Archives Okeanews : avril 2012

Flash : aug­men­ta­tion de 25% de l’eau, de l’électricité et des transports

A l’heure où tous les reve­nus ont déjà très for­te­ment baissé (-50% de salaire depuis le début de la crise — quand ils sont ver­sés -), les dépenses cou­rantes vont conti­nuer à aug­men­ter en Grèce. Après l’annonce de l’augmentation de 40% du fioul domes­tique, les prix de l’électricité, de l’eau et des trans­ports vont faire un bon de 25% en 2012/2013. Les tiquets de bus, tram et trol­ley vont pas­ser de 1.20€ à 1.50€ tan­dis que le prix du tiquet de métro va pas­ser de 1.50€ à 1.75€ aujourd’hui.

Alors que les mul­ti­na­tio­nales pro­posent des prix 90% plus chers en Grèce que dans d’autres pays euro­péens, qu’elles ont exploité la Grèce, il semble que le gou­ver­ne­ment conti­nue lui aussi son avan­cée dans une métho­do­lo­gie qui ne fera que pour­suivre la réces­sion actuelle.

Pourtant les slo­gans des 2 par­tis prin­ci­paux, pour les pro­chaines élec­tions, res­tent :  « Pas de taxes sup­plé­men­taires! ». Mais ces slo­gans ne semblent pas être ceux de la troïka…

No com­ment…

Savvas Metoikidis, ensei­gnant , 44 ans, ne mon­trait aucun signe d’un «com­por­te­ment étrange»,  a déclaré un témoin ocu­laire aux médias locaux. Samedi matin, il a visité le café du vil­lage et a joué au back­gam­mon. Plus tard, il a déjeuné avec son père, sa mère et un de ses frères. À 6h de l’après-midi, il com­men­çait son voyage retour à Athènes. S. Metoikidis était allé…

Flash : aug­men­ta­tion de 40% du fioul pour octobre

Le prix du fioul domes­tique va aug­men­ter de 40% en Grèce. Actuellement autour d’un euro du litre, il coû­tera entre 1,45 € et 1,47€ à par­tir d’Octobre pro­chain. Comme le fioul est dis­tri­bué d’Octobre à Avril, de nom­breux consom­ma­teurs –pour ceux qui ont encore les moyens de pré­pa­rer l’hiver pro­chain– se pré­ci­pitent dès aujourd’hui pour rem­plir leurs réser­voirs et faire quelques éco­no­mies (avec des cuves de plu­sieurs mil­liers de litre, la somme éco­no­mi­sée est consé­quente). Néanmoins il semble que les consom­ma­teurs pour­raient ache­ter au prix actuel jusqu’au 30 Avril 2012.

Cet hiver déjà, de nom­breux foyers ont été contraints de revoir leur consom­ma­tion de fioul à la baisse. De npom­breux pro­prioé­taires chauf­faient quelques heures par jour pour évi­ter de trop consom­mer, quitte à avoir des tem­pé­ra­tures bien infé­rieures à celles qui per­mettent de se sen­tir bien au chaud. De nom­breuses familles avaient éga­le­ment ré-installé le poele à bois fami­lial pour pou­voir se chauf­fer en ache­tant du bois pour beau­coup cher que le pétrole. Des coupes franches dans les fôrets ont éga­le­ment été beau­coup plus impor­tantes cet hiver que les hivers précédents.

L’hiver grec 2012/2013 s’annonce déjà très rude…

(source : KeepTalkingGreece)

19 avril 2012

Catastroïka

Catastroika dévoile les résul­tats à venir de l’actuelle revente des actifs publics grecs, exi­gée pour faire face à l’énorme dette sou­ve­raine du pays . En ce qui concerne les exemples de Londres, Paris, Berlin, Moscou et Rome, CATASTROIKA pré­dit ce qui va arri­ver, si le modèle imposé dans ce domaine est importé dans un pays sous la tutelle finan­cière inter­na­tio­nale. Slavoj Zizek, Naomi Klein, Luis Sepulveda, Ken Loach et Greg Palast parlent à la fois des mesures d’austérité, du gou­ver­ne­ment grec ainsi que de l’attaque contre la démo­cra­tie sur l’Europe, après la pro­pa­ga­tion géné­rale de la crise finan­cière. Des uni­ver­si­taires et des spé­cia­listes comme Dani Rodrik, Alex Callinicos, Ben Fine, Costas Douzinas, Dean Baker et Aditya Chakrabortty pré­sentent des aspects incon­nus de ces pro­grammes de pri­va­ti­sa­tion en Grèce et à l’étranger.

Akis Tsochatzopoulos, l’ancien ministre de la Défense accusé d’être en lien avec un vaste réseau de blan­chi­ment d’argent, soup­çonné d’avoir uti­lisé des mil­lions d’euros en des­sous de table via des contrats de défense signés alors qu’il était ministre, a été emmené à la pri­son de Korydallos dans Le Pirée ce mardi, après avoir passé le week-end de Pâques en garde à vue au siège de la police sur l’avenue Alexandras.

Les deux hommes ont tra­gi­que­ment perdu la vie un ven­dredi après-midi, alors qu’ils essayaient de sau­ver un couple de per­sonnes âgées dont leur voi­ture avait quitté la route et était tom­bée sur la voie fer­rée à Kryoneri, dans l’est de l’Attique.

Alors qu’ils lut­taient pour libé­rer le couple de per­sonnes âgées de la voi­ture — Wakar avait réussi à péné­trer à l’intérieur et essayait de les en sor­tir — le train Athènes-Thessalonique arri­vant en sens inverse a per­cuté le véhi­cule, tuant trois per­sonnes ins­tan­ta­né­ment. Wakar mou­rut peu après.

Les deux hommes venaient du même vil­lage dans le dis­trict nord de Gujrat, dans le Pendjab, les deux vic­times habi­taient dans la même mai­son en Grèce. Wakar était venu en Grèce il y a huit ans et tra­vaillait comme jar­di­nier, alors que Humayun est arrivé il y a deux ans et était charpentier.

Et paf, seconde tor­gnole ! Près de 60% de « non » sans condi­tion ! Après une pre­mière claque reten­tis­sante en mars 2010, nos vol­ca­niques amis islan­dais ont réitéré par réfé­ren­dum, le samedi 9 avril, à la finance inter­na­tio­nale et à leur gou­ver­ne­ment, leur refus de payer les pots cas­sés de la Grande Crise.

Ou plus pré­ci­sé­ment ceux de la bro­chette d’imprudents clients anglais et néer­lan­dais lors de la faillite de la banque Icesave en 2008. La popu­la­tion islan­daise per­siste et signe : pas ques­tion d’éponger les pertes d’une banque pri­vée avec des fonds publics.

(…)
Si le terme ‘labo­ra­toire‘ se défi­nit à la fois par « un lieu où se pré­parent, s’élaborent des choses » et à la fois par un « local pourvu des ins­tal­la­tions et des appa­reils néces­saires à des mani­pu­la­tions et des expé­riences effec­tuées dans le cadre de recherches scien­ti­fiques », force est alors de consta­ter que ce qui se trame en Grèce relève autant de la mani­pu­la­tion qu’à des recherches sur le phé­no­mène (‘phainomenon’,en grec) de crois­sance comme pour­raient les pra­ti­quer les chas­seurs d’éclairs : en espé­rant être au moment et à l’endroit où il se pro­duira. Pour le moment, la foudre qui frappe la Grèce n’a rien à voir avec la crois­sance mais bien plu­tôt avec la réces­sion, qui contrai­re­ment au dic­ton, a frappé le même endroit plu­sieurs fois.
(…)

Le Premier ministre Lucas Papademos ren­con­trera le Président de la République, Carolos Papoulias à 5 heures dans l’après-midi. Papademos infor­mera C. Papoulias de la date des élec­tions. À 20 heures le pre­mier ministre adres­sera un mes­sage télé­visé à la population.

Au cours des 24 der­nières heures, les médias grecs ont affirmé que des élec­tions anti­ci­pées auront lieu le 6 mai 2012.

Des mil­liers de per­sonnes ont assisté aux funé­railles de Dimitris Christoulas le samedi, qui s’est tiré une balle sur la place Syntagma, près du par­le­ment grec la semaine der­nière. Ensuite, des mani­fes­tants anti-austérité ont défilé jusqu’à la place Syntagma, où ils se sont affron­tés avec la police. Un infir­mier, qui ne vou­lait pas être nom­mée, a déclaré que la police est en train de «perdre le mono­pole de la violence».

La loi a été votée le mois der­nier. Cela res­semble à un pois­son d’avril, mais non. C’est bien réel.

La police a confirmé dimanche que la loi a été rati­fié le mois der­nier, ce qui per­met d’embaucher des agents pour 30 euros par heure et les voi­tures de patrouille pour 40 euros par heure. 200€ pour une vedette et 1500€ pour un … hélicoptère.

L’Union des photo-journalistes de Grèce accuse la nou­velle attaque bar­bare et non pro­vo­quée de la MAT (1) contre les col­lègues qui ont cou­vert la mani­fes­ta­tion d’hier et d’aujourd’hui à la place Syntagma (2) ; la vic­time d’aujourd’hui était éga­le­ment le pré­sident de la PUG, Marios Lolos, envoyé à l’hôpital avec un « trau­ma­tisme et une lésion céré­brale par coups de matraque, ce qui néces­site une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale »! Nous vous le rap­pe­lons : ce n’est pas le pre­mier ciblage envers le pré­sident de la PUG, le 15/12/10 il a été frappé à la tête par la MAT, alors qu’il fai­sait son tra­vail. Notre Union a ensuite attiré l’attention des ministres « de prendre vos res­pon­sa­bi­li­tés, parce que nous pré­di­sons de nou­velles victimes. »!

C’est la deuxième soi­rée consé­cu­tive de vio­lences envers des jour­na­listes ou pho­to­graphes. Hier déjà, la police a blessé une jeune jour­na­liste, Rena Maniou, pen­dant la com­mé­mo­ra­tion de la mort de Dimitris Christoulas, voir la vidéo : La sta­tion de métro de la place Syntagma était fer­mée aujourd’hui dès 17h. Ce soir, nou­velle com­mé­mo­ra­tion, nou­velles agres­sions de la police envers…

Quand un vieillard s’éteint, c’est une biblio­thèque qui brûle. J’ai tou­jours le sou­ve­nir de cette phrase sans m’en rap­pe­ler son ori­gine. Un vieil homme qui décide de lui même d’éteindre sa flamme inté­rieur de cette manière, c’est un drame natio­nal. Un drame et la preuve abjecte que cette crise qu’on vou­drait mettre sur le dos d’une popu­la­tion n’est pas qu’une ques­tion de chiffres et de comptes ban­caires. Des vies humaines sont en jeu. Nombreuses. Et à l’heure où même le secours popu­laire pose ses valises en Grèce pour aider les plus faibles, nous ne pou­vons plus nier que le drame qui se joue ne doit se bor­ner uni­que­ment à la sau­ve­garde des inté­rêt ban­caires des plus favorisés.

Dans la jour­née, des fleurs et des bou­gies avaient été dépo­sées près de l’endroit ou le drame s’est pro­duit. Beaucoup de per­sonnes avaient fait le dépla­ce­ment pour se retrou­ver dans ce moment de tris­tesse mais aussi de colère. Mais encore une fois, la MAT en avait décidé autre­ment. Car la MAT (CRS grecs) n’a aucune com­pas­sion. Certes, il y a bien eu quelques jets d’oranges amères et de pierres envers les forces de l’ordre quand elles sont sor­ties pour pro­té­ger les entrées du par­le­ment. Il y a bien eu l’application du cours de grec sur l’insurrection sociale car la MAT est répu­tée pour ne connaitre aucune limite dans la bas­ton­nade : hommes, femmes, enfants, vieillards, han­di­ca­pés. Aucune limite. Aucune pitié non plus.

Il était 9h, ce matin, quand un retraité a mis fin à ses jours en plein centre d’Athènes, place Syntagma, à quelques mètres du par­le­ment grec, devant les pas­sants. L’homme, qui s’est tiré une balle dans la tête, a laissé une note écrite à la main, que Proto Thema a publié et dont voici la tra­duc­tion : Le gou­ver­ne­ment Tsolakoglou (*) a lit­té­ra­le­ment réduit à néant ma capa­cité de sur­vie qui dépend d’une pen­sion res­pec­table que je me suis payé seul pen­dant plus de 35 ans (sans contri­bu­tion de l’État). Parce que je suis à un âge où je n’ai plus la force de résis­ter acti­ve­ment (même si bien sûr je ne peux pas exclure que le cas échéant, si un grec prend une kalach­ni­kov, je serais le deuxième à le faire). Je ne trouve pas d’autres solu­tion pour une fin digne avant d’en être réduit à cher­cher dans les pou­belles pour me nour­rir. Je crois que les jeunes sans ave­nir devront un jour prendre les armes et pendre les traîtres natio­naux la tête en bas sur la place Syntagma, comme les Italiens l’ont fait avec Mussolini en 1945.

J’ai le grand plai­sir de vous pro­po­ser aujourd’hui un entre­tien exclu­sif avec Katerina Kitidi, jour­na­liste et auteur, avec Aris Hatzistefanou et leur équipe, du docu­men­taire deb­to­cracy qui, si vous ne l’avez pas vu, est le docu­men­taire qui explique le mieux l’origine de la crise en Grèce.

Extrait : « Chaque citoyen devrait com­prendre que nous sommes tous vic­times des mêmes poli­tiques et que chaque nou­veau prêt pro­posé à un pays endetté, comme la Grèce, rap­proche d’un pas de plus vers la sou­mis­sion finan­cière et poli­tique au dik­tat de la troïka. Ainsi, la meilleure façon pour chaque citoyen est de se sou­le­ver contre son propre gou­ver­ne­ment si celui-ci décide ce genre de politiques. »

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