Archives Okeanews : mars 2012

Alors que les spé­cu­la­teurs conti­nuent à spé­cu­ler tran­quille­ment, le minis­tère du Développement a décidé de punir un bou­lan­ger pour avoir dis­tri­bué des pommes de terre gra­tui­te­ment à ses clients, il y a deux semaines. Selon le quo­ti­dien « Eleftheros Typos », le minis­tère a imposé une amende de 5 000 euros au bou­lan­ger.
Un com­mu­ni­qué publié par le Secrétariat géné­ral du Commerce a déclaré que le com­mer­çant a été puni pour trom­pe­rie envers les consom­ma­teurs, car les pommes de terre ne sont pas toutes grecques, mais aussi fran­çaises, selon les fac­tures. En outre, il a été accusé pour la occu­pa­tion illé­gale du trot­toir, car les sacs de pommes de terre «occu­paient» l’espace exté­rieur du maga­sin et les pommes de terre ont été dis­tri­buées sans avoir obtenu une licence.

Rencontre-débat avec les signa­taires de l’appel « Sauvons le peuple grec de ses sau­veurs », au théâtre de l’Épée de bois (Vincennes), le samedi 31 mars à 14h30

Samedi 31 mars 2012 à par­tir de 14h30, au Théâtre de l’épée de bois (Cartoucherie de Vincennes), les signa­taires de l’Appel « Sauvons le peuple grec de ses sau­veurs » vous invitent à une ren­contre avec la par­ti­ci­pa­tion dePa­nos Angelopoulos, Alain Badiou, Etienne Balibar, Maria Kakogianni, Frédéric Lordon, Ariane Mnouchkine (sous réserve), Cristina Semblano, Vicky Skoumbi, Dimitris Vergetis, Kostas Vergopoulos, Frieder Otto Wolf et bien d’autres.

Aujourd’hui, deuxième épi­sode de « Chroniques d’un Hiver Européen », un superbe web radio-documentaire citoyen. Ce docu­men­taire est à par­ta­ger, à dif­fu­ser, par­tout : il est l’ensemble des voix grecques qui sou­haitent que cette situa­tion soit par­ta­gée ailleurs. Vous y appren­drez de nom­breux détails sur la manière de vivre en Grèce en ces temps de crise. Vous y décou­vri­rez aussi quelques pistes de réflexion, notam­ment sur les rea­lity show grecs (moment savou­reux) et sur les banques (et maga­sins peu scru­pu­leux) qui ont imposé des cartes de cré­dit avant de pro­po­ser des cartes de débit, pous­sant beau­coup de citoyens dans un cercle vicieux du cré­dit à la consommation.

Parce que la Grèce c’est aussi en pays de danses, ce flash­mob « Zorba » était orga­nisé par les com­mu­nau­tés grecques et chy­priotes de Birmingham le samedi 24 mars 2012 : Entraînez-vous et pré­voyez des flash­mob dans vos communes !

Le ministre a reçu le feu vert du conseil des ministres pour orga­ni­ser un centre de réten­tion de 14 hec­tares à Kozani, qui doit accueillir les mille pre­miers immi­grés arrê­tés dans Athènes, dans vingt jours.

La Grèce subit de plein fouet l’immigration clan­des­tine à des­ti­na­tion de l’Europe. Elle le point de tran­sit le plus impor­tant en Europe. Le gou­ver­ne­ment parle de plus d’un mil­lion de clan­des­tins dans un pays qui compte 11 mil­lions d’habitants. La plu­part des clan­des­tins ont la France, l’Allemagne ou l’Angleterre en point de mire, mais res­tent blo­qués en Grèce du fait des accords euro­péens sur l’immigration qui bloquent aux fron­tières les sans papiers. Les mal­heu­reux can­di­dats se retrouvent donc scot­chés dans un pays qui subit à la fois une crise poli­tique et sociale mais aussi une crise huma­ni­taire à l’égard de ceux qui recherchent un autre ter­ri­toire d’accueil. Pire : la règle veut que les clan­des­tins arrê­tés sur le ter­ri­toire euro­péen repartent dans le pays d’entrée dans l’Europe. La Grèce, donc. Comme porte d’entrée prin­ci­pale, le pays se retrouve donc entre deux fronts d’arrivées de clandestins.

Débat avec des mili­tants syn­di­caux et asso­cia­tifs venus de Grèce,
animé par Yiorgos Vassalos (Initiative de Solidarité à la Grèce qui résiste)
En pré­sence de la co-réalisatrice Katerina Kitidi
[tra­duc­tion simul­ta­née fran­çais — anglais]

Réalisé en quelques semaines avec un bud­get mili­tant, à la fois per­cu­tant et bien docu­menté, Debtocracy retrace l’histoire de la dette grecque et montre com­ment les élites uti­lisent celle-ci pour s’attaquer aux conquêtes sociales. Comparant la situa­tion de la Grèce aux cas de l’Équateur et de l’Argentine au début des années 2000, les auteurs indiquent quelques-uns des moyens dont nous dis­po­sons pour ne pas payer cette dette.

Aujourd’hui, nous sui­vons la fête de l’indépendance grecque à Athènes.Les auto­ri­tés grecques n’ont pas per­mis au public d’assister à la parade mili­taire pour la fête de l’Indépendance grecque de peur que l’événement ne se trans­forme en une autre mani­fes­ta­tion anti-austérité. Plus de 7.000 poli­ciers, 40 esca­drons anti-émeute , l’agence de contre-terrorisme et le Secret Service grec (PEJ) a orches­tré une gigan­tesque opé­ra­tion pour empê­cher les citoyens grecs d’assister à la parade mili­taire pour la com­mé­mo­ra­tion du Jour de l’Indépendance grecque. Les auto­ri­tés ont encer­clé une zone de plu­sieurs kilo­mètres car­rés autour du Parlement et n’ont per­mis l’accès qu’aux jour­na­listes accré­di­tés et aux mani­fes­tants pro-gouvernementaux. Certains d’entre eux ont admis qu’ils ont été intro­duits dans la zone avec des bus.

Il vient de l’annoncer. Theodoros Pangalos a décidé d’arrêter sa car­rière poli­tique. A 73 ans, député sans inter­rup­tion depuis 1981, plu­sieurs fois ministre et habi­tué des phrases chocs (voir ici ou là), il a annoncé :  » Le sys­tème poli­tique est cor­rompu, c’est pour­quoi je me retire ».

Il aurait d’ailleurs pré­cisé que ni son parti, le PASOK, ni de la Nouvelle Démocratie, qui est en tête des son­dages, n’obtiendra une majo­rité abso­lue lors des pro­chaines élec­tions. Les deux prin­ci­paux par­tis ne pour­raient pas for­mer un gou­ver­ne­ment de coa­li­tion qui per­met­trait de sur­mon­ter les pro­blèmes du pays.

[sin­gle­pic id=158 w=320 h=240 float=left]Aujourd’hui et demain dimanche a lieu la fête de l’indépendance grecque. Le samedi, les défi­lés des écoles et le dimanche, les défi­lés mili­taires.  Pour plus d’information sur les pré­pa­ra­tion du gou­ver­ne­ment sur cette fête natio­nale, voir cet article. Comme d’habitude, Okeanews pro­pose les évè­ne­ment en live blog : 24 Mars 2012 – 10:30 Tout le centre…

Skai aurait indi­qué que des plans sont pré­vus pour éva­cuer les poli­ti­ciens en cas de troubles ou d’émeutes. Certaines muni­ci­pa­li­tés hésitent encore à annu­ler les évè­ne­ments. A Athènes, les muni­tions sont reti­rées des étals : tous les oran­gers ont été allé­gés de leurs fruits qui, amers, n’ont pas vrai­ment la saveur per­met­tant de faire un jus bien frais. Mais ces oranges semblent inquié­ter les auto­ri­tés. Les muni­tions pré­fé­rées des mani­fes­tants seront donc absentes cette année. Leur jus piquant aussi. Signe de l’inquiétude très forte des auto­ri­tés face à la gronde et au déses­poir populaire.

Voici un extrait d’une série comique grecque d’actualité. Une satire sur l’abolition des droits les plus élé­men­taires du tra­vail : un salaire mini­mum (actuel­le­ment à envi­ron 400 euros pour les jeunes de moins de 25 ans), une jour­née de 8 heures de tra­vail, le droit à un congé (article 24 de la Déclaration uni­ver­selle des droits de l’homme), l’assurance sociale, etc . Petit aperçu comique de ce à quoi le mar­ché du tra­vail grec pour­rait res­sem­bler très bien­tôt. C’est un clin d’oeil à l’humour grec. Mais c’est pour­tant déjà proche d’une réa­lité bien douloureuse.

« (…) Même si aujourd’hui le peuple grec semble épuisé par des mois de lutte, le jour vien­dra où il va se réveiller comme a pu le pré­ci­ser Anna Vagenas une dépu­tée indé­pen­dante, il y a quelques jours, à ses col­lègues au parlement :

« Méfiez-vous! Je ne serais peut-être bien­tôt plus ici, c’est peut-être la der­nière fois et même très pro­ba­ble­ment la der­nière fois que je monte à cette tri­bune. Mais si vous avez encore un peu de sen­si­bi­lité alors, faites atten­tion ! Parce que quand va arri­ver l’explosion…bien sûr, cer­tains vont se cacher der­rière les hauts murs des vil­las qu’ils ont construits dans la ban­lieue en pen­sant y être en sécu­rité, mais ils ne le sau­ront pas ! »

Même le pré­sident de la République grecque s’exprimant très rare­ment a pré­cisé hier au pré­sident du par­le­ment euro­péen « Aujourd’hui les Grecs n’en peuvent plus, ils ne sup­por­te­ront plus de mesures sup­plé­men­taires ». C’est tout à fait mon sentiment.(…) »

Marche vers Athènes : une marche avait déjà eut lieu de juillet à novembre, de Madrid à Bruxelles. Cette fois, les mar­cheurs sont par­tis de Nice en novembre, ont tra­versé l’italie et sont arri­vés en Grèce ! Ils devraient rejoindre Athènes cou­rant avril. Cette tra­ver­sée des pays en crise est une manière de « mani­fes­ter notre sou­tien envers tous les peuples en lutte et créer une conver­geance de leurs enjeux au niveau inter­na­tio­nal ». Démocratie réelle et hori­zon­ta­lité sont le fer de lance de ce mouvement.

(…)Et l’augmentation de la pau­vreté a pro­vo­qué une autre soli­da­rité. Le mou­ve­ment Boroumé (« Nous pou­vons »), par­tie de l’idée simple que le pain jeté en fin de jour­née par les res­tau­rants pour­rait ser­vir aux plus faibles est éga­le­ment en train de faire des émules. Né en mai 2011 et en plein déve­lop­pe­ment, ce mou­ve­ment pro­pose de faire le lien entre les res­tau­rants, bou­lan­ge­ries hôtels et autres enseignes et les asso­cia­tions qui dis­tri­buent de la nour­ri­ture. L’idée est simple : per­mettre de redis­tri­buer les inven­dus gra­tui­te­ment. Quand on sait qu’une bou­lan­ge­rie peut avoir 30kg de pains d’invendus par jour, le poten­tiel est énorme !

Le Cercle des Poètes, les revues Poetix et Poiitika, la mai­son d’édition Mikri Arktos et les librairies-centres cultu­rels Ianos invitent les poètes, les écri­vains, les acteurs, les artistes, les édi­teurs et tous les citoyens, à une marche / une mani­fes­ta­tion de la poé­sie contre la crise le mer­credi 21 mars, jour­née mon­diale de la poésie.

« La pour­suite de l’aide finan­cière inter­na­tio­nale ne peut être pour­sui­vie que si la mise en œuvre des poli­tiques s’améliore, » dit le rap­port de la Commission. « La déter­mi­na­tion des auto­ri­tés grecques de s’en tenir à des poli­tiques conve­nues seront tes­tées dans les pro­chains mois alors que les mesures de réduc­tion du défi­cit pour com­bler l’écart impor­tant de 2013–14 devront être iden­ti­fiés, » dit le rapport.

12 mars 2012

359€

Le chô­mage avant la crise était d’environ 450€ et n’était déjà pas suf­fi­sant. Mais le mor­do­ran­dum qui a per­mis de « sau­ver la Grèce » en échange d’un « effa­ce­ment » de la dette (la encore, il y a beau­coup à en dire), lui a, à lui aussi, imposé un régime pain-sec et eau. Car c’est ce qui attend ceux qui cherchent en vain un emploi ou sont en passe de perdre le leur. De l’eau. De l’eau et du pain. Mais sur­tout de l’eau. Car 11.80€ par jour en Grèce, c’est 11.80€ en France, en Allemagne ou ailleurs. 359€ par mois, c’est le prix de la misère. Et elle va frap­per à la porte de 290 000 femmes et hommes sans emploi dès aujourd’hui.

Nous, citoyens, artistes, artistes en herbe, indi­gnés ou simples qui­dams … refu­sons de voir un peuple euro­péen privé de sa sou­ve­rai­neté démocratique.

Les moyens d’actions coer­ci­tifs pré­sen­tés comme « salu­taires » au pré­texte de résor­ber la dette sou­ve­raine forment un bot­tle­neck – un gou­let d’étranglement -, une impasse sans rela­tion avec la construc­tion d’un monde réinventé.

Entre le 25 mars 2012, date de la fête natio­nale grecque, et le 9 mai 2012, jour­née euro­péenne de la soli­da­rité avec le peuple grec, nous détour­ne­rons des bou­teilles vides du che­min de la pou­belle et nous les ré-étiquetterons avec une image sym­bo­li­sant la riposte aux actions prédatrices.

Ainsi, en publiant les récits, les pho­tos et les vidéos de ces éti­que­tages sau­vages*, nous com­po­se­rons un atlas intem­pes­tif et nous mon­tre­rons que nous ne sommes pas dupes du « chan­tage de la catas­trophe ou de l’austérité »**.

À l’automne der­nier, j’ai ren­con­tré Andreas Deliyannis, 55 ans envi­ron, qui avait perdu son emploi de ven­deur de pièces déta­chées auto­mo­biles. « On ne se fait plus d’illusions. Pas sur soi-même ou le pays, mais sur le cours des choses en géné­ral, m’a-t-il expli­qué dans un café du quar­tier chic d’Athènes où il vit. C’est comme une guerre sans armes. À la guerre, on voit contre quoi on se bat. Là, c’est un ennemi invisible. »

Manolis Glezos fait par­tie, même s’il s’en défend, de ces héros d’hier et d’aujourd’hui. Véritable icône de la résis­tance, il lutte tou­jours, aux côtés de son ami Mikis Theodorakis. J’ai une admi­ra­tion totale envers ces résis­tants qui, de la seconde guerre mon­diale à la junte d’hier et d’aujourd’hui, ont tou­jours lutté contre l’oppression, qu’elle soit phy­sique et mili­taire, ou invi­sible et finan­cière. Ce papier paru dans Le monde du 29 février 2012 revient sur un monu­ment, bien vivant, mali­cieux, résis­tant de la pre­mière heure. Un homme que cha­cun devrait écou­ter, admi­rer. Un modèle !

Bien-sûr que la Grèce avait besoin de se secouer et d’engager des réformes éco­no­miques, mais l’austérité à la mode Républicaine a plongé le patient dans le coma. Si l’on com­pare les éco­no­mies euro­péennes, qui conti­nuent à plon­ger, au début de reprise amé­ri­caine, on est bien content d’être amé­ri­cain et de pro­fi­ter du plan de relance d’Obama.

Ici à Athènes, on est frappé par les feux de cir­cu­la­tion hors-service, les men­diants far­fouillant dans les pou­belles pour se nour­rir, les ruines noir­cies de bou­tiques brû­lées lors des émeutes. J’ai même parlé à un SDF qui s’exprimait dans un par­fait anglais très britannique.

La France, en 2010, était de loin le plus gros ven­deur d’armes euro­péen en direc­tion de la Grèce, avec 794 000 000 €, selon les don­nées euro­péennes du Conseil sur les licences d’armes accor­dées par les Etats membres. Elle a éga­le­ment vendu pour 58 mil­lions d’euros de mis­siles et 19 mil­lions d’euros de tech­no­lo­gies élec­tro­niques. Les Pays-Bas et l’Allemagne ont vendu pour près de 90 mil­lions d’euros d’appareils élec­tro­niques et de véhi­cules ter­restres. L’Italie a vendu pour 52 mil­lions d’euros de fusils et de pièces d’aéronefs, tan­dis que l’Espagne a vendu pour 33 mil­lions d’euros de pro­duits chi­miques de qua­lité mili­taire (vous savez, ces mil­liers de bombes inca­pa­ci­tantes et lacry­mo­gène régu­liè­re­ment uti­li­sées contre les mani­fes­tants grecs).

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