagée, se réjouit.
Des témoignages, nombreux, montrent à quel point la situation des réfugiés en Grèce est dramatique (le mot est faible). OkeaNews a donc décidé de publier un témoignage de réfugiés par jour. Ces témoignages sont issus d’une étude complète et alarmante de ProAsyl sur la situation des réfugiés à Patras. Aujourd’hui, premier témoignage de Y., d’Erythrée.
SYRIZA a déjà annoncé hier qu’il ne participerait à aucun gouvernement de coalition avec la Nouvelle Démocratie. Le PASOK, après avoir annoncé qu’ils ne participerait pas à un gouvernement de coalition sans SYRIZA semble, d’après Mega TV, avoir trouvé un « terrain d’entente » avec la Nouvelle Démocratie.
Dans ce cas, cette coalition aurait une –courte– majorité de 162 sièges.
Il faut rappeler que ces deux partis ont signé avant les élections, lors du dernier mémorandum, un agrément indiquant qu’ils ne reviendraient pas sur les accords du mémorandum. On peut donc s’attendre à la poursuite de l’austérité.
Elections en Grèce : le Live OkeaNews
C’est aujourd’hui que la Grèce va de nouveau se tourner vers les urnes pour décider de son avenir. Les résultats des précédentes élections et tous les sondages montrent que ces élections vont se jouer entre la Nouvelle Démocratie, la droite historique conservatrice en plein virage vers l’extrême droite, et le Syriza, ancienne coalition de la gauche radicale qui s’est transformée en parti officiel dans le but d’obtenir les 50 sièges de bonus en cas de victoire.
Pour l’occasion, OkeaNews rejoint l’équipe de RadioBubbe pour couvrir l’évènement avec une invitée : Anne-Sophie Jacques, journaliste chez @rrêt sur Images, qui est en Grèce pour quelques jours dans le cadre d’un reportage que vous pouvez exceptionnellement suivre chez OkeaNews.
Les premiers projection des résultats seront connue vers 21h30 heure locale. OkeaNews sera en mode live à partir de 19h / 20h sur cette page, et dans le fil Le Fil Info et sur twitter (suivez le hashtag #okeanews) toute la journée.
Syriza. Syriza. Yorgo le prononce cent fois. Tsipras, le leader du parti de la gauche radicale, est un espoir. Lui veut renégocier le mémorandum et en finir avec l’austérité. « Je ne veux pas sortir de l’euro, je me sens profondément européen, mais si on doit sortir, alors on sortira. » Comment voit-il demain ? « Comme une tragédie ». Le bébé sourit : il a réussi à marcher, un balai dans la main. On se tourne tous vers lui. Vers demain.
EN GRÈCE, EN ATTENDANT L’ORAGE [@rrêt sur Images]
« C’est comme si on attendait que l’orage éclate. » Dans la rame qui nous conduit au centre d’Athènes, mon voisin débarque du même avion que moi. Il est grec, il travaille à Paris. Vous êtes rentré pour voter ? Soupir. Oui. Nulle trace de peur sur son visage. De la lassitude dans son sourire, peut-être. Homme en suspens. Pays en suspens. On attend juste que l’orage éclate.
Ce temps suspendu n’est pas perceptible immédiatement. Quand j’arrive jeudi soir, Tsipras, le jeune leader de Syriza (gauche radicale, donné grand favori), fait un meeting à Omonia, une place qui craint aujourd’hui. Une place pleine de zombies, de toxicos, de paumés, de sans-logis. Il est trop tard pour rejoindre le rassemblement. Le lendemain, ceux qui ont fait le déplacement nous apprendront qu’ils étaient 8 000 sur cette place. Un bon score. Une mamie est même venue rien que pour voir le visage de celui qui fait peur à l’Europe.
« Les politiques sont corrompus », déclare Stathis Mithroleos, trente ans. « Nous sommes la génération qui devrait culminer aujourd’hui. J’ai deux enfants et je m’inquiète pour eux. Si j’avais su que les choses prendraient cette tournure, je ne me serais pas marié. »
C’est alors que se produit quelque chose d’anormal. Dans la chaleur étouffante et les vapeurs de bière, ils déclinent un à un le parti pour lequel ils voteront: « Syriza, Syriza, Syriza, Syriza… »
Sont-ils conscients du fait que le Syriza est un parti marxiste [ndlr : Le Syriza est-il un parti marxiste ?] et que son leader n’a aucune expérience gouvernementale ?
Contre l’austérité en Grèce et en Europe, solidarité avec le peuple grec !
Les travailleurs, les chômeurs, la jeunesse grecs ont envoyé un message fort lors des élections législatives le 6 mai dernier en se positionnant contre l’austérité, contre le memorandum. Devant l’impossibilité de former un gouvernement, de nouvelles élections vont avoir lieu le 17 juin.
La troïka (FMI, BCE, UE), les dirigeants européens notamment français, et la classe dirigeante grecque exercent une pression et un chantage maximal sur le peuple grec pour le faire voter en faveur de toujours plus d’austérité et pour valider les politiques qui font plonger dans la misère des pans entiers de la population depuis le début de la crise.
Du dénouement de la situation en Grèce va dépendre l’avenir de tous les peuples d’Europe.
Nous appelons à un rassemblement devant l’ambassade de Grèce vendredi 15 juin à 18h30 (métro Kléber — 17 rue Auguste Vacquerie) pour dire avec force que :
Notre ressource unique : les abonnements
Connexion en tant que membre

@Okeanews est lauréat du prix "Meilleur Microblog francophone" des bobs 2013 organisés par la Deutsche Welle !
Plus d'informations par ici.
Derniers articles
- La Grèce sans radiodiffuseur public : Jour 1 0 comments
- Stathis Kouvelakis : « La Grèce a cessé d’être un pays normal » 0 comments
- « Les nouvelles persécutées » : une exposition de photojournalistes sur la violence et la censure en Grèce">« Les nouvelles persécutées » : une exposition de photojournalistes sur la violence et la censure en Grèce 1 comment
- S’abonner 0 comments
- ERT en streaming sur Okeanews">ERT en streaming sur Okeanews 0 comments
- Fermeture, fusion ou réduction de 32 écoles primaires et 89 écoles maternelles en Grèce 0 comments
- RSF en replay sur Okeanews">Soirée de soutien organisée par Mediapart et RSF en replay sur Okeanews 0 comments
- ERT">Amnesty International s’inquiète de la fermeture de l’ERT 0 comments
- « Belle et étrange patrie » Quand les poètes chantent le paradoxe grec">« Belle et étrange patrie » Quand les poètes chantent le paradoxe grec 0 comments
- Etre photo-reporter en Grèce : silence, on tabasse… La vérité sur la censure 0 comments









