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Feux de forêts en Grèce : la Turquie responsable ?


29 décembre 2011  
dernière mise à jour le 21/09/2012 à 20h38


Incendies proche d'Athènes

2009 : Des bénévoles tentent d'éteindre des feux de forêts, dans la banlieue d'Athènes, en Grèce. REUTERS/JOHN KOLESIDIS

La Turquie aurait-elle commandité des feux de forêts en Grèce dans les années 90 ? C'est ce que vient d'affirmer l'ancien premier ministre turc Mesut Yılmaz dernièrement lors d'un entretien dans le quotidien Birgün.

Ci-dessous, les réactions des différents quotidiens grecs, reporté par la revue de presse hellénique du mardi 27 décembre 2011 de l'ambassade de France en Grèce :

 

ELEFTHEROS TYPOS : «Crime et impunité»: «La déclaration de l’ancien Premier ministre turc, selon laquelle les services secrets turcs mettaient le feu sur les forêts grecques constitue l’aveu cynique d’un acte qui n’était pas isolé et qui n’était pas, non plus, l’œuvre de milieux extrémistes. Il faisait partie d’une politique, qui continue à être exercée par l’Etat turc et qui s’inscrit dans le cadre d’une guerre latente contre la Grèce, à plusieurs niveaux. L’incendie volontaire en est un exemple, le trafic d’immigrés clandestins afin que la Grèce soit minée du point de vue démographique, économique et social en est un autre. Il y a beaucoup plus. Restons-en aux aveux de ilmaz. Ce qu’il décrit est une offensive contre un pays étranger, qui aurait pu être qualifiée d’acte de guerre. En fait, c’est bien pire: c’est un acte terroriste. Pour l’accomplir, l’Etat turc a coopéré avec des criminels, des trafiquants de drogue, des exécuteurs, des personnes recherchées par Interpol et appartenant à des services paraétatiques. La Grèce a le droit de réclamer le renvoi de la Turquie devant la justice internationale et d’exiger des dédommagements. Elle n’a pas le droit de ne pas le faire».

Les médias et la presse d’aujourd’hui (Ta Néa, Elefthéros Typos, Imerissia) relèvent les révélations faites à un journal turc par l’ancien Premier ministre turc, M. Yilmaz, sur l’existence de «crédits confidentiels», ayant assuré le financement d’incendies volontaires de forêts grecques, notamment entre 1995 et 1997. Par la voix de son porte-parole, M. Délavékouras, le ministère grec des Affaires étrangères a qualifié cette affaire de grave et demandé des informations aux autorités turques. Soulignant le choc provoqué par ces aveux, Ta Néa note que le gouvernement a essayé de traiter ces déclarations avec du sang-froid, en évitant de jeter de l’huile sur le feu. Dans un encadré, le quotidien cite l’ancien ministre de l’Agriculture du Pasok, M. Tzoumakas, qui a rappelé les aveux, dans le même sens à l’époque, devant la justice turque, faits par des membres des «Loups gris» turcs, dans le cadre d’un procès pour homicide à Istanbul.

La Nouvelle Démocratie a évoqué des «ombres» dans les relations gréco-turques, demandé au gouvernement turc des informations ainsi que le rétablissement du tort subi par la Grèce et réclamé un engagement public catégorique indiquant que ce genre d’opérations ne sont plus, ni planifiées, ni exécutées par les services secrets turcs. Un communiqué de l’Alliance démocratique met l’accent sur la gravité de ces déclarations, qui constituent «une affaire politique majeure». S’exprimant dans les mêmes termes, un communiqué du SYN incite le gouvernement grec à réclamer des explications, dans l’immédiat. Un communiqué du LAOS a rappelé la réaction méprisante «habituelle» de l’establishment politique grec, lorsque son président, M. Karatzaféris, à l’époque député de la ND, avait évoqué l’action de ces agents turcs. Se référant à des sources gouvernementales et diplomatiques, Ta Néa voit dans les déclarations Yilmaz l’illustration d’une guerre secrète entre lui-même et l’ancienne Premier ministre turque, Mme Tansu Ciller.

L'information sera démentie par l'ancien ministre turc, voir cette citation de la revue de presse hellénique du 28/12/2011 :

Turquie : invoquant un malentendu, l’ancien Premier ministre turc, M. Yilmaz, a démenti ses déclarations au journal turc Birgun (cf. revue d’hier). Toutefois, sur instruction du ministre des Affaires étrangères, M. Dimas, une démarche de protestation a été effectuée hier auprès de la chargée d’affaires turque en Grèce, réclamant notamment une investigation sur ces déclarations et l’information de la partie grecque. Une démarche similaire a été effectuée par l’ambassade de Grèce à Ankara, auprès du ministère turc des Affaires étrangères (Kathimérini). Elefthéros Typos qui titre: «Athènes rejette les justifications de Yilmaz», signale une «pluie» de questions d’actualité posées au ministre grec des Affaires étrangères, à la suite des déclarations de l’ancien Premier ministre turc. Il relève à ce titre celle posée par cinq députés du Pasok, celles posées par le député de la ND, M. Panayotopoulos et par la présidente de l’Alliance démocratique, Mme Bakoyannis, une autre par le dirigeant du parti «Arma Politon», M. Dimaras et une autre question, de la part du député d’Etat du LAOS, M. Yannis Corantis. Le député européen de la Coalition de la gauche (SYN), M. Hountis, a posé une question d’actualité à la Commission européenne sur le sujet, dans laquelle il souligne notamment: «il est inadmissible que des pays qui ambitionnent d’intégrer l’U.E. se comportent comme des criminels paranoïaques. La condition principale en vue de la poursuite des négociations entre l’U.E. et la Turquie porte sur l’amélioration des relations de ce pays avec ses voisins. A la suite des aveux faits par M. Yilmaz, le gouvernement turc doit lancer une investigation». Un autre député européen du LAOS, M. Salavrakos, a posé une question d’actualité à la Commission européenne et notamment à la baronne Ashton, relève le site in.gr. Le procureur de la Cour de Cassation, M. Tentès, a demandé hier la réouverture de tous les dossiers liés à ces incendies pendant la période en question, portant notamment sur les îles de l’Egée orientale

Pas sûr que ces nouvelles améliorent les relations entre la Grèce et la Turquie...

Mise à jour du 31/12/2011 : Le conseil municipal de la région de Zacharo en Elide, Péloponnèse, a décidé de poursuivre la Turquie pour les feux de forêts dramatiques de 2007. Le Conseil a décidé de procéder à cette action après l'annonce de Mesut Yilmaz.

Mise à jour du 08/01/2012 :  le ministre turc des affaires européennes, M. Egemen Bagıs, qui se trouve en visite privée en Grèce, a eu hier un entretien avec le ministre grec des Affaires étrangères, M. Stavros Dimas. M. Dimas, a souligné la nécessité d’une investigation profonde autour des déclarations récentes de l’ancien Premier ministre turc, M. Yilmaz, sur l’action des services secrets turcs en Grèce aux années 1990 (cf. revues des 27 et 28 décembre 2011). M. Bagis aura aujourd’hui un entretien avec le ministre de la Défense nationale, M. Dimitris Avramopoulos (Kathimerini, Ta Nea). source : ambassade de France en Grèce



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